Antoine-Maurice (© Robert Linder)
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Aussi déterminé que serein, Antoine Maurice, juriste spécialisé en Économie Sociale et Solidaire, âgé de 39 ans, a accepté un entretien en exclusivité pour « Le Mouvement ».

Cet élu toulousain à la ville et à la Métropole depuis plus de 12 ans a pris le temps nécessaire d’exposer ses idées et son projet pour l’avenir de l’Occitanie. Interview.

Le Mouvement : On est à 10 semaines du Premier tour, le 13 juin prochain, si les élections ne sont pas reportées pour raisons sanitaires. Quel est votre état d’esprit ?

Antoine Maurice : Je suis déterminé. J’avance semaine après semaine. La crise sanitaire est là, certes. Elle est terrible. C’est un fait. Mais, malgré tout, on ne doit surtout pas confiner la démocratie. Il faut que la campagne se poursuive. Il est impératif de respecter les gestes barrières.

Dans les semaines à venir, je continuerai de présenter mes idées et le projet que je porte avec mes colistiers à tous les concitoyens d’Occitanie. On doit clairement avoir un vrai débat démocratique. On doit pouvoir tous exposer nos idées, moi comme les autres candidats.

L.M. : Justement, quels sont les axes forts et les points clés de votre campagne et de votre programme ?

A.M. : Je réunis sur mon programme les régionalistes comme tout le pôle écologiste, tous les mouvements écologistes existants. L’écologie doit être, dès les prochains mois, la seule matrice des politiques publiques. On n’a plus de temps à perdre. Les changements climatiques ont commencé. Il faut agir. De mon côté, nous avons commencé notre campagne en janvier dernier. Il faut une vision à long terme pour l’écologie dans toute l’Occitanie. C’est un impératif et c’est cette vision que je propose sur mon projet, « L’Occitanie Naturellement« .

Nous proposons d’ores et déjà des choses claires sur la qualité de vie à laquelle chacun a droit. Il faut, par exemple, acter l’installation de capteurs d’air dans tous les lycées des treize départements de la région. Ce qui n’est pas le cas, aujourd’hui. Cela fait partie d’un plan sur la qualité de l’air pour toute l’Occitanie. Dans cette campagne, nous avons plusieurs séquences. C’est sur le thème du « prendre soin de chacun de nous », que nous avons démarré. Les mobilités constituent un autre point clé de notre programme. Il faut clairement soutenir le ferroviaire et amplifier le soutien déjà existant.

Quasiment dans tous les départements d’Occitanie, on peut créer dès les prochaines années, de nouvelles lignes ferroviaires pour aider nos concitoyens à circuler et à sortir des zones rurales actuellement peu ou mal desservies. Nous sommes ouverts aussi à l’idée d’aller encore plus loin que les accords signés et en vigueur actuellement avec la SNCF. Il faut construire des réponses de mobilités pour sortir de l’auto individuelle, qui est trop souvent la règle à l’heure actuelle. Sur Toulouse, il faudra que la Région aide au futur RER toulousain.

C’est un impératif, mais au-delà, il faut construire des réponses de mobilités pour sortir de l’auto individuelle, qui est trop souvent contrainte à l’heure actuelle. Pour cela il faudra notamment réaliser enfin tout le schéma régional des véloroutes (aujourd’hui réalisé qu’à 40%), créer des cœurs de mobilité dans des villes pour organiser l’intermodalité entre la voiture partagée, bus, train, vélo. Après, dans les prochaines semaines, en dehors des mobilités, nous ferons d’autres propositions fortes sur des sujets clés comme la culture, l’énergie, l’agriculture, le développement économique…

L.M. : Le Maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse s’est notamment fait élire en juin dernier, en promettant un développement massif des pistes cyclables et un élargissement de la piétonnisation. Un programme assez proche de celui que vous portiez avec « Archipel citoyen » ?

A.M. : Sur le vélo, on est tous très en retard, à Montpellier comme à Toulouse. Mais, je suis très content de voir que les choses bougent à Montpellier. C’est une vraie bonne chose. Mais, je crois que cela est possible, car le maire de Montpellier a, dans son équipe, plusieurs élus écologistes sur des postes clés.

On est très en retard sur le vélo et ce qui peut être fait pour rattraper ce retard est une bonne chose. Je crois que bien trop souvent, les politiques dans leur ensemble sont à la remorque des citoyens. Je suis convaincu qu’au contraire, ils doivent accompagner les attentes de nos concitoyens. Les changements de société, les avancées ne peuvent être apportés que par les élus locaux, les élus régionaux. C’est notamment pour cela que je suis candidat.

L.M. : Dans le cadre du second, votre liste pourrait-elle se rallier à celle portée par la Présidente socialiste sortante, Carole Delga ?

A.M. : L’écologie est un besoin vital. Nous portons le seul vrai projet écologiste. C’est un projet clair, cohérent, complet, global. Nous sommes fiers de le porter. On ne peut plus considérer l’écologie comme une variable aléatoire dans nos vies. Il nous reste une dizaine d’années pour agir. Sinon, ensuite, les changements climatiques pourraient être irréversibles. Les experts nous le disent. Il nous faut agir dès maintenant.

Nous espérons être en tête au soir du premier tour (13 juin 2021, NDLR). Ensuite, nous souhaitons rassembler les forces de gauche qui sont compatibles avec notre projet. Notre projet passe clairement avant l’unité massivement réclamée par d’autres. Nous mettons le projet en avant. Ensuite, nous verrons au soir du premier tour. Mais, si la situation l’appelle, nous nous devrons de faire bloc face à l’extrême droite.

L.M. : Quel bilan faites-vous des 6 ans de mandat de Carole Delga ?

A.M. : C’est clairement un bilan plutôt mitigé. Certaines choses sont très positives comme, par exemple, les États Généraux du Rail qui ont eu lieu, les choix faits sur l’accueil des réfugiés, les actions menées pour la vie démocratique par un élu comme Gérard Onesta.

Après, dans ce mandat-là, il demeure plusieurs incohérences. La volonté portée par la Région sur la concrétisation de l’autoroute Toulouse-Castres me pose question. C’est pareil pour le projet éolien de Port-La-Nouvelle qui cache tout autre chose. Mais de ça, j’aurai bientôt l’occasion d’en reparler et de faire des propositions plus efficaces sur le secteur de l’énergie, de l’éolien. A l’avenir, il reste beaucoup à faire. Nous portons un projet d’espoir, concret qui fait de l’écologie la seule matrice de notre avenir.

L.M. : Mercredi soir, le Président Macron a fait plusieurs annonces fortes concernant la crise de la Covid avec la fermeture des écoles, etc… Qu’elle en est votre analyse ?

A.M. : Je regrette que dans ce discours-là, à nouveau, il n’y ait eu aucune remise en cause du Président lui-même et encore moins du Gouvernement de Jean Castex et des choix qui ont déjà été faits. Certaines décisions ont été prises à la hâte et sont à mes yeux incohérentes. La Covid, on vit avec depuis près d’un an certes, mais on doit apprendre à vivre avec.

Évidemment, il faut se faire vacciner. Je ne dis pas que la Covid va nous accompagner durant de nombreuses années, mais il faut apprendre à vivre avec. Il faut changer de braquet. Il faut aussi et surtout cesser de mettre en avant l’économie aux dépens de la santé de nos concitoyens.

L.M. : Dans les Pyrénées-Orientales, un projet bien avancé de parc animalier déchaîne les passions et agace les écologistes et les défenseurs de la nature. Il s’agit d’Ecozonia. Avez-vous suivi ce dossier ? Qu’en pensez-vous ?

A.M. : Je vais être très très clair : Ecozonia, c’est un parc du passé. J’ai lu Nicolas Berjoan, élu écologiste catalan. Il s’est s’exprimé sur le sujet et je partage totalement son avis là-dessus. Sur un site comme ça, on méprise totalement la nature.

Ce parc est un symbole de tout ce qu’il ne faut plus faire en 2021, clairement. Il faut que l’on raisonne autrement, totalement autrement. ll faut réfléchir à d’autres projets et préserver impérativement la nature et les animaux dans leur ensemble.

Interview téléphonique réalisée le 2 avril 2021 à 10h30

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