[VIDEO] Forte mobilisation à Montpellier, contre la loi Sécurité globale

Mobilisation contre la loi sécurité globale Montpellier
Mobilisation contre la loi sécurité globale Montpellier Photo © jp Vallespir

L’ Assemblée Nationale a adopté vendredi soir l’article 24 du projet de loi sur la sécurité globale. À Montpellier, ce samedi matin c’est devant l’Hotel de Police, et à l’appel : des syndicats, du collectif « Danger Loi Sécurité Globale », des collectifs de défense de droits humains, et d’organisations de journalistes que la mobilisation a débuté.

Votée en première lecture le 20 au soir, la mesure la plus controversée de la proposition de loi « Sécurité globale » qui pénalise la diffusion malveillante de l’image des forces de l’ordre a été adoptée, mais avec des garanties du gouvernement pour le droit d’informer.

La discussion des articles de la proposition de loi s’est achevée dans la matinée du 21, et le vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi aura lieu le mardi 24 novembre, après les questions au gouvernement.

Montpellier, plusieurs milliers de manifestants motivés

Un cortège de plusieurs milliers de manifestants s’est dirigé de l’Hôtel de police vers la préfecture en faisant une halte sur la place de la comédie avec un temps de prises de parole. Mais aussi pour laisser toute sa place au collectif #NousToutes, mobilisé contre les violences faites aux femmes, où plus d’une centaine de manifestants étaient là pour dire : « stop aux violences sexistes et sexuelles » et pour « dénoncer les impunités, et l’immobilisme des pouvoirs publics ».

Rue de la loge, les manifestants contre la loi Sécurité globale scandent « police partout justice nulle part », pour ensuite arriver devant la préfecture en revendiquant : « J’ai droit à la sûreté, je n’ai pas peur de mon État »

Une lutte et un engagement de plusieurs mois

Une fois devant la préfecture de l’Hérault la manifestation contre la loi Sécurité globale rassemblait plus de 2000 personnes motivées qui ont échangé, pour notamment affirmer : « un engagement de plusieurs mois […] il faudra être constant dans la lutte et construire un rapport de force, pour les obliger à céder » précisera Sophie Mazas, avocate à Montpellier.

Le texte va entrer, dans un mouvement de va-et-vient entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, après le vote solennel de la loi ce mardi 24 novembre. La volonté du collectif « Danger Loi Sécurité Globale » est de construire grâce à ce temps long de la « navette parlementaire » : une opposition forte qui puisse se faire entendre. « on va aller voir tous les sénateurs, on va interpeller tous les sénateurs, et à priori ceux qui défendent les libertés publiques, donc essentiellement ceux de gauche, » explique Sophie Mazas. Applaudissements nourris, ils ont été ensuite nombreux à se succéder au micro devant la préfecture de l’Hérault.

Assemblée Nationale : « le concours Lépine de la bêtise »

« On va trop loin », pour le sénateur de l’Hérault Hussein Bourgi  : « je vous le dis, c’est discourtois à l’égard de mes collègues de l’Assemblée Nationale, mais c’est désormais devenu le concours Lépine de la bêtise. Alors vous avez une surenchère sécuritaire. Vous avez des gens qui proposent tout et n’importe quoi, alors qu’ils ne connaissent rien au sujet, qu’ils sont en train de traiter. »

« Débusquer ce fameux diable qui se cache dans les détails »

Hussein Bourgi qui siège à la commission des lois l’affirme : « lorsque la proposition de loi arrivera au Sénat, nous ferons un travail chirurgical, article par article, alinéa par alinéa pour débusquer ce fameux diable qui se cache dans les détails. Et pour justement porter notre appréciation sur cette proposition de loi, et dire quelles sont les choses qui vont dans le bon sens, et quels sont les articles qui peuvent constituer une véritable atteinte aux libertés publiques, et aux droits fondamentaux. »

[AUDIO] Interview par téléphone avec Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault, membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain :

Liberté de la presse

« Quand on attaque la liberté de la presse, on attaque les fondements de la démocratie » défend Céline Cammarata, Présidente du Club de la presse Occitanie.

[VIDEO] Interview et explications sans floutage avec Céline Cammarata Présidente du Club de la presse Occitanie : « la responsabilité pénale des journalistes, bien avant cette loi,  Schéma National du maintien de l’ordre, loi 1881… » :

Castaner le président du groupe LaREM à l’Assemblée Nationale se veut rassurant :

C’est sur le média d’Alain Weill (BFMTV) que Christophe Castaner, aujourd’hui patron du groupe LaREM à l’Assemblée Nationale veut rassurer : « aucune inquiétude, les journalistes pourront continuer à faire leur métier. » Lui, autrefois ministre de l’Intérieur avait mis avec « légèreté » les forces de l’ordre dans des situations insoutenables, il défend ce texte de loi avec une certaine simplicité et un raccourci volontaire : « ce qui est protégé, c’est la vie privée des policiers et des gendarmes. »

[VIDEO] Julien Colet, France insoumise Montpellier : « la première des sécurités, c’est la Liberté »