Hérault : « Le respect des gestes barrières et du respect du confinement est fondamental, sinon… »

CHU Montpellier 30 octobre point presse en visioconférence
CHU Montpellier 30 octobre point presse en visioconférence

L’heure est grave. Le confinement a démarré cette nuit dans toute la France, après l’annonce du Président Macron, mercredi soir à la télévision. La crise de la Covid touche tout le pays, et comme l’a rappelé ce matin Thomas Le Ludec, directeur général du CHU de Montpellier, « la région Occitanie est l’une des régions parmi les plus touchées de France ». État des lieux.

« Au vu de l’évolution de la crise, que connaissent nos sites comme le système public, la situation de la semaine dernière me paraît très sincèrement faire déjà partie du siècle dernier ». Lamine Gharbi a cette faculté rare de poser les choses les plus inquiétantes, avec un calme qui peut parfois être glaçant. Pourtant le Président du groupe Cap Santé a peu pris la parole ce matin, mais à l’écouter lui comme les autres dirigeants des sites privés autour de Montpellier, c’est peu de le dire : l’heure est particulièrement grave.

Menée par le Directeur Général du CHU de Montpellier, Thomas Le Ludec, la visioconférence de presse organisée ce vendredi 30 octobre avait pour objectif de « faire le point sur la situation face à la Covid ». D’emblée, le Professeur Taourel de la Commission Médicale du CHU héraultais plante le décor « Ces deux dernières semaines, le nombre de patients en réanimation a été multiplié par 1,5 ! ». Le ton est donné.

Lancé au début du mois d’octobre au sein du site montpelliérain, le Plan Blanc a officiellement été renforcé. « Ce n’est pas de gaîté de cœur que je l’ai fait, mais le niveau maximal c’est-à-dire le niveau 3 du Plan Blanc a été activé à ma demande ce jeudi soir », a officialisé Thomas Le Ludec, reconnaissant que « lui et ses équipes s’y préparaient sérieusement depuis plusieurs jours. »

Covid, Transfert de patients

Quelques jours après le transfert de patients de l’ex-région Languedoc-Roussillon vers la région Bretagne, le sujet a été évoqué par plusieurs journalistes. La décision de ces transferts a été prise par l’Agence Régionale de Santé d’Occitanie. Elle a surpris certains patrons de sites privés héraultais. « D’autres transferts vers d’autres régions de France ne semblent pas prévus, pas à ma connaissance », a affirmé Thomas Le Ludec, avant d’ajouter que « certains transferts ont également été réalisés vers l’ancienne région Midi-Pyrénées ».

Comme il y a deux semaines, tous les responsables des sites privés ont salué le travail collaboratif mis en place entre le système de santé publique et le secteur privé. « Il y a une coordination absolument remarquable entre tous les sites dans l’Hérault », a tenu à souligner Laurent Ramon dirigeant de Cap Santé aux côtés de Lamine Gharbi, ajoutant qu’ « en interne, comme avec le CHU, nous effectuons un, voire plusieurs points quotidiens, en semaine comme chaque week-end, pour évaluer au mieux les avancées, et la situation dans son ensemble. Nous, comme les autres sites, n’avons qu’une règle d’or : on ne refuse aucun patient ayant des symptômes Covid. »

« Nous devons continuer à travailler ainsi, en parfaite relation avec tous les confrères et le CHU », a pour sa part, noté Max Ponseillé, Directeur de Oc’ Santé. « On va se dire les choses : la situation s’aggrave. À ma connaissance, les courbes du virus sont exponentielles sur notre territoire. Au sein de nos établissements, clairement, on accélère les déprogrammations d’opérations non urgentes. Par contre, il ne faut pas que les patients se désengagent d’eux-mêmes. Nos établissements décident, ou pas, des déprogrammations. Si une opération n’est pas déprogrammée, le patient se doit de s’y rendre. L’acte sera réalisé dans de très bonnes conditions », a lancé le patron de Oc’ Santé, reprenant à son compte, les mêmes propos tenus début octobre, par Thomas Le Ludec, Directeur général du Centre Hospitalier de Montpellier.

Soucieux de conclure ce point presse sur une situation clairement alarmante dans l’Hérault, le Professeur Taourel a reconnu que « le confinement demandé est sévère », mais qu’il est «absolument impératif qu’il soit scrupuleusement suivi par la population. Il faut éviter les réunions familiales, les embrassades, les soirées à plusieurs. C’est dur, c’est brutal. C’est violent, certes, mais c’est obligatoire. Sinon, notre système de santé sera en vrai danger. Et dès lors, on devra, nous, ici, faire des choix extrêmement graves dans certains cas ».

« Le système public de santé est actuellement soumis à une très haute tension. La courbe du virus est exponentielle. Le respect du confinement nous permettra à nous au Centre Hospitalier de gérer la situation », a conclu, inquiet, l’éminent Professeur héraultais.