Quelle invention que le temps ! Comme le lapin imaginé par Lewis Carroll, nous courons sans savoir pourquoi, répondant à des injonctions invisibles.

Depuis la petite enfance, école, études, travail et obligations familiales nous emportent dans un cycle infernal. Pourtant les traditions ancestrales ont laissé nombre d’indices destinés à nous sortir de cette torpeur. Par exemple, le réveillon invite en réalité à l’éveil de la conscience, comme le Bouddha. Réveillons-nous. Et célébrer la nouvelle année, n’est-il pas l’occasion de bonnes résolutions ? Or que pourrions-nous résoudre au cœur de nos vies, sinon ce qui s’y avère problématique ?

Dans la Grèce antique, le conditionnement était symbolisé par l’ouroboros, serpent qui se mord la queue. Il représente notre capacité à perpétuer et reproduire des situations indésirables. Sans réflexion fondamentale sur le sens de l’existant, nous ne faisons que nous agiter, courant comme le lapin d’Alice après des objectifs non choisis. Qui n’a jamais réfléchi sur l’origine de la culture et de la connaissance, s’en retrouve victime. Education, modèle familial, monde du travail, … Tous les modèles fermement établis dans la psyché devraient être médités, pour apparaître de façon objective. Ainsi, la nouvelle année symboliserait réellement la fin de l’ancien cycle. Non pour en entamer un nouveau, mais pour arrêter de tourner en rond.

Comme l’anneau ou l’anniversaire, l’année trouve pour origine sanskrite « anu ». Parfois traduit par « atome », « anu » signifie « infiniment petit », invoquant la vision globale ; celle de l’ensemble. Généralement, nous commençons à réfléchir à partir de notions imposées. C’est ce que symbolise le Christ naissant dans une étable, lieu où l’on enferme les animaux. Comment la pensée pourrait-elle fonctionner librement tant qu’elle se fonde sur une culture d’Etat incohérente ? Mais pour la plupart d’entre nous, c’est déjà trop. Qui serions-nous pour remettre en question la pensée unique véhiculée par les sciences modernes et les médias ? L’esprit anesthésié a perdu toute forme d’audace, souscrivant aveuglément à la pensée massive et rassurante.

En ce premier jour de l’année, quelles sont nos bonnes résolutions ? Qu’avons-nous résolu des énigmes de l’existant ? Qu’avons-nous compris des processus qui nous maintiennent dans des fonctionnements inconscients ? Hier soir, le repas du réveillon symbolisait la nourriture spirituelle, devant contenter et réjouir l’esprit. L’alcool, ainsi nommé par l’alchimiste Paracelse, avait pour fonction de modifier notre façon de voir. Les messages occultes, omniprésents dans le calendrier, ont le pouvoir de reconnecter l’être à sa nature. Mais la pensée fonctionnant en mode automatique répète « bonne année ! », sans autre questionnement. Le sens spirituel le plus fort réside toutefois dans des formules apparemment simples. Permettez que j’en utilise une à mon tour : «  Meilleurs vœux ! ». Que cette année corresponde à votre volonté !