Au cours d’une interview à Midi-Libre datant de l’automne dernier, nous avions fait part de nos inquiétudes liées à l’élection de Jair Bolsonaro, Président d’extrême droite, quant aux conséquences pour les populations les plus fragiles : gosses des favelas, paysans sans terres et indiens d’Amazonie. 

Les projets et autres déclarations tonitruantes concernant l’Amazonie avaient alors de quoi inquiéter. Pour Bolsonaro, l’Amazonie doit devenir un espace-outil de production. Tout ce qui pourrait freiner ce projet est considéré comme néfaste au développement du pays et comme le fruit d’une ingérence étrangère inacceptable. Dire qu’il est peu enclin à protéger la plus grande forêt tropicale du monde, plus grande réserve d’espèces et meilleure barrière naturelle contre le réchauffement climatique est au-delà de l’euphémisme.

Outre de vastes projets de construction de barrages hydroélectrique, Bolsonaro souhaite avant tout en finir avec les agences environnementales considérant que leur activisme nuit à ceux qui veulent produire. La première visée est l’IBAMA qui lutte contre la déforestation sauvage.

Annonce - Pub - Advertisement

La fusion des Ministères de l’Environnement et de l’Agriculture a pour objectif de le placer sous la tutelle du lobby de l’agro-business qui milite pour l’augmentation des surfaces agricoles au détriment de la forêt. Il considère les terres autochtones en Amazonie (13% du territoire) comme un frein intolérable au développement du pays. Par ce discours il a encouragé les invasions des territoires indiens et attisé les vives tensions auxquelles on assiste en ce moment.

De même, il est opposé au projet dit du « Triple A : Andes, Amazonie, Atlantique » projet qui vise à créer des parcs naturels et des réserves indiennes en Amazonie depuis la Cordillère des Andes jusqu’à l’Atlantique. Jair Bolsonaro dénonce un risque majeur d’ingérence étrangère sur 136 millions d’hectares du territoire brésilien.

De fait, il a encouragé et couvert les abattages qui se font aujourd’hui de façon industrielle avec bulldozers et autres engins gigantesques. Ce bois est stocké depuis plusieurs mois et ce sont ces bûchers géants qui brûlent aujourd’hui et se multiplient de façon très inquiétante pour l’équilibre écologique mondial.

C’est bien la politique mise œuvre aujourd’hui au Brésil qui est à l’origine du désastre. De plus, il y a fort à parier que Bolsonaro va se servir de cette crise pour justifier un retrait de l’accord de Paris sur le climat.

Jean-Luc BOU
Conseiller municipal de Sète

Catherine Bou
Professeur Agrégée de Portugais.

Annonce - Pub - Advertisement