[Tribune] Ghosn, sérial noceur

Tribune de Julien Colet, animateur du groupe d’action de La France insoumise l’Avenir en Commun(e) Montpellier Métropole.


Il n’y a pas de vitrines cassées, il n’y a pas de coups échangés, aucun pavé n’est lancé. Pourtant la violence symbolique de la vidéo de l’anniversaire de Carlos Ghosn, est bien plus forte que toutes les images des manifestations de ces derniers mois.

En temps normal, l’oligarchie est discrète. Dans un pays comme le nôtre qui aime tant l’égalité, les ultra-riches aiment le secret. Elle répugne toujours à étaler son luxe insolent à la face de la populace. Pour vivre riche, vivons cachés !

Mais parfois, l’oligarchie, enivrée de sa toute puissance, dérape. Les vacances de Sarkozy sur le la yacht de Bolloré, son dîner au Fouquet, avaient plombé le champion de ceux qui se lèvent tôt pour pressurer le peuple.

Dans un pays soi disant exsangue, la rapidité avec laquelle la caste financière a mobilisé des millions d’euros pour la reconstruction de Notre Dame, a choqué plus d’un gilet jaune. Seule la nécessité de la défense du patrimoine, pu habilement étouffer les cris d’indignation.

De 2010 à 2017, des dizaines de salariés de Renault se sont suicidés. En février 2014, la direction avait même admis que « certains collaborateurs ressentaient une certaine forme de pression« , joli euphémisme pour signifier maximisation de la course au profit. C’est avec l’argent produit par la force de travail de ces derniers de cordées, ces petits « riens » macronistes, que Carlos Ghosn a payé les 600 00 euros de sa fête versaillaise.

Cette grandiloquence obscène nous rappelle, s’il en était besoin, l’indécence de ces premiers de cordée qui sont toujours prompts à nous inciter à travailler toujours plus vite, toujours plus longtemps.

Aujourd’hui, il semblerait que pour Carlos Ghosn, la fête soit finie. Et pour les autres ?