Alors que c’était réglé, et que le projet avait été validé par la Commission Départementale d’Aménagement Cinématographique, un recours a été déposé, le miniplexe “Première Cinémas” de Frontignan est stoppé en plein élan.

C’était sans compter sur l’animosité qui offre, au détriment de la raison et d’une gestion apaisée de la cité, tous les ingrédients d’une bonne série. La Ville de Sète, la SA Elit, Sète Agglopôle Méditerranée et le syndicat mixte du bassin de Thau ont démarré la saison 2 de “Première Cinémas” en étant les cosignataires de ce recours.

“Première Cinémas” doit se situer quai Voltaire, à Frontignan la Peyrade. Un cinéma de 6 salles et 744 fauteuils, où autrefois se trouvaient les chais Botta. Le 23 octobre 2018, c’était gagné à 5 voix pour et 2 voix contre. Les 2 voix contre étaient celles du syndicat Mixte du bassin de Thau (Sébastien Pacull) et de l’Agglopôle Méditerranée (Norbert Chaplin). Mais voilà, le risque de recours contre ce projet, disait-on : n’était pas à écarter. Aujourd’hui, c’est fait !

Pierre Bouldoire n’est pas étonné,c’est facilement quatre mois de retard” dit-il. Mais il reste confiant : “aucun des quatre cosignataires du recours n’a de compétences sur le sujet, ils parlent commerce, là où nous parlons culture.” Et le projet qui s’opposerait à celui de Frontignan, se voudrait être un multiplexe dans la zone de Balaruc loisirs à Balaruc le Vieux. Projet qui n’est toujours pas présenté, ou qui n’existerait toujours pas.

Dans le rapport de la DRAC , il est spécifié concernant les futures salles de cinéma à Frontignan :ce projet consoliderait non seulement l’offre cinématographique, mais plus généralement l’offre culturelle de Frontignan et de sa zone d’influence commerciale. En l’état ce projet contribuerait à un aménagement culturel cohérent du territoire. Le projet ne semble pas de nature à menacer le pluralisme de l’exploitation cinématographique locale.

Deux visions qui s’affrontent

Avec « Première Cinémas, » l’approche semble juste. Elle s’inscrit dans le rythme que les citoyens souhaitent redonner à leur ville. Les grandes enseignes ne s’y trompent pas en réinventant le commerce de proximité avec le concept de “drive piéton” qui devrait révolutionner les centres-villes. Le maire de Frontignan parle alors succès : “nous faisons 55 000 spectateurs par an avec un seul écran, et notre projet s’appuie sur ces résultats. Qu’ils nous montrent ce qu’ils savent faire […] qu’ils alignent leurs chiffres, et on verra,” lance-t-il. D’autant que ce succès vient de l’ADN du CinéMistral, un cinéma mixte “on fait marcher la culture sur ses deux jambes avec du cinéma grand public et du cinéma d’art et essai,” explique Pierre Bouldoire. Ce sont deux visions qui s’affrontent : “on n’est pas là pour créer des grands complexes de cinémas qui sont des prétextes pour attirer les consommateurs dans les grandes surfaces, et les centres commerciaux,” Pierre Bouldoire dénonce des projets d’une autre époque.

Pour le maire de Frontignan, il y a des politiques qui sont périmées, François Commeinhes s’ancre dans ce genre de postures :est-ce qu’il faut qu’il se trouve des ennemis pour illustrer sa capacité à combattre aux yeux des Sétois, maintenant qu’il s’est déclaré candidat en 2020 ?” ; “Si on est dans une guéguerre qui consiste à aller bloquer les projets des autres, voyez la catastrophe pour l’intérêt général […] Cette politique-là, c’est une politique qui désespère les gens. Nous sommes là pour développer une offre culturelle de qualité, nous sommes là pour revivifier nos centres-villes.

Prochain épisode : la Commission nationale d’aménagement cinématographique a quatre mois pour émettre un avis.