[Édito] Quand notre présidente, Carole Delga dégaine sa tribune dans le journal « Le Parisien, » pour dire : « basta » à une semaine politique déroutante, un premier réflexe s’impose, la fierté.

Mais, volontaire ou pas, le choix du portrait fait par Elene Usdin qui illustre les 465 mots de la présidente donne une sorte de signal. Comme un personnage d’Enki Bilal usé par le pouvoir, son regard sans le sourire de La Joconde incite à prendre un léger recul.

Il faut passer outre son expression : « vue de ma terre ». Sans quoi, on a le sentiment d’être un citoyen de Groland où Mme Delga aurait succédé à Christophe Salengro, et où Jules-Édouard Moustic serait devenu le nouveau patron de France 3 Occitanie.

Carole Delga a donc pris sa plume, et elle se fait mal, à défaut de « faire mal » comme l’affirme « France Bleu ». Pourquoi ? Parce qu’elle se retrouve en Colombine dans “la mauvaise commedia dell’arte” qu’elle veut dénoncer. Parce que “courageusement”, elle ne cite personne, mais s’en prend à tout le monde en endossant pour sa part le rôle d’une infirmière de la croix rouge au chevet d’un département inondé, pour finir par se décorer dans sa conclusion, de la médaille de la bravoure politique : « j’ai simplement envie de dire : basta ! Assez de bla-bla. Assez de postures, de cinoche, d’enfumage. Remontons-nous les manches, travaillons avec humilité, avançons avec le souci de rassembler, débattons réellement dans la clarté à la lumière de nos convictions. Nous le devons aux Français. À ce pays qu’est la France. À ce bien commun qu’est notre République. »

La présidente aurait pu ajouter la devise de Groland : « Santé Bonheur ! Santé bonne humeur ! »; « Occitanie, je mourrirai pour toi. » Sur un champ de bataille avec des morts encore chauds, elle plante son drapeau aux armoiries de la probité, pour nous dire : « marre d’être mise dans le même sac que les opportunistes, les carriéristes, les intrigants, qui se soucient plus de leur rôle au sein de la société du spectacle que de notre destin collectif. »

Guerre des images

Dans cette guerre des images, Carole Delga fait son autoportrait dans « Le Parisien ». D’un autre côté, « Paris Match » en a rêvé, Médiapart l’a fait : révéler le “nouveau couple” de la saga politique française Jean-Luc et Sophia. Il fallait ça pour occulter un temps, les époux Macron pris en étau dans les mains de Mimi Marchand, la papesse des paparazzis. Pour le coup, dites-moi que tout cela « c’est pour de rire », je me sens comme Gustave de Kervern dans Groland, ce correspondant local alcoolique. À la votre, Présidente. Vous qui vous définissez : « du monde réel. De ce quotidien d’élus de terrain […] qui sont à portée d’engueulade de nos concitoyens. » Vous êtes, j’en suis convaincu à portée de contradiction, et de débat.

Voir, La Tribune de Carole Delga