Des centaines de personnes à la Bourse du Travail à Paris le mercredi 4 avril dans la soirée. Pas de doute, le député François Ruffin sait inspirer et rassembler. Normal pour l’un des initiateurs du mouvement « Nuit Debout » en 2016, mouvement qui avait occupé la place de la République durant un peu plus d’un an, suite à la contestation contre la loi El Khomri adoptée sous le quinquennat de François Hollande.

Faire la Fête à Macron

Avec l’économiste Frédéric Lordon, l’idée du député Ruffin risque d’être porteuse : « …faire se réunir les petites rivières de colère en une grande rivière d’espérance » en allant bien au-delà de la convergence des luttes. Une volonté de reprendre les choses en mains en tant que citoyens conscients d’être malmenés, par le pouvoir exécutif. Une évidence pour reprendre Joe Hill : « Ne vous lamentez pas… Organisez-vous. » Le député de la Somme est convaincu que la convergence des luttes ne suffit pas,«il faut aller au-delà». C’est dans un contexte global de la détérioration de la qualité de la vie et des projets de vie, qu’il faut savoir se motiver « en amenant de la joie » dit-il et d’enchainer : « il faut faire la fête à Macron ».

Du monde et de l’énergie à la Bourse du Travail, à l’intérieur comme à l’extérieur, des centaines de personnes motivées pour organiser un premier week-end de mai 2018, détonnant.

Une grande fiesta contestataire

François Ruffin a lancé : « je propose le samedi 5 mai […] pour une grande manifestation nationale commune ». Son idée : créer très vite des « Comités du 5 mai » pour organiser un mouvement citoyen inventif capable de rester dans la joie. Le 5 mai, une grande fiesta contestataire est au programme en France.

Le gouvernement aura inventé malgré lui, non pas la fête de la musique, mais la fête de la contestation. Une possibilité que celle-ci ressemble vite à une sorte de révocation naturelle d’un élu, tout en lui souhaitant son année de mandat. Courtoisie oblige. Une contestation politique qui va danser avant de gronder.

« Le vent du boulet » comme l’écrit Francois Ruffin est un premier engagement de fer qu’il pourra peut-être conclure le 5 mai en disant : « Je vous préviens, cher Macron, qu’à la fin de l’envoi, je touche ! »