Le 11 mai, premier jour du déconfinement, la « loi d’urgence sanitaire » du 23 mars 2020 a été prorogée jusqu’au 10 juillet.

Le gouvernement envisage encore une fois, en dépit de l’avis du conseil d’État, de la prolonger dans les faits jusqu’au 10 novembre. Cette loi permet de gouverner par décret.

L’urgence sanitaire serait de nous fournir gratuitement les protections nécessaires, de généraliser le dépistage, mais aussi de donner de vrais moyens au personnel hospitalier et à la recherche médicale, pas de supprimer nos libertés publiques ! Depuis le 11 mai, des arrêtés préfectoraux ciblés interdisent notre expression publique. La répression de nos rassemblements pacifiques (respectant les exigences sanitaires : groupes limités à 9 personnes, distanciation physique, port de masques …) est systématique. Exemples :

  • Montpellier RPPA (11 mai) : Confiscation d’une banderole, 4 PV prétextant une « infraction au code de la route », un policier dira « on veut plus vous voir sur le rond-point ! »
  • Montpellier (16 mai) : matraquages (une femme blessée), 7 arrestations, 25 verbalisations
  • Gignac (14 & 28 mai, 4 juin) : relevés d’identités par les forces de l’ordre pour verbalisations (« interdiction des rassemblements de protestation, même de moins de 10 personnes, sur tout le territoire »)
  • Béziers (27 mai) : rassemblements interdits « en raison de la détermination de certains groupes de personnes à s’attaquer physiquement avec violence aux forces de l’ordre, d’établir des stratégies alliant mobilité et effet de surprise et d’essayer d’envahir aux fins de dégradations les commerces de la commune » (arrêté préfectoral)
  • Millau (12 mai) : rassemblements « nassés », PV (dont une vingtaine par vidéosurveillance)…

Depuis 18 mois, avant comme après le confinement, nous luttons pour la justice sociale, fiscale et écologique. Nous étions dans la rue pour nos retraites, contre les violences policières…. Nous y serons aussi le 16 juin aux côtés des hospitaliers ou le 20 juin aux cotés des sans-papiers …

Avec « l’immunité-impunité » policière, ces mesures répressives, arbitraires, discriminatoires, visent à bâillonner l’ensemble des organisations démocratiques du mouvement social. Avec le prétexte de la loi d’urgence sanitaire, le gouvernement s’offre un outil sur mesure pour tenter d’écraser toutes les luttes à venir alors que les atteintes aux droits sociaux vont s’intensifier (emploi, salaires, 35h, retraites, sécu …).

Le droit d’expression, de réunion, de manifestation est inaliénable et indivisible : nous exigeons l’abrogation de cette loi liberticide. Il en va des libertés publiques, de la liberté tout court. Localement, de Béziers à Montpellier et au-delà de nos différences, nous nous adressons publiquement à toutes les organisations du mouvement social, de la jeunesse et des droits humains pour une prise de position en ce sens et – pourquoi pas – une initiative commune.

La division et l’inaction sont les seuls alliés du pouvoir.

Convergence 34, Convergence Millavoise, Gilets Jaunes Béziers, Gilets Jaunes Castries, Gilets Jaunes Gignac, Gilets Jaunes Lavérune, Gilets Jaunes Montpellier RPPA, Gilets Jaunes Sommières.