Une grève est lancée le 30 janvier par les soignants et salariés des Établissements d’hébergements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Sept syndicats, huit associations de retraités, et l’association des directeurs de services à domicile et d’établissements pour personnes âgées (AD-PA) lancent ou soutiennent cette grève nationale.

Ces organisations dénoncent l’insuffisance des effectifs. Elles réclament la mise en place véritable des objectifs du « Plan Solidarité Grand Âge » de 2006 pour 2012. Le calcul des effectifs de soignants, pour une continuité des soins 7 jours sur 7, 24 h sur 24, devait se baser sur le ratio « un agent pour un résident ». Il n’a jamais été mis en place. La mission parlementaire IBORRA le relève et le regrette dans ses conclusions.

Insoumis de Sète et du Sud Hérault, nous avons rencontré des usagers et des salariés des EHPAD. De manière plus émotionnelle, ils décrivent les situations qu’une autre politique devrait éviter.

« “Venez me changer”, “J’ai soif”, appellent des résidents ou résidentes. “Faites dans la couche !”  semble la réponse faite à une résidente voulant aller aux toilettes. »

 « C’est affreux de ne pas pouvoir répondre. Cela relève de la maltraitance institutionnelle ! »

 « Les effectifs insuffisants et les locaux inadéquats rendent impossible des soins personnalisés, quel que soit le besoin des soignants. Les soignants ont le désir de mieux prendre en charge les personnes âgées, mais le contexte les en empêche. »

 « Il est fréquent, pour un travail en journée, que deux aides-soignants s’occupent de vingt-quatre résidents. La nuit, c’est une aide-soignante pour un  étage. »
«  Il faut des chambres larges, avec douche sans seuil, pour des soins au rythme de la personne.»

 « Les soins à domicile actuellement c’est la course. Les contrats sont des CDD à temps partiel. Les horaires sont fractionnés. Les rotations de personnel ne permettent pas de s’occuper des mêmes bénéficiaires. C’est une perte de sens pour les soignants et une angoisse pour les personnes. »

 « Les moyens donnés aux EHPAD ne permettent pas aux soignants, qui font leur maximum et s’épuisent, de travailler selon leur éthique professionnelle. Locaux et matériel inadaptés malmènent leur dos et leurs épaules lors des levers, des changes et des lits. La suppression des temps de concertation et de soutien dans un métier si difficile épuise les soignants moralement. »

Insoumis, nous ne pouvons pas accepter ces situations.

Nous soutenons les revendications des auteurs de l’appel à la grève du 30 janvier :

  • Application d’un ratio d’effectif budgétaire d’un soignant / un résident
  • Abrogation de la réforme de tarification qui réduit encore les effectifs actuels
  • Arrêt des baisses de dotations induites par la convergence tarifaire
  • Intégration dans l’effectif des personnes anciennement en contrats aidés.

Appel de groupes d’action de la France Insoumise
de Sète et Sud Hérault à soutenir cette grève