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La réforme des concours d’enseignement du premier et second degré oblige la validation d’un M2 pour passer les concours l’année prochaine, quand le système actuel permettait de tenter sa chance en M1 et d’effectuer son année de titularisation à la place d’un M2.

Déjà fortement critiquée, cette réforme a surtout des conséquences concrètes sur les étudiants des master MEEF qui préparent les concours cette année. En effet, pour les étudiants de M1 qui ont passé le concours cette année, mais qui redoublerait leur master : pas de deuxième chance l’année prochaine. Il faudra retenter son M1, sans la possibilité de passer le concours.

La pénalité est triple. Un redoublement qui ajoute un an de scolarité supplémentaire à des études déjà longues et qui coûtent cher, surtout quand on connaît la forte précarité chez les étudiants. L’interdiction de repasser le concours que l’on a passé cette année, et donc la perte d’une année de travail accumulée. Enfin, le risque de faire face à de nouveaux sujets pour certains MEEF second degré (dont les questions au concours sont renouvelées tous les deux ans), et donc une perte complète de toutes les connaissances apprises pendant un an.

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) proposait donc, à la CFVU (Commission Formation et Vie Universitaire) du 20 mai 2021, la motion suivante : que « le Master 1 soit validé pour tous les étudiants en Master 1 MEEF ».

Les arguments sont les suivants :

  • Le contexte sanitaire a rendu impossible le déroulement d’une année universitaire habituelle, qui justifierait une sélection « méritocratique ».
  • Les étudiants redoublants ne pourront pas repasser le concours l’année prochaine, et risquent d’abandonner leurs études ou de devenir vacataires.
  • Le redoublement des étudiants risque d’engorger les effectifs des M1 de l’année prochaine, car aucun étudiant ne pourra quitter la formation avant la fin du M2. Cette augmentation des effectifs va limiter l’efficacité des enseignements et du bon déroulement de la formation, mais surtout, risque de reporter une forte sélection sur les étudiants de L3 et de décourager nombre d’entre eux de s’inscrire en MEEF, de peur de ne pouvoir intégrer le master.

Le Président a refusé de la soumettre au vote ! Ce mépris des institutions démocratiques de l’université n’est pas nouveau : il inquiète pour l’avenir, et rappelle les risques qu’entraînerait le passage de l’Université de Montpellier en établissement expérimental.

Nous n’abandonnons pas, et invitons tous les étudiants de master MEEF qui craignent de ne pas valider leur année, à contacter le SCUM : nous avons déjà mené des actions efficaces afin d’aider les étudiants à valider leur diplôme l’année dernière, nous le referons tous ensemble. C’est collectivement que nous obtiendrons des victoires !

Une réforme destructrice pour les conditions de travail des futurs diplômés

La réforme témoigne d’une certaine suspicion envers les futurs enseignants. Ces derniers doivent affronter un parcours du combattant toujours plus long, pour ne subir une sélection qu’en fin de cursus ; contrairement aux médecins, ingénieurs, infirmiers, policiers… Elle rappelle un lieu commun trop connu : les enseignants ne font leur métier que pour avoir des vacances et la sécurité de l’emploi. Cette affirmation est bien sûr fausse : le métier est de moins en moins attractif malgré ses avantages sociaux, les salaires (les plus bas de l’OCDE) sont gelés depuis dix ans, la reconnaissance sociale diminue fortement. Les effectifs d’étudiants qui préparent le concours diminuent chaque année, en même temps que le nombre de postes ouverts, ce qui implique une augmentation des effectifs en classe.

L’objectif semble clair : pousser un maximum d’étudiants vers la vacation, le contrat précaire à durée limitée. Souvent non renouvelé au bout de deux ou trois ans dans l’Éducation nationale (ce qui interdit une titularisation au bout de 6 ans), il interdit l’accès aux avantages de la fonction publique, implique une perte de salaire et une précarité de l’emploi, rend le travail plus difficile, car plus instable. Ainsi, les enseignants non formés sont de plus en plus nombreux, en situation difficile face aux élèves et à leur situation financière. Tout le monde perd dans ce système !

Les propositions du SCUM

La lutte est à mener au niveau national, mais les faibles mobilisations des enseignants déjà en poste, et des étudiants en formation révèlent la fatigue d’une profession épuisée par des conditions de travail déplorables depuis le début de la crise sanitaire ; des étudiants écrasés par la pression des études ; et le peu d’espoir d’une négociation avec les autorités après des très sévères répressions, et des violences policières commises jusque dans les lycées lors des manifestations d’enseignants et de lycéens.

Le SCUM, dont la mission est la défense des étudiants, proposait donc une solution de négociation avec les autorités de l’université, afin de limiter les conséquences de la réforme sur les étudiants en MEEF.

Après plusieurs sondages réalisés au mois d’avril sur les différents groupes MEEF de l’université, il n’y avait aucun doute que de nombreux étudiants craignaient de redoubler leur M1 et de perdre encore deux ans d’études. Cette situation est d’autant plus inacceptable que :

    1. Pour l’ensemble des étudiants de l’université, les conséquences de la crise sanitaire sur la qualité des enseignements, mais surtout sur la situation matérielle et la santé mentale des étudiants ; interdit le maintien du mirage « méritocratique » de l’université. L’année a été difficile, le décrochage est une conséquence systémique de la crise, et non une responsabilité individuelle… Maintenir une féroce sélection dans toutes filières serait irresponsable, alors que de nombreux étudiants abandonnent leurs formations. Les universités avaient déjà refusé en 2020 au cœur du confinement, de valider les diplômes de tous les étudiants, malgré des conditions d’études dramatiques.
    1. La qualité de la formation MEEF est largement remise en question par les étudiants de toutes les formations. Le SCUM a reçu de nombreux témoignages d’étudiants de la Faculté d’Éducation qui passent le CRPE, ou d’étudiants des masters MEEF de second degré de Paul-Valéry.

Non seulement la maquette des cours n’apporte qu’une piètre formation à l’enseignement, et ne prépare pas les étudiants à enseigner (la grande majorité des cours ne sont que des entraînements au concours lui-même) ; mais en plus le contexte sanitaire a vu de nombreux enseignants disparaître, ne plus donner cours, ne pas corriger les copies, arrêter d’accompagner les étudiants… Comment progresser dans ces conditions ?

Il semble donc aberrant de maintenir une sélection à un master qui se contente de préparer des étudiants à un concours, dans un contexte où les étudiants ne pouvaient pas s’améliorer.

Le SCUM proposait donc, au CFVU du 20 mai 2021, la motion suivante : que « le Master 1 soit validé pour tous les étudiants en Master 1 MEEF ».

Les arguments sont les suivants :

  • Le contexte sanitaire a rendu impossible le déroulement d’une année universitaire habituelle, qui justifierait une sélection « méritocratique ».
  • Les étudiants redoublants ne pourront pas repasser le concours l’année prochaine, et risque d’abandonner leurs études ou de devenir vacataires.
  • Le redoublement des étudiants risque d’engorger les effectifs des M1 de l’année prochaine, car aucun étudiant ne pourra quitter la formation avant la fin du M2. Cette augmentation des effectifs va limiter l’efficacité des enseignements et du bon déroulement de la formation, mais surtout, risque de reporter une forte sélection sur les étudiants de L3 et décourager de nombreux d’entre eux de s’inscrire en MEEF, de peur de ne pouvoir intégrer le master.

Notre proposition était donc bénéfique pour les étudiants de MEEF, les futurs élèves qui se retrouveront face à des enseignants mieux préparés, le fonctionnement de l’université…

Un refus de la démocratie qui inquiète les élus étudiants

Notre motion a donc été déposée dans les règles, à la CFVU du 20 mai 2021 à l’université de Montpellier, avec une semaine d’avance pour qu’elle soit bien prise en compte.

Le SCUM a donc joué le jeu des élections étudiantes et de la « démocratie universitaire ». Cette démarche nous semble légitime lorsque de petites avancées peuvent être obtenues par la négociation, mais également lorsqu’elles portent une dimension symbolique de cogestion, discours défendu par les présidences à chaque mouvement étudiant. « Face à l’action directe, mieux vaut choisir le vote et les élus ! » diront tous les membres de l’administration lors de toutes les mobilisations étudiantes.

Voyons comment cela se passe dans les faits…

Le Président de l’Université de Montpellier a tout simplement refusé de mettre la motion au vote ! Aucun argument ne justifie ce refus démocratique. La motion était légale, elle s’inscrivait parfaitement dans les prérogatives des élus de la CFVU, et des motions similaires ont déjà été votées par le passé.
Les CFVU qui se déroulent comme les CA en distanciel, voient depuis le début de la crise sanitaire les autorités de l’université monopoliser la parole, faire durer plus de 4H des conseils (ce qui décourage de nombreux élus d’attendre les votes importants) : maintenant, elles refusent de soumettre les motions des élus étudiants au vote !

Le SCUM a reçu une bien maigre consolation : la promesse d’une « bienveillance » des jurys. Si l’attention est louable, elle n’engage à rien, et révèle le mépris de l’administration envers les propositions des élus et l’avenir d’étudiants pour qui la vie se joue parfois lors de ces jurys.

Nos avenirs ne sont pas un jeu et ne doivent pas dépendre de la « bienveillance » des enseignants !

Ce refus démocratique est inquiétant, car il n’est pas le premier : une motion déposée en CA par le SCUM avait également été refusée il y a deux semaines, sans aucun argument.

De plus, le passage de l’Université de Montpellier en établissement expérimental, qui permettra aux autorités de l’université de sortir du Code de l’Éducation, menace une généralisation de ces pratiques antidémocratiques, verticales et méprisantes. L’université n’est pas le « joujou » du président : elle appartient à tous, et les étudiants ne peuvent être invisibilisés et ignorés en permanence !

L’avenir des étudiants de MEEF et des actions du SCUM

Nous n’abandonnons pas la lutte !

Nous invitons tous les étudiants qui ne valideraient pas leur année à contacter le SCUM. Nous avons déjà mené une action par suite du premier jury l’année dernière 2020, afin d’obtenir la validation du master pour un maximum d’étudiants de Master MEEF premier degré !

Cette action s’était révélée efficace, à travers la mobilisation collective, individuelle, et la solidarité entre tous les étudiants de la Faculté d’Éducation et du BDE la Meef’. Nous comptons bien réitérer cette mobilisation si nécessaire !
N’hésitez donc pas à contacter le SCUM si vous craignez de ne pas valider votre année ou si vous avez la réponse du premier jury : ensemble nous pourrons faire pression sur l’université.

Enfin, nous ne devons pas laisser l’Université nous mépriser et bafouer ses propres principes méritocratiques. Si au SCUM nous ne nous faisons aucune illusion sur le caractère artificiel et limité des actions à travers les institutions démocratiques de l’Université, nous utilisons ces institutions lorsque cela peut s’avérer efficace, ou en parallèle d’actions directes. En revanche, ce mépris démocratique rappelle le mépris avec lequel les étudiants sont traités en permanence, et renforce notre détermination.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

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