Conseil Municipal 30 juillet 2020
Illustration - Conseil Municipal du 30 juillet 2020
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Pour le dernier Conseil municipal de la ville de Montpellier pour sa première année de mandat, Michaël Delafosse présentait notamment le premier budget de son mandat. Un travail d’orfèvre sur les finances publiques de la ville qui a engendré des débats lors de la réunion mensuelle des élus municipaux de tous bords. Compte-rendu.

Fastidieux. Il est à peine plus de 9h lorsque Michaël Delafosse apparaît sur les écrans des participants. Après la traditionnelle Marseillaise, le jeune Maire de Montpellier annonce « Bon, on va commencer l’appel des personnes présentes pour s’assurer que le Corum minimum est atteint. Cela va être fastidieux par visio mais c’est impératif ». C’était effectivement un peu plus long à distance que lors d’un conseil « normal », en salle du Conseil à l’hôtel de ville.

Fastidieuse, la présentation du Budget par Michel Aslanian ne l’a pas été. A contrario, elle a été expédiée, au plus grand regret de ceux qui voulaient suivre et prendre des notes en écoutant l’élu héraultais. « Présentation pour le moins dynamique », « rapide »… Certains élus d’opposition ont confirmé par leurs propos, cette impression de présentation pour le moins, peu fastidieuse.

« Nous sommes là pour travailler au quotidien afin de développer la ville et la tourner vers la ville verte du 21e siècle », présente d’entrée le Monsieur Finances de l’équipe municipale en place.  Et celui-ci de se lancer dans un monologue de moins de 10 minutes montre en main pour donner les grandes lignes de ce budget 2021.

« Nous œuvrons pour la stabilité de la fiscalité de nos concitoyens, de tous les Montpelliérains et nous y travaillerons tout au long de ce mandat, » explique l’élu montpelliérain avant d’ajouter : « il faut que nous parvenions aussi à avoir un endettement maîtrisé et stratégique ».

Enchaînant à la vitesse de l’éclair les slides de son diaporama, Michel Aslanian poursuit ses « explications » en affirmant que, « depuis cet été, dès que Michaël Delafosse m’a donné mandat pour les finances publiques, je me suis mis au travail avec les services afin d’investir massivement pour préparer l’avenir ». Lapalissade. Qui et quelle municipalité pourrait sérieusement affirmer en 2020, travailler aujourd’hui pour améliorer le passé ?

Insistant sur ce sujet sensible de l’investissement, Michel Aslanian précise, sous le regard approbateur de Michaël Delafosse, que celui-ci s’élèvera en 2021 à hauteur de 100 millions d’euros. « Un montant élevé et pleinement assumé par notre équipe, qui devrait être le même en 2022 voir légèrement augmenté en 2023″, a ajouté Michel Aslanian, soucieux d’être le plus concis possible.

Moins de quinze minutes après sa prise de parole, Michel Aslanian en a fini de son propos de présentation. Les demandes de prise de parole sont nombreuses. Les élus d’opposition sont davantage prolixes sur ce sujet majeur qu’est le budget dans la vie de la cité.

Premier à s’exprimer, Max Lévita conforte le nouveau maire sur un point : « les prévisions pour les finances de la ville et pour l’économie dans son ensemble, sont pour le moins incertaines en 2021 et 2022. » Pour le reste, l’ex-Monsieur Finances de Philippe Saurel invite Michaël Delafosse à « éviter les termes ampoulés dans un débat aussi important que technique que celui du budget municipal ».

« Reconnaître que la ville de Montpellier est moins endettée que les autres grandes villes françaises et que le niveau de notre dette est tout à fait soutenable, cela constitue un hommage au travail mené avec Philippe Saurel durant 6 ans et je vous en remercie », conclut, en finesse, Max Lévita.

Porte-parole d’un Mohed Altrad constamment absent de tous les conseils depuis le début de l’été, Serge Guiseppin prend ensuite la parole pour détailler sa pensée. Attentif durant la présentation faite par Michel Aslanian, Serge Guiseppin appelle lui à « des investissements forts, massifs dès 2021 et un plan ambitieux pour investir tout au long de ce mandat-là ». Conscient de la difficulté à bâtir un budget sérieux en cette période de Covid, l’élu montpelliérain plaide pour « ne surtout pas revenir à la période avant Covid » et plaide pour une « sérieuse baisse des dépenses de fonctionnement » à la ville comme à la Métropole.

Cette petite phrase a eu le don de faire bondir Hervé Martin, élu communiste dans l’équipe Delafosse. Assis aux côtés de son chef de file, Hervé Martin souhaite que ce mandat soit celui mis « au profit de la protection constante et maximale du pouvoir d’achat de tous les Montpelliérains et au quotidien ». « Le monde économique héraultais comme national attend des élus que nous sommes, des actes clairs et francs », complète Hervé Martin, bien plus prolixe que le Monsieur Finances de Michaël Delafosse avant de conclure que, selon lui, « le pacte social Républicain dans lequel nous vivons, est gravement mis en danger par la crise économique et sanitaire que nous vivons. »

Fidèle à ses habitudes, Alenka Doulain, cheffe de file du mouvement Nous Sommes Montpellier, est davantage interrogative et offensive que les précédents intervenants. Le seul point positif à ses yeux demeure la stabilité de la fiscalité. Pour le reste, elle s’étonne d’ « assister à un débat d’orientation budgétaire, mais sans la moindre orientation clairement et préalablement présenté par vos soins ». Michel Aslanian, mutique, a toutefois dû apprécier la pique venue de sa jeune opposante politique.

Cette dernière, décidément en verve sur le sujet sensible du budget 2021, s’agace de voir que l’équipe municipale soutient une « politique économique keynésienne », une décision qui, selon Alenka Doulain, « ne tient purement et simplement pas la route avec un budget qui ne l’est pas ! »

Derniers à prendre la parole, les élus écologistes, Manu Reynaud puis Mustapha Laoukiri n’ont pas été les moins bavards. « Il faut saluer qu’à l’inverse des années précédentes, nous avons eu via Michel Aslanian, une présentation concise, quoiqu’un peu rapide, mais concise de ce budget 2021« , entame Manu Reynaud. « Il faut que nous prenions tous conscience que l’époque de la croissance sans limites, la croissance infinie est bien derrière nous et clairement pas devant nous », ajoute Mustapha Laoukiri.

Rejoignant malicieusement l’un des axes préférés de travail du Maire de Montpellier, Michaël Delafosse, Mustapha Laoukiri détaille sa pensée en affirmant notamment que « chaque jour, nous, élus, devons toujours agir plus et toujours plus en faveur de la transition écologique ».

« Il faut agir pour qu’au cours de ce mandat, zéro euro ne soit investi dans de nouvelles infrastructures routières et œuvrer au quotidien pour faire de Montpellier, un territoire totalement décarboné », termine Mustapha Laoukiri.

Il est 10h45 lorsque le tour de table se termine.

Conscient que cette affaire-là marquera le début de son mandat, c’est Michaël Delafosse qui prend la parole pour répondre à tous les participants. « Faire un budget dans une période comme celle-là, c’est de la dentelle. C’est vraiment de la dentelle. Il ne faut oublier personne » entame l’édile.

« Nous avons des orientations claires et Michel Aslanian les a détaillées devant vous ce matin. Nous avons fait des choix. Nous les assumons tous », poursuit Michaël Delafosse avant d’ajouter que « nous travaillons avec sérieux et œuvrons pour parvenir à la stabilité notamment dans la fiscalité de tous les habitants du territoire. Nous faisons cela sans perdre de vue que nous nous devons de maîtriser l’autofinancement ».

Replaçant habilement dans son propos l’un des sujets clés de son mandat, Michaël Delafosse termine son propos en affirmant que « la ligne 5 du tramway constitue un investissement stratégique majeur du mandat, » et qu’au quotidien, « mon équipe est au travail pour le budget de la ville avec pour objectif d’être le plus rigoureux, le plus sérieux et le plus sincère possibles« .

VOIR AUSSI Montpellier : La ligne 5 du Tram, c’est pour 2025

Peu avant 11h et sans la moindre difficulté, les élus prennent officiellement acte de ce débat d’orientation budgétaire. Le vote du budget interviendra dans les faits « au début du mois de février 2021″, selon les dires de Michaël Delafosse.

Sur la délibération numéro 37, Salim Jawhari est revenu avec ses mots, mais avec une conviction très forte sur « l’importance de la présence de clauses environnementales et d’insertions aussi claires que complètes au sein du futur appel d’offres pour la commande de 77 nouvelles rames de tramway d’ici 2025/2026, afin que cela profite aussi aux gens de notre territoire ».

Un point de vue partiellement partagé par Michaël Delafosse. L’édile s’est félicité du « lancement de cet appel d’offres » avant d’ajouter que « ces appels d’offres permettent de challenger toutes les grosses entreprises afin d’avoir un meilleur prix pour ces futures rames sur notre réseau TAM dans toute la Métropole ».

« Parfois, sur certains territoires, des entreprises, françaises ou étrangères, se croient sur un territoire conquis et donc elles ne font pas les meilleurs prix dont nous, collectivités, pourrions bénéficier. Il faut que cela cesse ! », a clamé Michaël Delafosse, avant d’ouvrir le vote de ladite délibération, adoptée sans la moindre difficulté.

« Il faut réguler Airbnb ! »

Autre annonce forte faite par l’édile de Montpellier, Michaël Delafosse « ne veut surtout pas interdire Airbnb sur Montpellier, mais nous devons faire attention ». L’édile voit en Airbnb un élément qui « déstabilise gravement la situation du tourisme, de nos hôtels, de nos restaurants dans tout Montpellier ».

Rappelant au passage sa récente rencontre avec Anne Hidalgo à Paris, sujet sur lequel il était depuis particulièrement mutique, Michaël Delafosse a reconnu qu’il a eu des échanges « récents, réguliers et très utiles » sur ce sujet avec Ian Brossat, élu communiste à Paris en charge du Logement, de la protection des réfugiés et de l’Hébergement d’urgence aux côtés d’Anne Hidalgo. L’élu parisien est un fin connaisseur de la multinationale américaine du logement chez l’habitant. Et pour cause, il a même écrit un livre à ce sujet.

Dans le détail, Michaël Delafosse a expliqué : « au cours du premier semestre 2021, nous ferons différentes annonces à ce sujet pour ne pas interdire Airbnb ici, mais permettre aussi à nos hôteliers de continuer à vivre, tout en maintenant le tourisme étudiant et autres à bon niveau dans Montpellier. » Patience donc, pour les nombreux propriétaires de logements sur Airbnb à Montpellier avant d’en savoir plus.

Le prochain Conseil municipal est prévu en début d’année 2021. Le vote du Budget devrait lui avoir lieu le 8 février 2021.

VOIR AUSSI Montpellier : Débat d’Orientation Budgétaire, Michaël Delafosse confirme ses ambitions

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