[Communiqué de presse] Lettre aux Conseillers Municipaux de la Ville de Montpellier Copie aux conseillers Métropolitains

Montpellier Conseil municipal 20201005
Montpellier Conseil municipal le 05 octobre 2020

Madame, Monsieur,

Nous nous permettons de vous écrire directement car, comme vous le savez, la ville (et sans doute  également la Métropole) est engagée dans une modification substantielle des conditions d’attribution  des subventions aux associations, aides qui seraient maintenant conditionnées à la signature, par les  demandeurs, d’une « charte de la laïcité ». Montpellier, par l’entremise de son maire, se targue d’être  la première ville à faire signer la charte demandée par le gouvernement et qui sera utilisée dans le  cadre de la loi sur le « séparatisme ».

Nos critiques portent sur trois points : 

  • Nous avons appris dans la presse le lancement et la diffusion de cette charte, mais nous n’en avons  pas eu communication officiellement. Un document est paru dans un article du Figaro, sans que son  authenticité ne soit confirmée ou infirmée. Contactés par nos soins, les services de la mairie nous ont  répondu que rien n’était encore fait, alors que le Maire a de son côté annoncé que les choses étaient  en cours. A notre connaissance, aucun vote ni aucune discussion n’a eu lieu au sein du conseil  municipal (pas plus qu’au conseil de Métropole). Vous admettrez notre étonnement sur les  conditions du lancement de cette nouvelle procédure. Si d’ailleurs l’un d’entre vous en a un exemplaire, peut-être serait-il judicieux de le faire connaitre.
  • Concernant le fond, nous attirons votre attention que si tout cela se fait avec l’intention de renforcer  la laïcité, il s’agit en fait d’en renverser le sens. La laïcité, c’est l’obligation qui est faite aux  institutions de ne pas subventionner les cultes. Aucun. Donc c’est avant tout du devoir du conseil  municipal de refuser les subventions pour un culte, et de vérifier que l’utilisation des fonds soit bien  conforme avec l’objet de la demande de subvention. Tout ceci est connu, et découle de la loi de  1905, dont nous refusons la démolition. Aussi, la liberté d’association permet à des citoyens, quelles  que soient leurs opinions, de s’associer librement et de choisir leur objet. En aucun cas ils ne peuvent  être contraints d’approuver ou de désapprouver une loi, qui s’impose à eux indépendamment de ce  qu’ils en pensent. Ainsi, la promotion de la laïcité ne peut pas être imposée à qui que ce soit, nous  estimons même que cela aurait l’effet inverse.
  • Enfin, alors que jusqu’à présent et à une exception près, le milieu associatif montpelliérain  fonctionne bien et fait partie du rayonnement et de la vitalité de la ville, la polémique déclenchée  soudainement est malsaine. De partout maintenant, les associations sont soupçonnées d’abriter des  ennemis intérieurs ; évidemment, les musulmans sont désignés. Si vous souhaitez avoir des exemples  de commentaires en ce sens, nous pouvons vous en fournir en nombre.

Aussi, tant du point de vue juridique, de l’architecture des lois de 1901 et 1905, que du point de vue  de l’impact d’une telle campagne sur notre ville, nous estimons qu’une discussion doit avoir lieu. Ce  n’est bien entendu pas à nous de commenter le fonctionnement du conseil municipal, mais comme  association, nous sommes disponibles pour discuter avec ceux d’entre vous qui le souhaiteraient. La  porte de la libre discussion est de notre côté grande ouverte comme elle l’a toujours été.

Recevez, Madame, Monsieur, nos salutations fraternelles.

La Libre Pensée, fédération de l’Hérault