Les militants réunis ce jour à Montagnac sont d’origines politiques diverses. Loin d’être un problème, c’est une force que de pouvoir discuter ensemble des problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Militants insoumis, communistes, POI, syndicalistes, Gilets jaunes, militants laïques, paysans, nous déclarons, comme toute la population, que la crise sanitaire est une crise due, d’abord et avant tout, au refus  du gouvernement de ré-ouvrir les lits d’hôpitaux, de recruter médecins, infirmières et aides-soignants à la hauteur d’un service public digne de ce nom. Pire, il continue à fermer des lits, des services et des postes, comme l’y invite d’ailleurs la cour des comptes à Toulouse.

C’est exactement la même chose pour les universités : ce ne sont pas  les amphis qu’il faut fermer, ce sont des  moyens dont notre jeunesse à besoin. Des moyens pour assurer les cours, les TD, les TP, et ne pas accepter un enseignement hybride dégradé. De même, la recherche a besoin de financements pérennes et pas de mise en concurrence, comme vient de le relever le prix Nobel de chimie, Emmanuelle Charpentier.

Aussi, nous estimons que ce qu’il s’est passé à la papeterie Fibre excellence à Tarascon est un modèle : le contrôle de la grève par les travailleurs, intégrant les organisations, démocratiquement, a fait reculer le patron et a permis de gagner sur la totalité des revendications.

C’est un exemple à suivre ! C’est la marque de la situation, l’une des mille et une grèves qui couvrent le pays.

Le gouvernement en a conscience, lui qui cherche à faire diversion avec des discours aux accents de guerre civile à travers la loi sur le « séparatisme ». La tentative de nous diviser est là et relayée, mais elle ne prendra pas.

Surtout, il faut une perspective politique d’ensemble. Mais celle-ci s’inscrira dans les combats quotidiens et les victoires, grandes et petites, contre le rouleau compresseur de dislocation de nos conquêtes sociales.

Aussi, partout où l’on pourra renforcer nos positions, nous y serons, sous toutes les formes possibles. Le 13 octobre, les personnels de la recherche seront dans la rue pour le retrait de la LPR. Le 14, des enseignants du premier degré seront devant la mairie de Montpellier pour exiger que les écoles puissent remplir leur mission. Le 15, des rassemblements sont prévus pour demander des moyens pour l’hôpital par certains syndicats. Bien entendu, à chaque fois des problèmes se posent, et les travailleurs notent l’absence de volonté d’y aller de la part des dirigeants nationaux et Macron en profite. Cela prend parfois la forme de l’inaction, des phrases sans acte, parfois de liens entre une collectivité passée « à gauche » et des responsables de syndicats, qui en oublient l’indépendance. Il faut en discuter.

Découle de cela que nous avons besoin de nous organiser : en effet, ceux qui sont en face de nous sont très bien organisés. Nous sommes plus nombreux et plus forts, mais il nous faut l’organisation. Une modification politique majeure dans notre pays demandera l’énergie et la mobilisation massive de notre classe, reprenant ses affaires en main. N’est-ce pas l’une des leçons que l’on pourrait tirer des récentes mobilisations en Algérie et aux USA, pour ne parler que de celles-là ?

Nous allons donc poursuivre la discussion au sein des comités autour de ces questions, en cherchant à chaque étape ce qui nous unit et non ce qui peut nous diviser.

Nous invitons ceux qui veulent aider à la résistance à nous rejoindre. Nous enverrons une délégation à la réunion nationale du CNRR le 21 novembre à Paris.

Dans l’immédiat, l’heure est à l’action, à la résistance, à la défense de toutes les revendications auprès de nos collègues, au renforcement des organisations sur une orientation d’indépendance totale, en accord total avec l’état d’esprit des travailleurs qui veulent pouvoir vivre et continuer à avoir des droits.

La condition pour cela c’est de ne rien céder sur le terrain des libertés, à commencer par la liberté de manifester ! C’est pour cela que nous exigeons le retrait de toutes les restrictions de rassemblements au nom de la COVID.

Adopté à l’unanimité des 76 présents.