C’est avec consternation que nous découvrons qu’en accord avec la Préfecture, la Commission départementale de Sécurité Routière (CDSR) a fait siennes les propositions du département de l’Hérault de faire repasser la vitesse maximale autorisée à 90 km/h sur 350 km des routes du département de l’Hérault d’ici quelques semaines.

Cette mesure entre en contradiction avec les études et les prises de conscience sur l’intérêt de baisser la vitesse des voitures du point de vue de la sécurité routière et du point de vue écologique. Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) vient en effet de confirmer la pertinence de la limite à 80 km/h qui en 20 mois seulement, a sauvé 349 vies sur le réseau concerné et a fait économiser 700 millions d’euros à la nation. Sur le plan écologique, la convention citoyenne pour le climat a compris l’intérêt de limiter les vitesses des véhicules pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et ainsi limiter les impacts sur le climat.

Nous sommes indignés par cette mesure dans notre département de l’Hérault qui est l’un des départements dont les chiffres d’accidentalité sont parmi les plus mauvais en France et que l’on risque donc plus qu’ailleurs d’être blessé ou tué dans un accident de la circulation dont la vitesse est le facteur aggravant, et alors qu’à ce jour seuls 12 départements en France ont fait ce même choix, mettant ainsi gravement en jeu la santé et la sécurité de leurs concitoyens.

D’un point de vue financier, cette mesure gaspille également l’argent public, car elle aura mobilisé inutilement de longs mois de travail des services du département et de prestations de bureau d’études.

Enfin, l’étude attentive des tronçons de route choisis pour le retour aux 90 km/h montre que plus de la moitié font partie des plus dangereux du département (à titre d’exemple la D17 sur le tronçon Montferrier/Sauteyrargues avec 12 tués sur 52 km entre 2006 et 2015). Ces routes supportent un fort trafic et sont loin d’obéir aux critères d’éligibilités préconisés par les comités des experts du Conseil National de Sécurité (CNS) tels que la visibilité et la lisibilité des virages, les intersections, les risques liés aux dépassements dangereux, ou encore des zones de récupération et de sécurité. Les cyclistes, piétons ou arrêts de bus scolaires n’ont pas non plus été pris en compte et aucune mesure compensatoire n’a été prévue.

Nous demandons donc au Préfet de ne prendre aucun arrêté validant le retour à 90 km/h des routes départementales concernées.

EELV Montpellier