Le Premier ministre Jean Castex a fait de la sécurité l’une de ses priorités. Il a annoncé entre autres, la généralisation dès la rentrée des amendes forfaitaires pour consommation de drogue, lors de sa visite à Nice, samedi.

Un Premier ministre certainement expert sur le sujet, qui avec cette mesure généralisée d’une amende forfaitaire pour usage de stupéfiants dès la rentrée devrait permettre de : « lutter contre les points de vente qui gangrènent les quartiers. » Une analyse très « grand public » du pourrissement moral et de la corruption, avec un effet média assuré : quartiers, drogue, insécurité, en revanche une équation sans garantie d’efficacité immédiate. Une mesure karcher à la Sarkozy ? Peut-être… Reste qu’une amende forfaitaire de 200 euros s’applique à tous les usagers de drogues, dont les consommateurs de cannabis et de cocaïne.

150 euros, 200 euros, 450 euros

Une procédure qui est déjà appliquée dans plusieurs villes de France. C’est une « amende forfaitaire » qui évite le risque d’un procès, mais c’est une sanction qui reste inscrite dans le casier judiciaire. Ce travail avait été porté par l’ex-ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, et correspond à une promesse de campagne du candidat Macron. Un dispositif prévu aujourd’hui par l’article 58 de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022, et de réforme pour la justice.

À noter que l’amende réglée sous quinze jours est minorée à 150 euros. Attention, au-delà de 45 jours, une majoration est fixée à 450 euros. Ces amendes forfaitaires pour usage de stupéfiants sont pour les consommateurs. Quid des dealers ? Il est prévu un renforcement de l’action pénale de proximité, avec un déploiement de policiers supplémentaires dans les semaines à venir, et une expérimentation avec la police municipale niçoise. Samedi 25 juillet 2020, le discours du Premier ministre d’une quinzaine de minutes, prononcé devant la préfecture, veut que : « la seule loi qui vaille, c’est celle de la loi républicaine et de l’État de droit. La seule autorité qui doit s’appliquer au quartier des Moulins comme partout ailleurs, c’est celle de l’État et de la République.« 

[VIDEO] « La sécurité, c’est l’affaire de tous »

À Nice, Jean Castex a aussi fait une balade urbaine dans le quartier des Moulins, un lieu dit « du trafic de drogue de la ville, » et récemment un quartier qui a vécu d’importantes scènes de violences sur plusieurs jours.

« On veut une police, on veut une sécurité »

Apparemment, des habitants étaient spontanément présents, autour de Christian Estrosi, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Jean Castex. « Nous on est avec lui [le maire de Nice], mais il faut l’aider. » Un bon début de dialogue avec la « foule. » Puis l’homme dérape un peu : « est-ce qu’il faut pas légaliser cette drogue-là ? » Il a voulu aborder la question de la légalisation, elle est restée sans réponse. Ici on vient chercher le cri du peuple, pas sa réflexion. Heureusement, un autre avait quant à lui la bonne réplique : « on veut une police, on veut une sécurité… » Et cette fois le Premier ministre sait quoi répondre : « Vous avez raison ! » Séquence vidéo pour valider l’action sur le petit trafic, loin des yachts, l’autorité de l’État est venue se faire adouber par les citoyens niçois du quartier.

[VIDEO] « Répondre par du concret aux problèmes des gens »

Jean Castex l’affirme : « aller sur le terrain et répondre par du concret aux problèmes des gens. À Nice, les effectifs de police seront remis à niveau et 60 gradés et gardiens seront déployés dans les semaines à venir. » Pour le ministre, il s’agit donc d’une simple remise à niveau des effectifs de la ville.

L’extension des compétences de la police municipale

Le Premier ministre souhaite aussi « renforcer l’action pénale de proximité pour la répression de la délinquance du quotidien, » avec la création de 150 emplois supplémentaires d’ici la fin de l’année. Convaincu par le renforcement de l’action de proximité , Jean Castex a annoncé l’expérience niçoise qui sera menée pour tester l’extension des compétences de la police municipale. Tout en précisant que cela se fera avec les ministres Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, « pour déployer des moyens sur le terrain. » Pourquoi ? Sa réponse : « la sécurité, c’est aussi et d’abord la proximité, » insiste Jean Castex. « Ici à Nice, comme ailleurs, je vais agir.«