La CGT n’a pas pour habitude de communiquer lors d’un scrutin municipal, mais les enjeux sociaux de l’après COVID, les derniers feuilletons des municipales à Montpellier avec la campagne médiatique autour de Clothilde Ollier ne nous permettent plus de garder le silence. 

Nous nous devons de préciser que les choix de Clothilde Ollier qui n’occupe aucune responsabilité dans notre organisation sont des choix personnels qui n’engagent en rien la CGT. C’était vrai hier, ça l’est encore plus aujourd’hui. 

Précisons encore, que la CGT n’oublie pas que le patron Altrad est loin d’être un patron modèle avec ses salarié-es, les syndicalistes que nous sommes n’oublient pas non plus qu’en pleine lutte contre la loi travail le patron Altrad s’est prononcé contre le Code du Travail, et pour la fermeture des Conseils des Prud’hommes. C’est donc bien un représentant du patronat, et de la droite la plus dure qui se présente à Montpellier. 

L’épreuve terrible que nous traversons mérite mieux que ces vaudevilles pathétiques qui abaissent le débat public. Il monte de la société une exigence pour élever le débat démocratique. 

Puisque certain-es ont jugé bon de nous convoquer dans cette campagne. 

Comme au premier tour la CGT, appelle à battre partout où ils sont encore en lice les candidatures de l’extrême droite et les soutiens d’hier et d’aujourd’hui du président Macron. 

Alors que nous sommes contraints de reprendre le chemin de la lutte après une crise sanitaire sans précédent parce que celles et ceux qui nous gouvernent souhaitent imposer de nouvelles régressions sociales, que le patronat s’arque boute sur ses privilèges et prépare de nouvelles charrettes de licenciements, nous constatons une nouvelle accélération de la crise sociale qui touche plus durement les jeunes et les femmes. Alors que le gouvernement s’enferme dans une dérive violente et liberticide, nous attendons des élu-es politiques qu’ils soient à nos côtés sans ambiguïté pour défendre les libertés publiques, les droits et garanties collectives, qu’ils facilitent et garantissent l’activité syndicale. Qu’ils soient des relais pour engager sans attendre un plan d’urgence sociale, et des politiques environnementales qui tournent résolument le dos aux diktats libéraux. Nous attendons des futur-es maires qu’ils garantissent dans leurs collectivités les CHSCT, le droit de grève, et le statut de leurs agents. 

Alors que tout le monde s’accorde à dire qu’il existe une urgence environnementale, nous tenons à rappeler que plus un gramme de frêt n’arrive ou ne quitte la métropole par le rail, entrainant les nuisances sur la route et les pollutions que tout le monde constate. Pourtant à Montpellier, il existe encore des infrastructures permettant de garantir un retour du frêt ferroviaire, pourtant notre département dispose d’un port à Sète et d’une liaison possible par train ou péniche. Il y a là de véritables solutions pour réduire la pollution, et créer de l’emploi, retrouver une activité industrielle. Engager des politiques départementales et régionales ambitieuses. Il faut mettre fin au tout camion ! 

Alors que tout le monde constate la détérioration de notre système de soins, nous attendons des élu-es politiques qu’ils soutiennent les personnels qui revendiquent embauches et revalorisations salariales, qu’ils nous soutiennent pour engager un plan de rénovation et modernisation de nos hôpitaux, nous proposons de couvrir le territoire avec des services d’urgence de proximité et des maisons de santé et centres de santé pour répondre aux besoins des populations. 

Alors que nous-nous sommes trouvé-es dépourvu-ess des matériels de protection nécessaires pour protéger les travailleurs-ses et les populations contre la maladie, nous attendons de l’ensemble des élu-es politiques qu’ils s’emploient à aider à la réindustrialisation de notre région et assurent une activité pérenne en faisant systématiquement le choix des productions régionales. 

Alors que des menaces pèsent sur nos emplois, nous attendons des élu-es politiques qu’ils privilégient systématiquement dans les appels d’offres les entreprises qui disposent des plus grandes garanties sociales (accords d’entreprises, institutions représentatives du personnel, salaires supérieurs à la convention collective…) et non le moins-disant social. 

Alors que nous avons été confronté-es à une reprise difficile des activités scolaires des investissements doivent être réalisés pour moderniser agrandir ou construire les locaux nécessaires à un accueil qualitatif des enfants, lors des cours, de leur restauration ou de leurs activités périscolaires. Plus généralement, nous attendons de nos élu-es un soutien sans faille envers les services publics et leurs personnels ce qui passe par un engagement pour réduire partout la précarité et garantir des emplois au statut. 

Concernant la situation des personnes âgées, maintenues à domicile ou hébergées en Ehpad, la crise du COVID démontre que les revendications des personnels et de leurs syndicats réclamant des plans d’embauche massifs sont justifiées. Nous appelons par ailleurs à sortir ces activités du système marchand en créant un grand service public et la création d’un 5ème risque de la branche maladie. 

Mardi 16 juin, nous serons de nouveau mobilisés partout sur le département et dans plusieurs secteurs professionnels pour reconquérir un système de soin de qualité et une sécurité sociale dignes du XXIème siècle. 

CGT Montpellier, le 12 juin 2020

UD CGT 34