Allocution du Président de la République. Emmanuel Macron s’adressait à la Nation, ce dimanche 14 juin, à 20 heures, trois mois après le début du confinement décidé, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

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Que retenir d’un discours pansement d’une Nation blessée ? Ce dimanche, la nouvelle est tombée, dès demain, l’ensemble du territoire, à l’exception de Mayotte et de la Guyane, passera en zone verte.

Réouverture totale des écoles, crèches et collèges, dès le 22 juin

À partir du lundi 22 juin, comme l’a annoncé le Chef de l’État, « les crèches, les écoles, les collèges se prépareront à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves de manière obligatoire et selon les règles de présence normales. Il faudra continuer d’éviter au maximum les rassemblements, car nous savons qu’ils sont les principales occasions de propagation du virus. Ils resteront donc très encadrés. Le second tour des élections municipales pourra se dérouler dans les communes concernées, le 28 juin. Enfin, pour nos aînés en maison de retraite ou en établissement, les visites devront désormais être autorisées. »

Du côté des relations européennes et internationales, la circulation dans « les États hors d’Europe, où l’épidémie sera maîtrisée » pourra reprendre, dès le 1er juillet.

Si le Président se réjouit d’une victoire contre le virus, la pandémie n’est pas encore terminée a-t-il tenu de rappeler, « la lutte contre l’épidémie n’est donc pas terminée. Mais je suis heureux, avec vous, de cette première victoire contre le virus ».

Une relance économique, sans augmentation des impôts

L’information est importante. Il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. « L’économie mondiale s’est quasi arrêtée », a ainsi pu expliquer le Président, tout en soulignant l’effort financier fait par le pays.  Emmanuel Macron a exclu, lors de son discours, toute augmentation d’impôts, « nous ne financerons pas ces dépenses en augmentant les impôts. Notre pays est déjà l’un de ceux où la fiscalité est la plus lourde, même si, depuis trois ans, nous avons commencé à la baisser ».

Au-delà de cet objectif louable pour de nombreux foyers du pays, le Président a promis (et l’avenir dira, s’il tient promesse), de tirer toutes les leçons de cette crise (presque) sans précédent, « je veux que nous tirions toutes les leçons de ce que nous avons vécu et, avec vous, comprendre ce que nous avons mieux réussi ou moins bien réussi que nos voisins ».

Emmanuel Macron appelle à l’unité de la République, sans « réécrire » l’histoire ou de « déboulonner » des statues.

C’était un point attendu de son discours. Emmanuel Macron a tenu à rappeler les fondements de l’unité républicaine tout en mettant en garde contre le communautarisme, et en saluant les forces de l’ordre, pilier de l' »ordre républicain », « nous serons intraitables face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations. Et de nouvelles décisions fortes pour l’égalité des chances seront prises », « ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé. Ce combat est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes. Je vous le dis très clairement ce soir, mes chers compatriotes, la République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier pour bâtir un présent et un avenir possibles d’une rive, l’autre de la Méditerranée, avec une volonté de vérité et en aucun cas de revisiter ou de nier ce que nous sommes. »

Le Chef de l’État a aussi évoqué la piste d’une décentralisation renforcée, « je veux ouvrir pour notre pays une page nouvelle donnant des libertés et des responsabilités inédites à ceux qui agissent au plus près de nos vies. Liberté et responsabilité pour nos hôpitaux, nos universités, nos entrepreneurs, nos maires et beaucoup d’autres acteurs essentiels. »

Un Président de la République « réinventé », pour reprendre ses mots, devrait s’exprimer à nouveau en juillet, devant les Français.