Montpellier : Pour les anciens colistiers de Clothilde Ollier, « les masques tombent, à tous les niveaux »

Marc Le Tourneur, la députée LFI, Muriel Ressiguier et Nelly Lacince (CR)

Jeudi 4 juin 2020, la majorité des anciens colistiers de Clothilde Ollier tenaient une conférence de presse pour évoquer « la trahison politique » de leur ancienne tête de liste.

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Pour les anciens colistiers, il était, plus que temps, de clarifier les choses. Et c’est la députée La France insoumise de l’Hérault qui lance le bal, expliquant de but en blanc, « on a été trahis politiquement ». Démasquée, mais habillée d’un visible dégout pour la situation, Muriel Ressiguier (ancienne n°65) poursuit, « nous avons été trahis, mais elle [Clothilde Ollier] a surtout trahi tous les électeurs de gauche qui lui ont fait confiance ».

47 anciens colistiers de Clothilde Ollier rejettent l’alliance Altrad – « Nous sommes n’importe qui, nous avons l’écologie en commun ».

Et ce qui choque le plus la députée insoumise, c’est « l’absence absolue de démocratie », les partenaires politiques de Clothilde Ollier, expliquant avoir découvert la situation une fois accomplie, et avoir seulement été consultés quelques heures après le dépôt de liste. Une position partagée par Nelly Lacince (ancienne n°3), « je rajouterai à la trahison, le mot mensonge ». Même constat pour Marc Le Tourneur, « ce qui m’a frappé, c’est le mensonge de Clothilde Ollier ».

Surtout, les anciens colistiers fustigent la réaction de Clothilde Ollier, et l’absence de vote. Comme l’explique Nelly Lacince, « pour Doulain, au moins, c’est une aventure collective, car il y a eu un vote, alors que pour Clothilde Ollier, c’est une aventure individuelle ».

Pour Vincent Nourigat, ancien n°2 et co-responsable d’une fédération d’associations paysannes en Occitanie, l’amertume est forte « je pensais qu’il y avait un projet politique », « j’ai l’impression d’avoir été utilisé comme un pion », « j’étais l’étiquette écologiste, sur cette liste ». Pour Gemel Ben Saïd (ancien n°6), une chose est sûre « nous ne dirons pas, merci patron ! »

Dans un communiqué de presse, la France insoumise renvoie les candidats dos à dos.

« À Montpellier, la France insoumise a appris avec consternation le choix fait par certain·es membres de la liste Nous Sommes de rallier le candidat milliardaire Mohed Altrad. Elle ne peut cautionner une fusion avec un candidat soutien de la politique du gouvernement, ayant cherché à obtenir l’investiture LREM. En conséquence la France insoumise n’est pas engagée dans le second tour des élections municipales à Montpellier. Elle ne donne aucune consigne de vote. »

Une position qui ne va pas assez loin, pour la députée de l’Hérault, qui attendait une dénonciation plus forte du ralliement de la candidate Nous Sommes, soutenue par La France insoumise, au milliardaire Mohed Altrad.

Surtout la députée s’inquiète de la montée de cette nouvelle forme de populisme, la « naissance d’un mouvement 5 étoiles à Montpellier », « on espère que cela ne préfigurera pas ce qui se passera en France », « la Droite et la Gauche ce n’est pas la même chose », mais « cela ne veut pas dire que la politique est pourrie dans son ensemble », « les gens doivent redevenir acteurs ». « Nous avons pris nos responsabilités, et nous attendons de la France insoumise, plus qu’un communiqué ».

Même position pour Boris Chenaud (ancien n°4), « du côté de Nous Sommes, il y a une expérimentation d’un Mouvement 5 étoiles à la montpelliéraine », c’est un « problème politique, avec la fascination d’un court-circuit ».

Pas d’appel à voter pour Michaël Delafosse

Enfin pas encore, pas pour le moment. En dehors, du mouvement Génération.s qui s’est déjà prononcé pour le soutien au candidat socialiste, Confluence et ses partenaires ne se sont pas encore décidés à donner de consigne de vote.

Une consultation des militants, dans les prochains jours, doit encore trancher la question, mais Boris Chenaud précise, l’esprit général, « pour nous, les trois listes ne sont pas à égalité », « pas une voix, ne doit aller à Altrad ou Saurel ».