C’est presque un cliché ! Alors que les forces de l’ordre étaient plutôt « vigoureuses » avec plusieurs dizaines de Gilets Jaunes éparpillés sur la Comédie, samedi 16 mai. Le dimanche, elles pouvaient sembler presque béates, devant les incantations à Jeanne d’Arc que devait peut-être lancer Richard Roudier, patron de la Ligue du Midi.

Une connivence qui aurait pu passer inaperçue, sans les fulgurances autoritaires de M. Roudier et ses amis. Une habitude chez cet homme. Agité, le mot est faible. Intimidation envers les migrants, actions violentes, et provocations face à la presse : son groupe qui se veut identitaire, pratique la menace, depuis plusieurs années déjà.

Benjamin Téoule, journaliste et fondateur du média Le d’Oc s’était fait agresser et bousculer, devant le club de la presse, en mai 2019. Ce 17 mai 2020, c’était au tour d’Ysis Percq journaliste, mandatée par l’AFP (Agence France-Presse). Plus grave, celle-ci s’est fait dérober son outil de travail. Et ses prises de vue ont été effacées, confie-t-elle :
L’un d’entre eux a même collé son visage au mien (j’étais masquée, mais pas lui). Puis, un militant est arrivé en courant derrière moi, s’est emparé de mon téléphone, puis s’est enfui. 

Ysis Percq, journaliste raconte, ainsi dans un Thread sur son compte twitter, comment ces groupes d’extrême droite ont tenu à la faire partir. Vociférations du boss Richard Roudier :
C’est privé ici, madame, dégagez !
Dans son droit la journaliste lui répond
Non, c’est une rue ici, monsieur. Ce n’est pas privé.

Ce rassemblement avait été interdit par la préfecture. Pourtant, une bonne trentaine d’individus composée d’identitaires : d’Action française, des Volontaires pour la France, et de La Ligue du Midi se sont regroupés dans le quartier des Beaux-Arts, statue de Jeanne d’Arc en prime, et police nationale apparemment complaisante. Ça s’interpelle même par le prénom :
— T’as 5 minutes Richard, pas plus. Lance un policier.

Céline Cammarata, Présidente du club de la presse : “Nous allons suivre avec beaucoup d’attention les suites juridiques…”

L’insoutenable légèreté de la police avec la Ligue du Midi reste étonnante. De son côté, le Club de la presse d’Occitanie veut “un signal fort de la part des autorités compétentes” et “condamne fermement ces exactions qui malheureusement ne sont pas les premières de la part de la Ligue du Midi,” explique Céline Cammarata présidente, sur le compte twitter du Club. En précisant : “nous tenons à apporter tout notre soutien à notre consœur […] Nous allons suivre avec beaucoup d’attention les suites juridiques qui, nous espérons, vont être données.»

Hussein Bourgi : “je condamne solennellement ces faits attentatoires à la liberté de la presse. »

Dans un courrier à l’attention de Jacques Witkowski, Préfet de l’Hérault, de Fabrice Belargent, Procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Montpellier, et de Yannick Blouin, Directeur Départemental de la Sécurité Publique de l’Hérault, Hussein Bourgi, Premier Secrétaire Fédéral de l’Hérault du Parti socialiste précise : “je condamne solennellement ces faits attentatoires à la liberté de la presse, qui est l’un des fondements de tout régime démocratique.” Puis “je m’étonne que cette manifestation ait pu se dérouler en dépit de l’arrêté d’interdiction de la Préfecture de l’Hérault.

Vigilance : en toute logique Hussein Bourgi souhaite connaître les suites qui seront données à “la violation de l’arrêté préfectoral par les organisateurs et les participants à cette manifestation,” ainsi qu’a la plainte portée par la journaliste Ysis Percq, contre l’un des auteurs du vol de son outil de travail.