En période de crise sanitaire, les premiers dirigeants des syndicats CGT de l’énergie du périmètre Languedoc Roussillon lancent un appel pour la protection de tous les salariés.

Pour les signataire, en ce 74ème anniversaire de la nationalisation du gaz et de l’électricité, « cette crise remet en évidence aussi le besoin de services publics de qualité et le besoin de revenir à leurs fondements qui avait conduit à la nationalisation de la plupart d’entre eux« .


En ce 8 avril 2020, jour du 74ème anniversaire de la nationalisation de l’électricité et du gaz, nous réaffirmons avec force que L’ENERGIE n’est pas une marchandise comme les autres mais bien une ressource vitale devant constituer un bien commun  !!!!

Nous sommes dans une crise sanitaire historique à l’échelon national et international avec un pic épidémique qui n’est toujours pas atteint en OCCITANIE. Une crainte à appréhender, à anticiper à la lecture de « l’Epreuve épouvantable» qu’ont vécue et vivent encore les peuples de Chine depuis plusieurs mois, d’Italie et d’Espagne depuis plusieurs semaines et du nord de la France depuis plusieurs jours…

Dans cette séquence qualifiée de « guerre », les personnels hospitaliers, de l’Action Sociale, des EHPAD, de l’Aide à domicile mais également de toutes les activités essentielles grande distribution et commerces alimentaires, agroalimentaire, transports, logistique, pharmacie, information, des fonctionnaires d’État et territoriaux, et des agents, de l’eau, des déchets, la poste, les pompiers, et bien sûr de l’ENERGIE … sont en première ligne de cette guerre.

Dans ce contexte, la seule « arme » qui semble faire consensus est le confinement pour limiter l’interaction et relever le défi de la propagation !

Aujourd’hui, nous apprenons avec « stupéfaction » que des directions d’entreprises dans plusieurs secteurs « non essentiels » organiseraient la reprise d’activité de production y compris AIRBUS faisant même pression sur l’ensemble de sa filière de sous-traitance AERONAUTIQUE.

Par la présente, nous secrétaires généraux des syndicats CGT des électriciens gaziers d’Occitanie souhaitons :

  • nous approprier, partager et amplifier tant sur le fond que sur la forme la démarche engagée et le contenu développé par nos camarades de la santé dans la tribune diffusé il y a quelques jours dans les médias,
  • Alerter sur l’irresponsabilité d’une telle perspective et la présente n’est pas de dénoncer un SCANDALE SANITAIRE mais bien d’éviter une CATASTROPHE SANITAIRE !

Reprendre l’activité serait suicidaire pour toutes et tous !

Nous, secrétaires généraux des syndicats CGT des électriciens gaziers du Languedoc-Roussillon ne comptons pas laisser les salariés dans leur entier, constituer la chair à canon de ce secteur essentiel.

Si votre travail n’est pas immédiatement nécessaire à la lutte contre la maladie et à la vie confinée, ne sortez pas de chez vous. L’heure est à la fermeture et à l’arrêt immédiat de l’ensemble des activités non essentielles.

Cette séquence qualifiée de guerre rappelle que l’énergie est une ressource essentielle au fonctionnement de notre société et de notre vie à tous…

Cela rappelle pourquoi le 8 avril 1946 l’électricité et le gaz, avaient été considérés comme des ressources vitales et stratégiques, devant être sanctuarisées comme un bien commun dans un service public nationalisé avec des personnels protégés par un statut de haut niveau. Malgré la volonté destructrice de ce modèle, cette dimension fondatrice est viscéralement attachée à l’ensemble des agents électriciens gaziers et constitue leur principale fierté.

Conscients de leur place et de leur rôle dans le fonctionnement de la société, les électriciens et gaziers sont toujours restés engagéS dans des actions fidèles à leurs valeurs de solidarité, et sont pleinement mobilisés aujourd’hui dans le combat, celui de la résistance face au virus. C’est avec cette même volonté qu’ils mettent aujourd’hui les centres de vacances, propriétés de leur Caisse Centrale d’Activités Sociales, à la disposition des personnes à risque pour leur assurer un confinement décent. Ces centres de vacances sont également à la disposition des mal-logés ou des personnels soignants.

Les électriciens gaziers s’organisent pour garantir et assurer la continuité du service pour combattre le virus, d’une part aux hôpitaux et d’autre part aux secteurs essentiels et à l’ensemble des usagers pour assurer le confinement le plus strict.

La seule arme qui fait consensus dans le période est le confinement. Alors en CONSÉQUENCE, les électriciens gaziers comptent agir en responsabilité en priorisant leur activité sur des tâches essentielles soit :

  • L’exploitation et le dépannage des sites stratégiques de Production, de transport, de stockage et de distribution d’énergie,
  • La mise en sécurité des personnes et des biens,
  • Le rétablissement à la puissance totale des foyers déjà coupés ou en limitation de puissance
  • Le maintien en énergie et la mise en service des installations desservant entreprises, exploitations agricoles et services publics essentiels,
  • Les mises en service des seuls ateliers, services publics, ou entreprises permettant de répondre à de nouvelles productions pour répondre aux besoins de la période,
  • Le maintien en énergie et la mise en service des installations desservant uniquement des habitations principale,
  • La réponse à l’appel d’urgence (sécurité, manque d’énergie, demandes de raccordement dans les cas cités précédemment) en télétravail.

Hors de ce cadre, toute intervention serait totalement à contrecourant des exigences du moment pour ralentir la propagation du Covid19 et l’asphyxie des structures hospitalières.

De ce fait, cette action ciblée induit,

  • La Fermeture des sites non productifs et non stratégiques (plate-forme, etc.) ;
  • L’arrêt des Coupures et des limitations d’énergie pour des raisons financières ;
  • La Maintenance et la mise en service des résidences secondaires ;
  • L’arrêt des chantiers d’investissement programmés, …

Cette action ciblée est d’autant plus nécessaire pour éviter la propagation du virus au sein des effectifs et préserver un maximum de capacités opérationnelles pour ces actes techniques nécessitant des compétences particulières.

Une activité, des agents indispensables à l’intérêt de tous, qui rappelle que tous les moyens sans discussion doivent être mis en œuvre pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs de l’énergie.

Nous secrétaires généraux de syndicats CGT de l’Energie, considérons que cette impérieuse nécessité s’applique au-delà des personnels sous statut à l’ensemble de la chaîne de sous-traitance.

Dans ce cadre, seules les entreprises indispensables à l’accomplissement de tâches essentielles doivent être sollicitées et mobilisées avec les matériels et procédures adaptés à la situation. En toute autre situation, les représentants du personnels CGT déclencheront la procédure de danger grave et imminent comme cela a déjà été le cas à GRDF et droit d’alerte à Enedis.

Pour cela, nous appelons à la responsabilité des pouvoirs publics qui doivent agir sans « ambiguïté » et prendre réellement toutes les mesures nécessaires pour que le confinement soit généralisé et efficace. Le principe de précaution implique l’interdiction des licenciements et le maintien intégral des salaires avec l’octroi immédiat et sans délai du dispositif de chômage partiel afin de permettre aux salariés des entreprises « non essentielles » de subvenir à leurs besoins fondamentaux et à ceux de leurs familles. De la même manière, en tant qu’entreprises « donneuses d’ordre », les entreprises de la branche des IEG ont la responsabilité des salariés de leurs prestataires. A ce titre, elles doivent assurer leur sécurité financière, pourquoi pas par l’embauche statutaire de ceux exerçant des activités maitrisées à l’interne des entreprises de la branche et actuellement sous traitées. Dans la continuité, les entreprises de la branche ont aussi à assurer la sécurité financière des intérimaires et CDD qu’elles emploient en lieu et place d’emplois statutaires. C’est le procédé à l’embauche statutaire de tous les intérimaires et CDD et notamment ceux embauchés pour des « surcroîts temporaires d’activité » qui durent parfois depuis plusieurs années !

Pour autant, l’arrêt de chaque appareil, sous-entend aussi d’avoir fait vivre l’intelligence collective au travers de la question de la réorientation de la production ou du service, pour apporter le cas échéant, une éventuelle contribution à la réponse aux besoins de la période.

Depuis des années, les agents de l’énergie ne cessent de combattre les restructurations, les choix politiques de casse de services public et du statut au seul mot d’ordre de la concurrence et de la marchandisation. Ce processus destructeur entraine le bradage d’activités et de ressources au secteur privé, externalisations, baisses d’effectifs, fermetures d’accueils, baisses des investissements destinés aux infrastructures, à la recherche et au développement avec ses conséquences sur la continuité du service et sa sécurité.  ! Des choix qui ne sont que le reflet du jusqu’au-boutisme « fou » et irresponsable d’un capitalisme, mondialisé, financiarisé, court-termisme privilégiant la course aux profits au détriment de l’intérêt général.

La période dramatique que nous vivons confirme que les fondamentaux de notre société doivent changer pour que nous ne vivions « plus jamais ça ». La première richesse de ce pays, ce sont les Hommes et les Femmes qui y vivent et qui y travaillent. La situation démontre que certaines activités sont indispensables, stratégiques et doivent être définitivement retirées du champ de la marchandisation et de la concurrence. Les salariés en première ligne aujourd’hui, ces travailleuses et ces travailleurs depuis longtemps dénigrés et sous-payés (fonctionnaires, caissières de supermarchés, livreurs, salariés des plateformes, personnel hospitalier, énergéticiens, personnel des services des eaux, aide et maintien à domicile…) mesurent jour après jour leur place et leur rôle dans la société et tout un chacun mesure qu’il ne pourrait pas vivre sans eux. Leurs activités doivent être sanctuarisées comme un bien commun et les personnels doivent être protégés par un statut qui témoigne de la reconnaissance que nous devons avoir pour leur travail.

Au travers de cette prise de conscience générale, il s’agit maintenant de se hisser à la hauteur de la crise, tant au national qu’à l’international et d’organiser la Résistance capable d’apporter la perspective d’un projet de société permettant d’affronter le présent et de bâtir l’avenir ! C’est tout le sens de la Tribune du vendredi 27 mars sur France Info « Plus jamais ça ! Préparons le ‘jour d’après' » de 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales lançant un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes […] pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

Comme l’indique les statuts de la CGT « Les mutations du monde et des sociétés appellent à de nouvelles conquêtes sociales garantissant les droits fondamentaux des personnes et le respect des peuples, assurant que les richesses, fruit du travail des hommes, financent le progrès social, le bienêtre et qu’elles concourent, au travers d’un nouveau type de développement, à la sauvegarde de la planète. »     

Cette rupture impérative impose de sortir immédiatement du carcan mortifère d’une société d’un temps passé.

Comment alors, ne pas condamner dans cette période les discours du gouvernement visant à préparer les Peuples à payer l’addition, et bien entendu, les Actes consistant à poursuivre après le 49.3, son action « forcenée »de destruction massive des droits sociaux en procédant dans l’urgence par ordonnance entre autres à l’augmentation du temps de travail à 60H par semaine ! Comment ne pas s’indigner du seul discours culpabilisateur répressif au travers d’un confinement révélant le premier effet de la précarité, de la pauvreté, et première source d’inégalité en l’occurrence la situation intolérable du mal logement, voire l’absence de logement pour certains, dans notre pays ?

Le temps est à organiser la société pour économiser, protéger les travailleurs et les travailleuses des secteurs « essentiels » et permettre à chacun d’accéder au confinement le plus strict pour le bien de tous. Les mesures qui vont dans un autre sens sont inacceptables.

Nous secrétaires généraux des syndicats CGT des salariés des Industries Électrique et Gazière du Languedoc-Roussillon, appelons à la MOBILISATION DES SALARIES DES ACTIVITÉS NON ESSENTIELLES AU NOM D’UN SEUL MOT D’ORDRE : « LE PRÉSENT ET L’AVENIR SONT ENTRE NOS MAINS, SOYONS UNIS, MOBILISÉS, AUJOURD’HUI, DONNEZ VOS MASQUES, DÉPOSEZ VOS OUTILS DE TRAVAIL ET RESTEZ CHEZ VOUS POUR VOUS PROTÉGER, NOUS PROTÉGER TOUS.
POUR DEMAIN ÊTRE PLUS FORT POUR IMPOSER ENSEMBLE, UNE AUTRE SOCIÉTÉ ET VIVRE « DE NOUVEAUX JOURS HEUREUX !!!! »

Signataires de la tribune :

  • Gilles BOUIS, secrétaire général du syndicat CGT des Ingénieurs Cadres Techniciens de l’énergie de l’Aude.
  • Xavier CHARREYRON, secrétaire général du syndicat CGT de l’énergie des Pyrénées Orientales.
  • François LEFEBVRE, secrétaire général du syndicat CGT de l’énergie de l’Hérault.
  • Luc LLORCA, secrétaire général du syndicat CGT des Ingénieurs Cadres Techniciens de l’énergie de l’Hérault.
  • Slimane MADADI, secrétaire général du syndicat CGT de l’énergie du Gard.
  • Francisco POLICARPO, secrétaire général du syndicat CGT de l’énergie de l’Aude.