Coronavirus et municipales, Emmanuel Macron a tranché. Après une journée marquée par un nouveau bilan en Italie, avec plus de 1 000 morts causés par l’épidémie et un krach dans les Bourses européennes. Ce jour, à 20h00 voit le Président détailler les mesures pour ralentir l’épidémie en France.

Selon le dernier bilan officiel, communiqué mercredi dans la soirée, il y aurait, à présent, 48 décès et 2.281 cas confirmés en France, depuis le début de l’épidémie. En 24h, il y a eu 15 nouveaux décès et 497 cas de plus. 105 personnes sont actuellement en réanimation.

« Nous ne sommes qu’au début », Emmanuel Macron

« Cette épidémie qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens, c’est la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle. » Le président salue le travail des soignants, et le sang froid des Français : « durant plusieurs semaines nous avons préparé et agi », puis retour à la réalité de l’instant, avec gravité et lucidité : « nous ne sommes qu’au début. »

Élections municipales, rien ne s’y oppose

Le premier tour des élections municipales, prévues le 15 est maintenu. Pour le chef de l’État, il faut : « assurer la continuité de notre vie démocratique » ; « J’ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales, dont le premier tour se tiendra dans quelques jours. Ils considèrent que rien ne s’oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes. Mais il conviendra de veiller au respect strict des gestes barrières et des recommandations sanitaires, contre le virus. »

Dès lundi fermetures en grand

« Mais pour notre intérêt collectif, dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés. Fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus. »

Transports publics maintenus

« Les transports publics seront maintenus, car les arrêter, ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de soigner. »

Santé et moyens financiers

« La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu’il en coûte. »

Économie

Emmanuel Macron souhaite protéger autant l’entreprise que les salariés : « nous n’ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés. Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. » Et de préciser : « Quoiqu’il en coûte, là aussi. » Et côté pratique : « dans les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et SIPH de chômage partiel sera mis en œuvre […] L’État prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux […] Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants, et donc nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique. »

Social : report de la trêve hivernale de deux mois

Côté social : « cette épreuve exige aussi une mobilisation sociale envers les plus démunis, les plus fragiles. La trêve hivernale sera reportée de deux mois.« 

Et sursaut de réalisme politique Emmanuel Macron : « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » Philosophie : le Président semble vouloir tirer les leçons du moment que la planète vit : « il faudra […] interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies […] Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »

Déléguer à d’autres est une folie

Puis une réflexion : « déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie, au fond à d’autres, est une folie. »

Les premières réactions

Quelques minutes après la déclaration solennelle du Président de la République, Michaël Delafosse a été parmi les premiers à réagir. Il tient à « affirmer son soutien aux personnels de santé mobilisés face à la pandémie », souligne que le « Président s’est exprimé avec la gravité qui s’impose » et confirme que « le temps n’est pas aux polémiques mais à l’unité » (de la Nation, ndlr). Il confirme qu’il poursuit « en responsabilité, la campagne démocratique pour les municipales à Montpellier » dont le 1er tour est prévu ce dimanche 15 mars.

Quelques minutes plus tard, Alenka Doulain a tenu à réagir par un communiqué de presse. Elle y affirme notamment qu’elle et le mouvement « Nous Sommes Montpellier » qu’ils « feront tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser la bonne tenue du scrutin à venir ».  La candidate rappelle que son équipe « n’a eu de cesse de dire que la résilience de notre territoire face aux crises écologiques, sociales et sanitaires est l’enjeu majeur de notre époque. Plus que jamais, c’est la solidarité qui doit nous animer. »

L’Agence régionale de santé confirme ce soir 32 nouveaux cas de coronavirus en Occitanie. À cette heure, la région compte 150 cas confirmés, répartis dans 11 départements.

Revoir l’intervention de 27 minutes du chef de l’État :