[VIDEO] Pour Montpellier, « nous travaillons pour les habitants et on ne fait pas dans la démagogie ! »

"Montpellier La Citoyenne" en conférence de presse (© Melody Noisette)

Agacés de lire récemment dans le cadre des Municipales à Montpellier, des propositions qu’ils ont qualifiées de « démagogiques », « infaisables », voir « farfelues », l’état major de la liste « Montpellier La Citoyenne » a souhaité « rétablir certaines vérités », chiffres à l’appui, sur l’avenir de la cité héraultaise. 80 minutes chrono pour tout clarifier, juste avant le week-end, à une semaine du 1er tour.

VOIR AUSSI : [VIDEO] Entre stratégie politique et errance démagogique (?), Philippe Saurel prépare un deuxième mandat

Le point presse a été annoncé quasiment à la dernière minute. Les colistiers présents, eux, avaient visiblement très bien préparé leur coup. Le doyen de la liste « Montpellier La Citoyenne » Max Lévita était entouré de Sonia Kerangueven, adjointe à la réussite éducative dans l’équipe sortante et d’Abdi El Kandoussi, actuel directeur de campagne du candidat Saurel et conseiller municipal sortant. Quid de Philippe Saurel ? « On fait souvent le reproche à Philippe Saurel, qu’il ne délègue rien. Alors aujourd’hui, il nous a chargé de rétablir certaines vérités » balaie Abdi El Kandoussi.

«C’est démagogique de dire que la gratuité des transports est faisable ! »

Habitué de longue date au combat politique, Abdi El Kandoussi a probablement tout lu et tout entendu sur l’avenir du réseau de TAM depuis le début de l’année 2020. En sa qualité de Président de l’entreprise TAM Voyages, il a habilement évité de citer ses opposants, mais n’a pas manqué de tacler leurs propositions.

« Il est quasiment impossible de mettre en place la gratuité sur le réseau TAM. Cela coûterait des dizaines de millions d’euros, entame, catégorique, l’élu avant d’ajouter que « d’un point de vue social, on met 130 personnes, les contrôleurs, au chômage et 130 familles du jour au lendemain, dans des situations financières compliquées. C’est évident. Sur un réseau gratuit, les contrôleurs ne contrôlent plus donc ils ne servent plus à rien ». Imparable.

« J’entends ici et là que ce même candidat prend l’exemple de Dunkerque où la gratuité a été mise en place », rappelle l’actuel patron de TAM Voyages. « Il faut être sérieux. Je n’ai rien contre Dunkerque, mais son agglomération c’est 200 000 habitants environ. Leur réseau de transports en commun n’a rien à voir avec le nôtre. Nous avons actuellement 4 lignes de tramways et 40 lignes de bus. Nous avons lancé les travaux de la 5e ligne de tram », énumère, serein, le colistier de Philippe Saurel.

Décidément très en forme, Abdi El Kandoussi revient, sans le citer, sur la proposition faite par Mohed Altrad, de « casser le contrat en cours » liant TAM et Montpellier Métropole. « Une telle proposition est irresponsable, surtout venant d’un chef d’une entreprise multinationale », cingle l’élu.

« Casser un contrat, c’est toujours possible, effectivement », reconnaît Max Lévita, venu en appui de son colistier, avant d’ajouter, tranchant, « mais la TAM est une entreprise à part entière. Casser un contrat, ça a un coût. Les pénalités qu’évoque ce candidat, il faut les payer. TAM viendra à la métropole et présentera une facture qu’il faudra payer ». Le PDG fondateur de la multinationale éponyme appréciera.

Le Monsieur TAM de l’actuelle mandature précise que « les travaux sont commencés sur la ligne 5, que la commande de 51 bus à hydrogène est passée et qu’une ligne 6 de tramway entre les 2 gares est envisagée et ne coûtera rien à nos concitoyens », ajoute, décidément bavard, Abdi El Kandoussi, soucieux de démontrer que de nombreux projets sont déjà lancés pour la décennie à venir.

« Ils proposent du copier-coller de ce qu’on a fait ! »

Moins habituée aux joutes politiques que ses deux colistiers masculins, Sonia Kerangueven n’a pas perdu une miette du début de la conférence de presse. Son thème de prédilection à elle, c’est l’éducation et, plus globalement, la réussite éducative des jeunes montpelliérains. Discrète au début du point presse, lorsque celle-ci prend la parole, chaque mot est pesé, le sourire ne disparaît presque jamais mais à la fin, le résultat est sans pitié, pour ses adversaires.

« Je vois pleins de choses qui se disent depuis le début de la campagne. Alors, mes collègues ne donnent aucun nom. Moi, c’est le contraire, je vais en donner », entame celle qui a en charge l’éducation à la ville de Montpellier depuis plus de 2 ans. « Quand je lis les propositions de Mohed Altrad, Michaël Delafosse et Patrick Vignal dans leurs programmes sur l’éducation, ils proposent du copier-coller de ce qu’on a fait, nous, ces dernières années », assène la colistière.

Rappelant malicieusement qu’elle est en charge du plus gros budget de la ville (95 millions d’euros), l’élue de l’équipe sortante semble presque s’amuser de lire ce qu’elle voit dans les programmes de ses adversaires. « Un concurrent propose de créer des unités de production de proximité au plus près des écoles, pour l’alimentation de nos enfants. Soit. Mais pour chacune de celles-ci, il faudra que ce candidat nous dise les moyens prévus pour financer ces futurs sites, les endroits retenus pour les construire etc… », ajoute Sonia Kerangueven.

« Nous avons le projet de construire une nouvelle cuisine centrale au cœur du Marché d’Intérêt National (M.I.N.). Cela permettra qu’une partie des produits acheminés au MIN soient utilisés directement sur place pour les repas des enfants des montpelliérains. Ils mangeront donc des produits locaux. On répond à la demande de nombreux parents d’élèves», conclut la colistière de Philippe Saurel. « Et ce projet-là, c’est 25 millions d’euros… qu’on ne nous dise pas après, qu’on ne donne pas de chiffres », parachève, dans un sourire, Max Lévita, spécialiste ès Finances Publiques.

Le temps passe, la campagne avance. Il ne reste que 9 jours avant le premier tour des municipales. Les trois colistiers semblent avoir fini. Les journalistes s’apprêtent à quitter le point presse. « Chez nous, on pense avant tout aux montpelliérains. Rien n’est démagogique. Nos propositions sont toutes chiffrées, précises et viables. Max Lévita vous l’a dit. Il faut que tous les autres candidats redeviennent sérieux avec l’argent du contribuable», conclut, féroce, Abdi El Kandoussi. Fermer le ban. La riposte des adversaires ne devrait pas tarder. Mais, ça c’est une autre histoire…