L’un est grand, et s’apprêterait à marcher sur le Havre pour les municipales, peut-être pour donner à l’autre plus petit l’occasion de le libérer. Mais pour l’heure Édouard Philippe et Emmanuel Macron paraissent faire corps face une crise sociale qui entre dans sa 7e semaine. Montpellier, la mobilisation ne faiblit pas, jusqu’à 5000 manifestants aujourd’hui, selon les syndicats.

42 régimes spéciaux à manipuler avec précaution comme de l’explosif, de quoi donner des envies de bord de mer au Premier ministre. Et de laisser son président vaciller tout seul face aux Français, aux syndicats et aux braises toujours incandescentes des Gilets Jaunes.

Un Delevoye disparu, une Laurent Pietraszewski effacé, et un Laurent Berger avec une « conférence des financeurs » qui en aura peut-être jusqu’à fin avril, belle épine dans le pied des organisations syndicales qui souhaiteraient simplement un retrait total. Comme exprimé en fin de manifestation devant la préfecture de Montpellier : « Et on ira jusqu’au retrait »

Blanquer voudrait siffler la fin de la récré

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation tente de son côté d’acheter ses profs et de siffler la fin de la récré, pour qu’ils rentrent dans le rang, ou qu’ils sortent de cette séquence sociale compliquée pour le gouvernement. Stéphane Audebeau, secrétaire FSU 34 explique : « Mr Blanquer depuis deux ans traite le monde enseignant avec mépris, nous n’avons aucune confiance dans ses propos […] Donc nous allons continuer à nous mobiliser, contre cette réforme par point… »

ITW Stéphane Audebeau, secrétaire départemental FSU 34

“C’est la mort de la justice”

Bella ciao pour les avocats, qui chantent devant le palais de justice un chant des partisans revisité avec le nom de la Garde des Sceaux, Ministre de la Justice Nicole Belloubet. Pour Remy Levy : « la destruction de notre modèle économique, c’est encore une oeuvre du gouvernement […] C’est la mort de la justice, aujourd’hui on n’est pas loin de son enterrement définitif. »

ITW Remy Levy, Bâtonnier du Barreau de Montpellier :

Une conférence de financement

Un Premier ministre qui donne le sentiment d’avoir donné le bébé aux syndicats et aux patrons : « l’ensemble des mesures qui seront proposées et qui seront formulées par les organisations syndicales et patronales dans le cadre d’une conférence de financement qui se tiendra en présence des représentants de l’État comportera probablement […] tout un ensemble de mesures. Contiendra-t-il une mesure d’âge ? Je le pense. Car je ne vois pas comment, sinon on pourrait arriver à l’équilibre financier de 2027. Mais dès lors que j’ai posé sur la table l’acte de confiance aux organisations syndicales et patronales, il leur appartient de travailler. » C’est comme un grand débat, les faire travailler, c’est leur faire accepter l’idée de cette réforme. Réforme d’un gouvernement déterminé à transformer le pays à sa façon, durant ce quinquennat.

 

24 janvier, date de l’examen du projet de loi sur les retraites en Conseil des ministres

Sixième fois depuis le 5 décembre, que l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC, et trois organisations de jeunesse ont appelé ce jeudi à « une journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations. » Une séquence sociale qui semble vraiment s’installer dans la durée, avec de nouvelles mobilisations les 22, 23, et le 24 janvier, date de l’examen du projet de loi sur les retraites en Conseil des ministres.

Et un slogan toujours affirmé avec force : « la retraite, elle est à nous, on s’est battus pour la gagner, et on se bat pour la garder. »