À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une action a été organisée sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Montpellier, le 25 novembre 2019.

L’objectif ? Sensibiliser les Montpelliérains et Montpelliéraines pour mettre fin à ces actes inadmissibles. 

Cette lutte a été mise en place contre toutes les formes de violence faites aux femmes. Ces violences englobent tout autant les violences conjugales, le sexisme, mais aussi le harcèlement, l’abus et le crime sexuel.

Si, en France, l’oppression patriarcale tend à s’amenuiser, le combat des femmes est encore loin d’être terminé. Trop nombreuses encore, sont victimes de violences, et certaines y laissent même la vie. Les personnes réunies devant l’Hôtel de Ville ont observé une minute de silence, afin de rendre hommage à ces femmes ayant subi l’injustice des inégalités.

Annie Yague, adjointe au Maire de Montpellier, s’exprime au sujet du harcèlement de rue.

C’est par le harcèlement de rue que commencent aussi les premières violences faites aux femmes. Montpellier est une ville étudiante, et il n’est hélas pas rare de voir des jeunes filles subir les regards insistants avec des remarques désobligeantes de la part de certains hommes. Trop d’individus agissent en groupe en adoptant une attitude presque « bestiale ». N’est-il pas choquant de voir de tels comportements en 2019 ?  Trop de gens sont oppressés par ces agissements qui réveillent la crainte d’être agressé, aussi bien physiquement, que verbalement.

« La municipalité apporte un oeil bienveillant sur les plaintes, ou l’accompagnement des personnes qui sont dans la rue, et qui sont victimes d’agressions verbales, notamment grâce à notre police municipale. Tout un panel de lois et d’amendes a été mis en place pour les personnes qui sont acteurs d’agression verbale dans la rue. Aujourd’hui c’est pénalisé, tandis qu’autrefois c’était pris à la légère. La violence faite aux femmes commence par la parole libre dans la rue à travers des mots pas toujours élégants. Je pense que toutes les jeunes femmes ont été confrontées à ce genre de problèmes. Problèmes que nous avons un peu passés sous le tapis en disant « Oh, ce n’est pas grave ! Ce sont des hommes après tout ! Ils sont juste entre eux ! » Non. C’est de l’agression verbale. Aujourd’hui on le sait et elle est punie, » explique Annie Yague, adjointe au Maire de Montpellier, mais également Vice-Présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, déléguée à la Cohésion sociale.

Trop souvent, on aurait tendance à penser qu’une femme s’habillant de façon élégante et sexy serait fautive. Elle n’avait qu’à pas porter une jupe ni à montrer ses jambes. Elle aurait donc ce qu’elle mérite. Mais une femme voyant un homme en short dans la rue, aurait-elle même l’idée de faire des remarques désobligeantes ?

« On a la chance de vivre dans un pays où on est libre de s’habiller comme on le souhaite. Et ce n’est pas parce qu’on est habillé de manière trop sexy pour ces messieurs, qu’on doit s’exposer à leurs remarques. La liberté de s’habiller concerne les hommes, mais aussi les femmes. On ne peut pas s’appuyer sur ce critère pour se permettre une infraction à la loi,» poursuit Annie Yague.

En aucun cas une femme ne doit culpabiliser sur sa manière de s’habiller. En aucun cas une femme n’est fautive de se faire harceler dans la rue.

SOS femmes harcelées ou violentées : appel au 3919 !

Une femme victime de toute forme de violence a la possibilité de contacter le 3919, un numéro international qui renverra sur le numéro local de la ville dans laquelle elle se trouve.

Un service d’accueil et d’orientation est disponible. Les victimes auront la possibilité d’y trouver des travailleurs sociaux formés à ces problématiques pour les renseigner, pour les accompagner et pour apporter toutes les réponses qu’elles recherchent. Elles pourront faire le point avec les personnes qui les entendront afin de savoir quelles démarches elles doivent engager en fonction de l’agression constatée.

Il existe aussi de nombreuses associations se mobilisant pour ces causes dans le secteur de Montpellier. C’est le cas de la CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles). Cette association propose plusieurs permanences dans le département concernant les violences sexuelles et sexistes. Des professionnels, des travailleurs sociaux, des médecins, des avocats, ou encore des policiers sont regroupés et formés pour essayer de résoudre toutes ces problématiques. D’autres associations comme Babote ou Collectif Abolition 34, proposent leurs services spécialisés dans la prostitution de façon à protéger les cibles à risques telles que les étudiantes.

Il ne faut pas oublier que porter plainte est un droit. Violences, menaces et harcèlement sont punis par la loi.

Voir aussi : [VIDEO] Lutte contre les violences faites aux femmes, Montpellier se mobilise