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Ce lundi 11 novembre, un séisme d’une magnitude de 5,2 a frappé la Drôme, l’une des régions françaises les plus sensibles aux tremblements de terre, mais aussi les plus couvertes par les centrales nucléaires.

L’épicentre se trouvait pile entre les deux sites : à 26 kilomètres de la centrale du Tricastin et à 13 kilomètres de la centrale de Cruas. Le séisme était d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter à son épicentre, donc supérieure au « séisme majoré de sécurité » de 5,2 pour lesquelles les centrales de Tricastin et Cruas ont été construites.

Selon les exploitants, les premiers contrôles n’ont pas révélé de dégâts. Cependant, les 3 réacteurs en fonctionnement à Cruas ont été mis à l’arrêt en fin de journée. Étant donné les valeurs enregistrées, des contrôles complémentaires sont nécessaires. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dit qu’elle surveillera les conditions de redémarrage.

Réaction de Michèle Rivasi, députée écologiste du Parlement européen et co-fondatrice de la CRIIRAD :

C’est le plus important séisme de l’histoire de la Vallée du Rhône
Le séisme de ce lundi est supérieur au « séisme majoré de sécurité » et donc le plus important dans l’histoire des séismes enregistrés.  En effet, le « séisme majoré de sécurité » est supérieur au séisme maximal historiquement vraisemblable qui est censé se produire tous les 1000 ans en moyenne. Il se base sur le tremblement de terre le plus intense de mémoire d’homme jamais recensé dans la région. Celui-ci s’est produit le 8 août 1873 avec une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter. L’épicentre se situait à Châteauneuf-du-Rhône (Drôme) à 13 kilomètres de la centrale nucléaire du Tricastin.

Cet événement naturel nous rappelle les risques nucléaires
Il a fallu l’accident nucléaire de Fukushima pour que les normes de sûreté soient renforcées. Elles ont notamment conduit l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) en 2017 à ordonner à EDF d’arrêter la centrale nucléaire du Tricastin en raison d’un risque de rupture d’une portion de la digue du canal du Rhône en cas de séisme et car EDF trainait à faire les travaux. EDF a réalisé en trois mois des renforcements de la portion de la digue concernée pour assurer la résistance au séisme majoré de sécurité. Mais le 25 juin 2018, l’ASN a de nouveau demandé un renforcement complémentaire de la digue du canal de Donzère-Mondragon et une surveillance accrue. EDF doit effectuer des travaux au plus tard fin 2022. Le rapport de 2018 de l’ASN montre que l’analyse des conséquences potentielles d’une rupture de la digue a été menée de manière tardive et sommaire. La négligence d’EDF a ainsi duré 10 ans alors que la principale fragilité de Tricastin est le risque d’inondation

EDF est hostile aux exigences de sûreté nucléaire
Cet événement vient nous rappeler que la sismicité doit être prise au sérieux et ce particulièrement dans la vallée du Rhône. EDF essaye de rassurer, mais il faut rappeler son attitude hostile vis-à-vis du risque sismique. Depuis quelque temps, les anomalies génériques découvertes sur les installations françaises ne font que se multiplier, révélant la fragilité des constructions face à ce risque naturel. On observe de nombreux exemples d’anomalies de « non-tenue au séisme », liées à des problèmes de conception et/ou un mauvais entretien : perte d’alimentation électrique, perte de refroidissement, de ventilation, surchauffes, effondrements, câbles trop fragiles, tuyauteries des stations de pompage trop rouillées, diesels de secours vulnérables… Et il n’y a pas que les plus vieux réacteurs qui sont concernés.

Il est urgent d’arrêter ces centrales avant qu’un accident grave ne survienne.
L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant les risques et poussant à la prolongation du fonctionnement de ses centrales atomiques. La centrale de Tricastin, qui a largement atteint l’âge de la retraite, doit être arrêtée dès maintenant.

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