Le CHU de Montpellier et l’Inserm ont publié une étude portant sur la différence de poids de plus de 250 grammes des enfants nés à la suite d’une congélation embryonnaire et ceux issus d’embryons frais.

Cette étude internationale à l’initiative du Pr. HAMAMAH a été possible grâce au travail conjoint du CHU de Montpellier, de l’INSERM, du CHU de Grenoble et de la clinique OVO de Montréal.

Une étude internationale à l’initiative de Montpellier

Le 16 septembre 2019, le journal Scientific Report a mis en ligne la publication concernant le poids de naissance des enfants issus de transfert d’un seul embryon congelé comparé au poids de naissance de leur grand frère et grande sœur issus de transfert d’un seul embryon frais. Il s’agit d’une étude multicentrique internationale (CHU de Montpellier, CHU de Grenoble et la clinique OVO de Montréal) à l’initiative de l’équipe du Professeur Samir HAMAMAH du CHU de Montpellier.

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Une méthode efficace

Grâce à l’assistance médicale à la procréation (AMP), la cryoconservation embryonnaire a permis d’augmenter significativement le taux cumulatif de grossesses par ponction et de limiter ainsi les grossesses multiples par les politiques de transfert électif mono embryonnaire. La congélation embryonnaire est donc une alternative encourageante en termes de taux de succès permettant de congeler les embryons surnuméraires pour un replacement dans la cavité utérine différé. Elle ouvre aux couples la possibilité d’augmenter leur chance de la survenue de naissance après un replacement d’embryons décongelés.

La première étude observationnelle  

250 grammes de différence

Cette étude est la première observationnelle à comparer des données néonatales de singletons issus de transferts d’embryons frais et congelés issus de la même cohorte ovocytaire/embryonnaire. Elle démontre que le poids de naissance des enfants nés après replacement d’embryons réchauffés était significativement plus élevé en comparaison avec les enfants nés après replacements d’embryons frais ((3499.5 g vs 3247.1 g; p < 0.0001) soit une différence de plus de 250 grammes avant ajustement et que cette augmentation de poids de naissance était indépendante de la parité (nombre total d’accouchements antérieurs) des patientes.

Exclure les autres facteurs

il n’y a pas de différence significative de poids de naissance entre 2 faux jumeaux ou fausses jumelles né(e)s après transfert d’embryons congelés issus de la même cohorte ovocytaire/embryonnaire. Si la même différence, avec un poids de naissance plus important pour le second enfant, avait été retrouvée, la cause n’aurait pas pu être l’impact de la congélation. Il aurait alors fallu supposer qu’il s’agisse de l’effet de la parité avec pour principe que le poids de naissance augmenterait avec cette dernière. L’étude du Pr. HAMAMAH permet donc de s’affranchir de cet effet parité et de se focaliser sur un impact important de la congélation sur le poids de naissance de l’enfant.

Il s’agit de la seule étude comparant des enfants issus de la même cohorte ovocytaire, permettant de s’affranchir totalement des facteurs maternels. Après ajustement sur les facteurs confondants tels que l’âge maternel à l’accouchement, le rang de parité et le sexe de l’enfant, on retrouve une différence de 271g entre l’enfant né après transfert d’un embryon congelé et l’enfant né après transfert d’un embryon frais. Autrement dit, le second enfant fille ou garçon est plus gros que sa grande sœur ou son grand frère nés après replacement d’un embryon frais.

Pourquoi cette différence ?

Une hypothèse que l’on peut avancer est celle de l’environnement intra-utérin. En effet, lors d’un transfert d’embryon congelé, l’environnement intra-utérin serait plus favorable du fait qu’il n’ait pas été altéré par le protocole de stimulation ovarienne comme pour un transfert d’embryon frais. L’étude relève que le poids de naissance est aussi plus élevé après transfert d’embryon congelé que le poids de naissance moyen après grossesse spontanée en France sur la même période. On peut raisonnablement se dire que l’environnement utérin ne serait tout de même pas plus favorable après transfert d’un embryon congelé qu’au cours d’une grossesse spontanée. Or le poids de naissance reste plus élevé après transfert d’embryon congelé qu’après grossesse naturelle. Il y a donc d’autres facteurs à explorer pour comprendre comment la congélation impacte le poids de naissance.

La congélation embryonnaire a un impact significatif sur le poids de naissance des enfants en FIV

L’étude est la première à démontrer que la congélation embryonnaire est impliquée dans l’augmentation du poids de naissance puisqu’il s’agit de la même cohorte embryonnaire et donc tous les embryons ont été conçus en même temps et avec les mêmes traitements. La seule différence pour ces familles est que leur premier enfant est né après le replacement d’un seul embryon frais et que le second est né après replacement d’un seul embryon congelé. L’intervalle entre les deux enfants varie de 13 à 75 mois selon la famille.

Ainsi, la congélation embryonnaire a un impact significatif sur le poids de naissance des enfants en FIV. Cette découverte est particulièrement importante depuis qu’il est admis que le poids de naissance influence la santé du nouveau-né jusqu’à l’âge adulte. Il y a donc un doute sur innocuité de la congélation.

CHU de Montpellier

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