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Récemment, nous découvrions que le sémitisme n’est en rien l’apanage des juifs, qualifiant non pas un peuple ni son origine, mais des langues parentes : araméen, arabe et hébreu (voir « L’antisémythe » paru le 14 juin). À l’heure où grandit la tentation de confondre antisémitisme et antisionisme, dévoiler l’origine de Sion s’avère aussi nécessaire qu’urgent.

Petits arrangements avec l’exégèse

L’ensemble de la littérature sacrée devrait être décryptée par la grille de lecture symbolique. À défaut, les fidèles sont maintenus dans un obscurantisme abscons, au nom de la liberté de croire n’importe quoi.

Sion possède le double sens de « grâce de Dieu » et de « refuge divin ».

Le sionisme est un état intérieur. Accessible à chacun(e), comme l’éveil des bouddhistes ou le Haram des musulmans. Pourvu que l’esprit s’affranchisse de sa superstition, et transcende son conditionnement. La spiritualité mène à la connaissance de soi. La conscience réalisée s’établit dans cette complétude de l’être, de l’individu, qui n’a besoin pour exister d’aucun dieu extérieur, ni autre ami imaginaire.

« Confusionisme »

Qui confond antisionisme et antisémitisme commet au moins une double erreur. Non seulement les deux termes ne concernent pas les juifs, mais de plus, ne décrivent pas d’appartenance ethnique ni d’origine géographique.

Le sémitisme est d’abord une approche linguistique ; une science du langage, débouchant sur la compréhension du « verbe du commencement ». Le sionisme désigne l’entrée en soi, ou la découverte du refuge intérieur. Sion, Jérusalem, Eden ou Shambala, la terre promise représente l’origine de soi oubliée. Sion est le Soi. Le retour à Sion est le retour en soi.

La révélation

D’après la légende, le messie reviendra un jour à Jérusalem, réveillant les morts des cimetières aux abords, pénétrant dans la cité par la porte de Sion.

Le messie, c’est Toi. Jérusalem, ou Sion, ne représente pas un lieu géographique, mais ta conscience éclairée. Cette scène est une allégorie de l’éveil spirituel. Les morts symbolisent les croyances ineptes, maintenant la pensée en léthargie. La résurrection représente la mort à l’illusion, et la renaissance à la réalité. Entrer par la porte de Sion signifie l’interpénétration de la conscience et de l’énergie, autre formulation du gnôthi seauton, le « penser par soi-même ».

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