EA Access arrive sur Playstation 4 en juillet, et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle

La tendance actuelle dans l’univers des jeux vidéo est la dématérialisation. Cela signifie que les constructeurs de consoles souhaitent, à plus ou moins long terme, voir la disparition des disques physiques, ceux que les joueurs achètent dans le commerce au profit des jeux achetés sur des plateformes, tel que le PlayStation Store pour la PS4.

Microsoft vient de sortir une nouvelle version de sa Xbox one, entièrement dématérialisée, dans laquelle il est impossible d’insérer la fameuse galette contenant un jeu.

Et les éditeurs de jeu, qu’en pensent-ils ?

Les éditeurs de jeu sont sur la même longueur d’onde que les fabricants de consoles à ce sujet. Deux raisons principales à cela. La première est une raison économique. Les coûts de fabrication et de distribution d’un disque physique coûtent obligatoirement plus cher qu’un jeu pour lequel il suffit de télécharger via une plateforme. La deuxième raison est une raison mercatique. Il est plus aisé de contrôler les promotions sur un jeu, sa durée de vie en proposant des offres sur les stores des consoles que chez un revendeur de jeu avec un disque. Ils ont donc une vraie mainmise sur la commercialisation de leurs titres.

Electronic Arts, l’un des éditeurs les plus connus dans le monde avec des franchises sur le sport, telles que Fifa, NHL, Madden NFL et des franchises comme Battlefield ou encore Star Wars proposent déjà depuis plusieurs années un service d’abonnement pour la console Xbox one, nommé EA Access et un autre pour PC nommé Origins.

Ce concept permet à l’abonné, moyennant une somme relativement peu élevée ayant un prix maximal conseillé de 24,99 € pour une année d’abonnement, de pouvoir jouer à un ensemble de jeux issus de leur catalogue. Ce sont des titres qui sont sortis depuis quelques mois, mais pour lesquels les joueurs peuvent les télécharger sans coût supplémentaire. Cependant, une fois l’abonnement terminé, si celui-ci n’est pas reconduit, le joueur n’aura plus accès aux jeux.

En outre, grâce à l’abonnement EA Access, les joueurs peuvent profiter des essais prioritaires, qui leur permettent de jouer pendant 10 heures à la plupart des nouveaux jeux EA. Les abonnés bénéficient également d’une remise de 10 % sur leurs achats de jeux complets, d’extension et autres éléments de jeu.

Dorénavant, les possesseurs de la PlayStation 4, à partir du mois de juillet, pourront également s’abonner à ce service.

Les gamers sont-ils pour ou contre cette évolution ?

La tendance est plutôt vers un avis partagé. Il y a les inconditionnels des versions physiques qui aiment collectionner les boîtes de jeu, même celles des jeux en rétrogaming. Cette évolution pose également un problème quant à la revente d’un jeu, comme il est si souvent proposé par des sociétés commerciales. Qui plus est les consoles actuelles ont une place limitée en stockage et même s’il est possible dorénavant de brancher un disque dur externe, les jeux étant de plus en plus gourmands en termes de place, un jour ou l’autre le gamer devra faire le choix de désinstaller certains jeux. Enfin, la situation du lent développement de la fibre optique, surtout dans les zones rurales, ne favorise pas l’envie des joueurs à tendre vers cette solution.

Cependant, il existe également des gamers qui sont favorables à l’émergence de ce streaming de jeux vidéo. Le premier argument est l’accès pour une somme modique à un catalogue de plus en plus étoffé de jeux. Le deuxième concerne la remise commerciale accordée aux abonnés sur le prochain titre phare de l’éditeur. Le dernier argument, c’est la rapidité de chargement d’un jeu. Étant donné qu’il n’est plus nécessaire de mettre le disque dans la console puis ensuite de démarrer le disque, les temps de chargement sont réduits. De plus, un disque peut s’abîmer alors qu’une version dématérialisée non.

Qu’en est-il alors de la survie des magasins spécialisés ?

Certaines enseignes ont déjà amorcé un virage pour s’orienter vers la pop culture en proposant des figurines, ou des pops pop, objets très convoités par les gamers. D’autres proposent des packs de console avec des jeux dématérialisés à des prix compétitifs. Enfin, un dernier levier de croissance est la création de guides complets pour aider les joueurs à terminer à 100 % des jeux devenus souvent de plus en plus difficiles à condition de réaliser toutes les missions principales et complémentaires.

En conclusion, les avis sont partagés du côté des joueurs et tous les arguments se valent, mais face à la volonté des constructeurs et des éditeurs, ont-ils vraiment le choix ?