Certaines têtes de liste aux élections européennes peuvent boycotter un débat sur France 2 et France Inter prévu le 22 mai. Objet : ils dénoncent une « mascarade » à quatre jours du scrutin.

« Si France 2 et France Inter refusent de changer les règles du débat, nous ne participerons pas à cette parodie de débat », ont déclaré, dans un communiqué commun, les têtes de liste Jean-Christophe Lagarde (UDI), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), et Benoît Hamon (Génération•S), en appelant « les autres listes à ne pas servir d’alibi à cette mascarade ».

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« Ce n’est pas au service public de l’audiovisuel de choisir les bonnes ou les mauvaises listes. Ce choix appartient souverainement aux citoyennes et aux citoyens par leur vote », estiment-ils. Interrogé par l’AFP, Thomas Sotto, coprésentateur de « L’Émission politique », a repoussé ces arguments : « sur le fond, on a respecté rigoureusement et scrupuleusement les critères de représentativité du CSA ».

« On protège qui dans cette affaire ? »

Conférence de presse commune devant le bâtiment de France TV avec Jean-Christophe Lagarde, Benoît Hamon, et Nicolas Dupont-Aignan. Benoit Hamon confirme : « s’ils ne changent pas leurs règles, je ne participerai pas à ce simulacre de débat. L’Europe, la démocratie, les concitoyens méritent mieux. »

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Nicolas Dupont-Aignan dénonce lui : « le scandale démocratique de l’organisation arbitraire du débat. » Pour Jean-Christophe Lagarde : « on protège qui dans cette affaire ? Ce n’est pas le rôle de la télévision publique payée par nos impôts que de dissimuler ou d’orienter un scrutin. J’ai honte du service public qui n’est pas capable d’organiser ce débat dans des conditions démocratiques… »

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France 2 assume pour des raisons de clarté

Dans le cadre de « l’Émission politique » ce débat devrait réunir dans un premier temps six candidats ou chefs de partis : Stanislas Guérini (LREM) et Marine Le Pen (RN) qui font la course en tête flirtant avec les 22%, Laurent Wauquiez (LR), Raphaël Glucksmann (PS/PP), Yannick Jadot (EELV), Manon Aubry (LFI). Bellamy, Loiseau et Bardella sembleraient, étant « écartés » de ce casting, pas assez « costauds » pour affronter Glucksmann, Jadot et Aubry ?

Mais dans un deuxième temps, dans la foulée en deuxième partie de soirée et c’est là que ça coince, sont prévus Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), François Asselineau (UPR), Francis Lalanne (Gilets jaunes), Dominique Bourg (écolo), Florian Philippot (Patriotes), Nathalie Arthaud (LO) et Benoît Hamon (Génération•S), tous estimés en dessous des 5% d’intentions de vote.

La tête de liste du PCF Ian Brossat a annoncé saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et compte « suspendre » sa participation à un débat, qui selon ses mots : « veut faire l’élection à la place des électeurs ». Pour Florian Philippot c’est « une marque incroyable d’irrespect » envers les électeurs.

Deux parties ou deux divisions ? Un choix assumé pour des raisons de clarté par France TV. Et pour justifier la présence de chefs de partis en remplacement de têtes de liste, la direction assume des dispositions offertes pour faciliter des problèmes d’agenda. En effet les têtes de liste Bellamy, Loiseau et Bardella devaient participer à des meetings ce soir-là.

22 mai donc « L’Émission politique », et le dernier grand débat télévisé de la campagne doit avoir lieu le lendemain, le 23 mai, sur BFMTV.

(Note : la journaliste Léa Salamé est provisoirement en retrait de « L’Émission Politique » de France 2. La raison : Raphaël Glucksmann est son compagnon. Un choix qu’ont dû faire avant elle Anne Sinclair, Béatrice Schönberg, ou Audrey Pulvar, toutes journalistes et compagnes de dirigeants politiques.)

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