Si, le premier orateur des insoumis n’était pas présent hier soir à Montpellier, le parfum de son score présidentiel était lui, bien présent pour un meeting, pensé pour des fidèles venus de tout l’Hérault.

Dans une Salle Fernand Pelloutier pleine, les candidats de La France insoumise étaient très attendus hier soir par les insoumis locaux, alors que les sondages prévoient déjà, à deux semaines des élections, un score à deux chiffres  pour le mouvement (10%), de quoi donner l’espoir d’une surprise insoumise, face à des écologistes en perte de vitesse (7%) et un parti socialiste passé sous la barre des 5% (baromètre du 10 mai 2019 « Le pouls de la campagne » pour TF1-LCI, RTL et Le Figaro).

Des sondages bons, mais qui n’impressionnent pas Manuel Bompard. C’est que pour l’ancien Directeur des campagnes de La France insoumis, candidat en deuxième position sur la liste européenne, la validité de ces sondages est toujours à remettre en question, même s’ils s’inscrivent dans l’objectif de La France insoumise de récolter « trois millions de voix » le 26 mai prochain.

Interview de Manuel Bompard, numéro deux sur la liste La France insoumise aux européennes

Le meeting s’ouvre sur Nathalie, militante de la première heure, qui donne le ton de la soirée, en faisant célébrer les bénévoles et affirmant haut et fort le caractère « insoumis » de la capitale languedocienne, « bastion des gilets jaunes ».

C’est Rhany Slimane, candidat montpelliérain sur la liste européenne, qui fustige le premier la gestion de la Ville, liant méthode gouvernementale et méthode municipales, toutes deux opposés aux ambitions insoumises de « l’intérêt général, et non l’intérêt particulier. » Il dresse ensuite le portrait des futurs parlementaires européens, « éclaireurs », qui dénonceront tous « les coups fourrés » qu’abriteront les couloirs du Parlement européen. Comme à son habitude, la nouvelle figure de la scène politique européenne lâche benoîtement « pour moi, être ici être présent sur cette scène, c’est une peu étrange», avant d’expliquer sa « carrière » d’ancien abstentionniste. Cette élection européenne sera la première où il votera, et il votera pour lui…, conscient qu’il « a un coup a joué, pour mettre une claque à Macron ».

« L’écologie n’est pas un accoté de la question de la finance », lâche tonitruante Pascale Le Néouannic, à la suite de son colistier, réaffirmant par là même l’ambition écologique du mouvement politique, tout en fustigeant une Europe de la concurrence et de la finance, avec une volonté : lutter et encore lutter pour sauver les « services publics » et « la fonction publique », car « le management de la start-up nation, c’est la pression, les suicides et les révocations ».

« Quel que soit le résultat, c’est une magnifique campagne », continue Alexis Corbière, député de la Seine-Saint-Denis, venu prêter main-forte à une campagne européenne pensée pour les territoires. Le député profite ensuite d’une salle conquise pour revenir sur les figures historiques montpelliéraines, en ce jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage et mieux mettre en lumière les grandes ambitions du mouvement politique qu’il anime : référendum d’initiative populaire ou encore mandat révocatoire. Le député aux origines biterroises, soulève aussi ce rapport étrange que le gouvernement a pu tisser avec la violence, lorqu’il a « projeté les forces de l’ordre contre les manifestants ». Mais, surtout pour le député, il faut garder en tête que « tout ne se réglera pas le 26 mai », car au soir du 26 mai, le National reviendra au centre des débats. Au-delà de la précieuse mise en garde, le député résume sa position pour le 26 mai : « en donnant de la force à Manon [Aubry, tête de liste], vous affaiblissez Macron ».

Le jour du dépassement européen qui marque le moment, ou l’UE a consommé plus que ce que la terre ne pouvait produire la terre, voilà bien le pilier de l’intervention de Manuel Bompard, dernière intervention de la soirée, symbole annonciateur d’une urgence, celle de l’environnement, de la nature et de la condition animale, « c’est plus le temps de blablater, il faut agir tout de suite », « agir au niveau national, bien sûr, agir au niveau européen aussi ». Une urgence qui n’en contredit par d’autres, car « l’écologie n’est pas contradictoire avec l’emploi ». Une intervention taillée pour plaire aux nombreux écologistes orphelins de la ligne pro-business d’un Yannick Jadot, tête de liste d’Europe écologie – Les Verts, ou de la ligne néo-écologique de la liste « Renaissance » portée par l’ancienne ministre « macroniste », Nathalie Loiseau. L’ancien directeur des campagnes le résume ainsi « l’écologie mérite mieux, que d’être une arme électorale », « demain, on ne pourra pas vivre avec trois degrés de réchauffement climatique ». Pour clôturer son meeting, le numéro deux de la liste a rappelé un souvenir historique à la mémoire des Héraultais, celui de la révolte des vignerons de Béziers en 1907 et de la « gloire au 17e », un avant-goût sucré d’insoumission.

Une absente a tout de même été remarquée, celle de Muriel Ressiguier, députée de Montpellier, qui a été longuement excusée par les intervenants et chaudement applaudie par les insoumis pour son travail contre les groupuscules d’extrême-droite.

Revoir le Meeting de Montpellier avec Alexis Corbière, député, Manuel Bompard, candidat, Pascale Le Neouannic, candidate et Rhany Slimane, candidat.