L’acte 14 du 16 février 2019 des Gilets Jaunes a donné lieu à un grand nombre d’interpellations parmi lesquelles deux Gardois et un Avignonnais.

Outre leurs mises sous contrôle judiciaire avec obligation de pointer à la gendarmerie deux fois par jour le samedi, ils sont interdits de manifestation.

Les dossiers paraissent pourtant fort mal ficelés…

Le premier cas, un homme de 46 ans, faisant partie du mouvement est jugé sur cinq motifs d’inculpations, notamment sur injures envers le président de la république et du ministre de l’Intérieur, ainsi que des injures envers les forces de l’ordre, le tout dans un langage très fleuri.
Quatre des cinq chefs d’inculpation n’ont pu être retenus annulés pour vice de forme.
Le jeune homme est finalement condamné à des jours-amendes, pour usage de stupéfiants.

Le second prévenu était accusé d’avoir lancé une dizaine de pierres avec préméditation sur les forces de l’ordre.
Il se serait caché derrière une voiture et aurait lancé des pierres au hasard.
À son passage à la barre, il explique aux juges « je ne pensais pas les intimider, je voulais juste riposter ».
Si la qualification initiale était « actes d’intimidation », le ministère public a proposé de requalifier les faits en violences volontaires. Les trois juges ont suivi le parquetier et requalifié les actes d’intimidation en violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique.
Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis.

Enfin une des figures emblématiques du mouvement nîmois, Mylena dit « Bubulle » comparaissait pour des actes d’intimidations et détention d’une pierre en sa main.
Son interpellation et les interrogatoires n’ayant pu prouver la véracité des faits et l’avocate de « Bubulle » ayant produit nombre d’attestations prouvant son pacifisme, la procureure a demandé la relaxe.
Bubulle a été relaxée pour la plus grande joie de ses amis venus en nombre la soutenir ainsi que les deux autres gilets jaunes entendus ce jour-là.

Derrière ces jugements, certains avocats commencent à élever la voix.

Une des avocates de la défense a notamment eu des mots assez forts rappelant « que les juges ne devaient pas être le bras armé des plus hautes instances de la république ; que certains groupes de juristes, depuis certaines lois ont l’impression d’être dans un autre pays et que si elle était mal élevée, ce qu’elle n’est pas, elle évoquerait que la qualification des faits relèverait d’une forme de police politique.
Et enfin pour calmer Monsieur et Madame tout le monde, on va où cela fait le plus mal, c’est-à-dire au portefeuille. Le but inavoué étant de condamner une personne au hasard avec une volonté d’infléchir un mouvement politique. »