Monsieur le ministre,

« Le commissariat de secteur existant dispose de tous les atouts pour répondre efficacement aux sollicitations de l’ensemble des habitants de votre commune », m’écrivait en avril 2018 votre ministère, répondant ainsi à mon énième courrier sur ce dossier essentiel de la sécurité des biens et des personnes à Frontignan la Peyrade. Je m’inscris en faux de cette affirmation qui fait fi de la réalité du terrain d’une ville française moyenne et périurbaine de 22 521 habitants, chef-lieu de canton et 6e des 342 communes de l’Hérault, 21e commune des 4 487 d’Occitanie.

Frontignan dépend de la circonscription de sécurité publique (CSP) de Sète qui compte 150 agents pour 56 130 habitants. Environ 10% de cet effectif n’est pas en poste (maladies, congés, formations). Le commissariat de secteur de Frontignan comprend officiellement 5 agents mais seuls 3 sont effectivement présents. Donc, alors même que nous représentons plus de 40% de la population de cette CSP, nous ne bénéficions que de la présence de 2% des forces de police nationale de notre territoire.

A titre de comparaison, la CSP d’Agde qui couvre uniquement cette commune de 27 681 habitants bénéficie d’un commissariat fort de 90 agents présents 24h/24h. Certes, cette station balnéaire accueille 150.000 personnes à partir du mois de mai et jusqu’à 250.000 en juillet août, là où Frontignan ne fait que doubler sa population sur la même période. Mais la différence des moyens de police nationale mis en œuvre sur deux villes littorales de taille similaire traduit une inégalité certaine sur notre territoire.

La présence policière sur notre commune est indissociablement liée à la lutte efficace contre l’insécurité et le sentiment qui en découle. Tout ne peut se régler à partir de Sète, d’autant que les difficultés de circulation entre les deux villes, pourtant géographiquement contigües, ainsi que l’étendue de la nôtre, compliquent et ralentissent toute intervention, même de nuit.

La situation ne peut plus rester en l’état.

Il est désormais important que vous preniez acte du nécessaire renforcement du poste de police de Frontignan afin que l’État contribue à nouveau à sa juste place aux missions de sécurité publique qui reposent aujourd’hui quasi-exclusivement sur le service de police municipale.

Nous ne pouvons continuer à la fois à être des acteurs volontaristes – l’augmentation de 8 à 21 policiers municipaux en 10 ans, armés et organisés en brigades de nuit; la création d’un 2e poste de police municipale ; la mise en place de la vidéoprotection pour un budget de 500.000€; la mise à disposition d’un agent communal à temps plein pour l’accueil au commissariat de secteur ; une participation financière de 30.000€ à la rénovation de ce bâtiment; une collaboration PM/PN exemplaire ; une multitude d’actions de prévention… – et se voir écarter de la mise en place des dispositifs «zone de sécurité prioritaire» (ZSP) et «police de sécurité du quotidien» (PSQ) ainsi que de la possibilité tant de renforts – aucun des 14 policiers de la CSP arrivés en novembre 2017 n’est sur la commune – que de soutiens financiers – le FIPDR ne viendrait pas soutenir notre déploiement vidéoprotection. Alors que dans le même temps, les communes qui ne font en rien les mêmes efforts humains et financiers se voient dotées de moyens supplémentaires…

Que faut-il donc faire, monsieur le ministre, pour que vous entendiez la voix des communes périurbaines ? Faut-il que nous nous désengagions ? Faut-il un incident majeur ?

Il faut 7 policiers supplémentaires au poste de police de Frontignan. Ils seraient ainsi 12 pour travailler dans des conditions décentes, là où ils étaient déjà 10 en 2013. Les agents en poste effectuent un travail remarquable mais se trouvent souvent en difficulté pour effectuer de simples missions de terrain ou des investigations plus complexes. La complémentarité avec le commissariat central de Sète en serait ainsi renforcée ainsi que celle avec la police municipale de Frontignan.

Les citoyens de Frontignan la Peyrade, attentifs à l’injustice qui leur est aujourd’hui faite, attendent des décisions rapides et conséquentes de votre part. Ne leur laissez pas penser que vous les abandonnez.

Certain de votre engagement sur ce dossier, je vous prie d’agréer, monsieur le ministre, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Pierre Bouldoire
Maire de Frontignan la Peyrade
1e vice-président du conseil départemental de l’Hérault