La journée de samedi 22 décembre a commencé sans violences à Montpellier, pour cet acte VI de la mobilisation des Gilets Jaunes. Toute la matinée, des forces de l’ordre absentes, invisibles, et des manifestants qui ont déambulé pacifiquement en chansons, et en scandant des slogans entre la place de la Comédie, la préfecture, la gare Saint-Roch, les halles Laissac, et le Polygone.

9h30, ils arrivent petit à petit devant les trois Grâces, certains avaient prévu de passer le matin, d’autres l’après-midi, et d’autres encore toute la journée : une sorte de relais de présence, pour une mobilisation organisée comme une déambulation tout au long de ce samedi, dans le centre-ville. « On n’est pas fatigués, on veut continuer, » pour se chauffer la voix et « tous ensemble, tous ensemble » pour rester tous motivés. Séquence en images :

Puis un « Macron démission » qui sera le slogan le plus prisé de ce 22 décembre 2018. Pétition aussi à signer, avec un RIC (référendum d’initiative citoyenne) écrit sur les gilets, et sur les tracts que les Gilets Jaunes distribuaient aux passants.

« Macron, tu ruines ton peuple »

10h30, une Marseillaise pour s’attendre les uns les autres, et commencer à occuper l’espace. Sur les pancartes : « éteins ta télé, mets ton gilet. » Ou encore : « Macron, tu ruines ton peuple. »

« On vient te chercher chez toi »

La chansonnette : « Emmanuel Macron, ô tête de c**, on vient te chercher chez toi » a été reprise toute la journée, presque autant que « Macron démission. » Le rassemblement prend alors la direction de la préfecture en remontant la rue de la Loge. Chanson en vidéo :

10h53 les forces de l’ordre sont toujours invisibles. Les Gilets Jaunes sont maintenant tranquillement installés devant les grilles de la préfecture, côté place du marché aux fleurs. Sur un gilet jaune l’inscription prémonitoire de ce qui va se passer dans quelques heures : « on ne gaze pas nos jeunes. »

11h22, retour sur la Comédie, et direction : gare Saint-Roch. Toujours en chansons, et sur une banderole : « merci Manu, tu nous as rassemblés. » Vidéo :

« vous avez enlevé le dégage, on vous dégage »

Seul mini couac matinal, à 11h44 devant la gare Saint-Roch, les Gilets Jaunes « dégagent » deux journalistes de France 3 régions : « vous avez enlevé le dégage, on vous dégage. » Un rappel à l’épisode malheureux de la photo modifiée, par la rédaction de la chaine qui avait vite plaidé une « erreur humaine » et un « dysfonctionnement. » Un rejet des médias palpable durant la manif. Certains Gilets Jaunes étaient énervés. Les deux journalistes ont pu reprendre leur travail très vite, pour suivre la suite de la mobilisation.

12h27, toujours pas de police, devant le Polygone qui voit ses grilles se baisser, et les Gilets Jaunes faire une minute de silence en hommage aux disparus, et au dixième décès survenu à Perpignan, en marge du mouvement dans la nuit de vendredi à samedi.

13h14, cafés, pause déjeuner, sandwichs, avant de se rassembler encore sur la Comédie pour poursuivre la mobilisation. Françoise est venue avec son groupe depuis Lodève, et tient à préciser : « nous ne sommes pas essoufflés, et au contraire pleins de souffle, et pleins d’espoir. »

14h50, quand les Gilets Jaunes sont de retour devant la préfecture, côté face cette fois, sur la place des Martyrs de la Résistance, la mobilisation prend un autre tempo, celui de la provocation. Les forces de l’ordre sont maintenant en place, pour défendre un bâtiment qui quelques heures plus tôt n’en avait pas eu la nécessité. Il est à supposer que tempérer la foule pouvait s’avérer nécessaire, alors que le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel devait recevoir une délégation. Délégation venue pour exprimer toutes les revendications du mouvement, et faire un point sur les violences tant policières que Gilets Jaunes, en analysant tout particulièrement la soirée du 19 décembre, sur la zone de fret aéroportuaire de Montpellier. Rencontre qui ne pourra pas avoir lieu à ce moment de la journée, à cause d’affrontements, certains voulant passer en force les barrages des CRS. Jets de grenades lacrymogènes pour dispersion et quelques agitateurs jouent à l’affrontement avec les forces de l’ordre, alors que d’autres tentent d’aider au retour au calme au milieu de jets de bouteilles et de boulons. Dans les rues alentour, les passants poursuivent leurs courses de Noël en toussant, car incommodés par les gaz lacrymogènes portés par un léger vent. Séquences vidéos :

Interview de Christophe, membre des Gilets Jaunes qui a essayé de calmer tout le monde, durant cet affrontement avec son haut-parleur, en s’adressant aux forces de l’ordre, comme aux manifestants.

16h20, une fois repoussés vers la rue de la Loge, le retour des manifestants se fera plus sereinement. Les plus virulents ayant été certainement identifiés, et isolés par la BAC.

16h45 une reprise normale d’activité semble se mettre en place, c’était sans compter sur l’arrivée prochaine des motards de la FFMC34.

17h21 rugissements des moteurs, les motards de la FFMC34 sont dans la place. Petite pose sur la Comédie. Intervention au micro : perché sur le camion, avant de décider d’une remontée vers la préfecture.

17h52, petit discours pacifique d’un rendez-vous raté, une présence éclair, avant un départ rapide 18h10, en laissant sur place des manifestants qui chahutent un peu cette apparition pour le moins étonnante en lançant : « les motards avec nous. »

18h20, résultat : de nouveaux affrontements, et des tirs de grenades lacrymogènes. Pendant ce temps, la délégation est en rendez-vous avec le préfet.

Une délégation pour les différents groupes de l’Hérault, reçue par le préfet, a été entendue. Sera-t-elle écoutée ? Prime exceptionnelle, prime d’activité revalorisée (jusqu’à 100€), heures supplémentaires défiscalisées, exonération élargie de la hausse de la CSG (pour les retraites inférieures à 2000€), ces quatre mesures d’urgence annoncées par Emmanuel Macron sont pour eux vraiment insignifiantes. Les Gilets Jaunes ont reçu la garantie que leurs revendications plus larges, et leurs souffrances seront exposées, et expliquées en « haut lieu ». Les violences policières ont aussi été au coeur de ce rendez-vous, en prenant pour base de travail ce qui s’est passé dans la soirée du 19 décembre sur la zone de fret aéroportuaire de Montpellier. Interview avec Stessy, membre des Gilets Jaunes :

19h28, un retour au calme pouvait être observé.