Le samedi 1er décembre, s’est tenue une première réunion portant sur les élections municipales à Nîmes, qui se tiendront au printemps 2020.

9 h 30 : la convocation était matinale. Il est vrai que cette journée était marquée par plusieurs initiatives et manifestations sociales : appel des Gilets jaunes à des blocages, notamment sur le quartier des Costières dans l’après-midi ; rassemblement sur « l’urgence sociale » devant la préfecture le matin, à l’appel de la CGT ; et même un hommage rendu à deux « communards », Louis Rossel et Gaston Crémieux, fusillés à Paris fin novembre 1871…

Cette réunion sur les Municipales avait été précédée par un manifeste pour une nouvelle gestion de la ville, intitulé « Ouvrir une nouvelle page de l’histoire de Nîmes ; pour une ville solidaire, écologique et citoyenne ». Le texte initial a été signé par 170 personnalités nîmoises, élus, responsables syndicaux, associatifs, universitaires, acteurs du monde du spectacle…

Les signataires  entament leur texte par une critique de la gestion actuelle de la ville : « Nous pensons fermement qu’il faut tourner la page de 17 années de gestion de Droite par messieurs Fournier  (le Maire) et Lachaud (le Président de l’Agglo), aujourd’hui empêtrés dans des querelles de personnes et qui pourtant décident et votent ensemble depuis trois mandats les mêmes projets. Il faut aussi repousser la menace de l’extrême droite ». Les Nîmois par ailleurs « subissent les mauvais coups du gouvernement Macron ».

La solution proposée ? « Un rassemblement des forces de Gauche. Nous appelons à l’élaboration d’un projet audacieux à partir des besoins de Nîmes et de son agglomération, souvent relayées par leurs relais associatifs et citoyens ».

Les thématiques ? Tout d’abord, l’impératif écologique, « revégétaliser la ville », mais aussi « une véritable politique des transports en commun », casser la coupure entre le centre-ville et les quartiers périphériques, revoir la politique de l’eau.

D’autres thématiques sont évoquées dans ce manifeste : relance de la construction de logements sociaux, « soutenir une nouvelle économie coopérative », le souhait d’une « politique culturelle pensée comme un service public », repenser « le lien entre le sport professionnel et amateur »…

Les signataires appellent donc à « la construction  d’une alternative progressiste pour les  citoyens de Nîmes et de son agglomération en 2020. Si le mot « Municipales » n’apparait pas dans le texte, la date choisie désigne clairement cette échéance.

La réunion du samedi 1er décembre était donc la 1re initiative d’élargissement des premiers signataires. Accueillies dans une salle de la CGT, 70 personnes se sont réunies, dont des représentants du Parti socialiste et d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), du PCF, ainsi que plusieurs militants associatifs.

L’objectif initial de la réunion, vérifier la possibilité de constituer une liste unitaire réunissant pour les Municipales, les différents courants de gauche sur Nîmes.

Il est vite apparu dans la discussion que les participants souhaitaient privilégier, dans la suite du manifeste, le constitution d’une liste basée sur des individus et non sur les partis ou formations politiques. Cette position fut d’emblée soutenue par les représentants des mêmes partis ou formations politiques. Vincent Bouget pour le PC, Gérome Puech pour le PS, Bruno Vasa pour EELV, Christian Bastid, vice-président (PC) du Conseil départemental  firent des déclarations initiales allant dans le même sens.

Lors de la discussion qui s’ensuivit et qui vit de nombreux intervenants, furent abordés de nombreux sujets de la vie nîmoise : la situation des quartiers défavorisés, le rôle des réseaux sociaux, la connexion entre la ville et l’agglo, la situation économique et sociale, 50 000 Nîmois soit un tiers de la population de la ville vivent en dessous du seuil de pauvreté, la situation des personnes âgées. La gestion politique de la ville a été aussi débattue, les intervenants pointant dans la politique de l’actuelle majorité, l’absence de concertation avec les habitants de la commune. Même situation dans l’agglo qui comporte 39 communes.

Lors de cette 1re réunion, le climat était unitaire, mais cela ne préjuge pas des prochaines étapes de la future campagne municipale. Les échéances électorales passées ont montré les grandes difficultés qu’ont les différentes formations nîmoises à mener des campagnes communes et réellement unitaires.

La France insoumise n’était pas présente à cette première réunion. Trois raisons à cette non-participation sont avancées par les militants de cette formation : le débat arrive trop tôt, les municipales ne se dérouleront que dans dix-huit mois, les dates précises ne sont même pas encore connues, et la prochaine et plus proche échéance sont les élections européennes ; la situation politique et sociale actuelle est largement dominée par la mobilisation du mouvement des « Gilets jaunes » et il faut se concentrer sur ce mouvement et lui apporter soutien. Les militants de La France insoumise restent enfin sceptiques sur une forme d’alliance de « gauche unie » entre les partis et formations politiques nîmois. Une critique qui vise plus particulièrement le PC.