La « Der des Ders » a pris fin il y a presque cent ans.

À la veille de la célébration du centenaire, nous vous proposons de retrouver le discours prononcé par Georges Clemenceau, alors Président du Conseil et ministre de la Guerre, le 11 novembre 1918 au Sénat.

Les paroles de Clemenceau furent les mêmes à la Chambre qu’au Sénat : lecture des conditions d’armistice sans commentaires ; un salut grave, ému à l’Alsace et à la Lorraine retrouvées et aux morts.

[Après lecture des conditions d’armistice] « Messieurs, de pareils documents sont des actes. Il n’y a rien à y ajouter.

À la Chambre, j’ai simplement voulu prononcer une parole que je suis heureux d’avoir l’occasion de répéter ici.

J’ai dit, au nom du peuple français, au nom du Parlement, au nom du gouvernement de la République française, de la France une et indivisible, comme disaient nos pères : « Salut à l’Alsace et à la Lorraine enfin retrouvées. » (Applaudissements vifs et répétés.) J’ai dit que c’était l’œuvre de nos grands morts qui nous ont fait cette admirable journée. (Nouveaux applaudissements.) Grâces leur soient rendues : ni eux, ni leurs familles ne seront oubliés (vive approbation) et, si cela est en mon pouvoir, il faudra qu’un jour de commémoration soit institué en leur honneur dans la République française. (Très bien ! très bien ! et vive approbation.)

Quant aux vivants, j’ai dit que nous les attendions pour les regarder passer dans les cris, les larmes, les applaudissements enthousiastes sous l’arc triomphal (bravos et longs applaudissements) et, enfin, j’ai ajouté que, par eux, la France retrouverait sa place dans le monde pour poursuivre sa course magnifique dans l’infini du progrès humain, autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’idéal. »