C’est la question que pose le syndicat Solidaires Météo Sud-Est, à la suite des nombreuses critiques que l’établissement public a subies après son « présumé » manque de réactivité face aux événements récents dans le département de l’Aude.

On a notamment reproché à Météo-France, le passage tardif en vigilance rouge et la banalisation des vigilances oranges, l’établissement n’ayant passé l’Aude de vigilance orange à rouge, alors que des pluies diluviennes s’abattaient déjà sur le département.

Pour le syndicat, c’est avant tout « les réorganisations territoriales successives à Météo-France » qui sont en cause, ainsi dès 2012, le centre météo de Carcassonne a fermé ses portes, Perpignan devenant alors un centre territorial « inter-départemental » regroupant l’Aude et les Pyrénées-Orientales, et il n’y aurait plus, en octobre 2018, que deux agents pour superviser le volet « sécurité des personnes et des biens » sur tout le Languedoc-Roussillon, la région Paca et la Corse. Un centre inter-régional « dépourvu de ses effectifs » pour Noël Mas, prévisionniste à Météo-France Montpellier et membre du syndicat.

Météo France, une « victime collatérale des suppressions de postes »

Selon la direction, ces baisses d’effectifs seraient possibles grâce aux nouveaux modèles à maille fine et l’arrivée d’un nouveau supercalculateur, en somme les précisions étant plus grandes, moins de personnel serait nécessaire. Pour le syndicat, c’est seulement en partie vrai, puisque « plus les modèles météorologiques gagnent en précision, plus le besoin d’expertise se manifeste ». Surtout, la baisse d’effectifs rendrait complexes, voire impossibles, les déplacements sur le terrain, lors des événements météorologiques, ce qui fragiliserait profondément le dispositif.

Une baisse d’effectifs dangereuse pour Solidaires Météo Sud-Est, alors « que les phénomènes météorologiques liés aux perturbations méditerranéennes et au réchauffement de la planète vont se poursuivre et s’amplifier sur la région du Grand sud-est ».

Ainsi pour le syndicat, ce « mode d’organisation faisant reposer toute la responsabilité du suivi météorologique sur toute la région sud-est sur seulement 2 agents est non seulement dangereux pour les agents, mais également extrêmement fragile quant à la surveillance météorologique du territoire. »

Les effectifs de l’établissement public devraient encore baisser de 17% pour 2022, pour passer de 3000 agents à 2500…