Le 10 octobre, s’est tenue à Lunel une conférence animée par René Revol, le Maire France insoumise de Grabels (Hérault). Une soixantaine de militants politiques et associatifs étaient présents pour écouter et débattre avec l’élu.

Les groupes d’action France Insoumise de Lunel, Sommières, et Vidourle-Petite Camargue avaient en effet invité les citoyens à une conférence-débat, sur les risques et opportunités pour la démocratie dans les collectivités locales et territoriales.

Le programme de la France Insoumise s’appelle « L’avenir en commun » », René Revol et Pierre Polard, Maire de Capestang, ont été les initiateurs de « L’Avenir en Commun(e) », un réseau de dialogue et de débat entre les collectivités. Les initiateurs du réseau sont convaincus de la nécessité d’actions de transformations immédiates et combinées à tous les niveaux : « Sur le seul plan climatique, le dernier rapport du GIEC sur le réchauffement qui vient de paraître, souligne que la situation climatique planétaire est pire que celle dressée lors de la Conférence de Paris qui s’est tenue en 2016 ! La politique éco-sociale du gouvernement Macron accroit les inégalités sociales, sans relancer aucunement la croissance. Face à ces situations inquiétantes, les collectivités territoriales semblent impuissantes. Mais c’est pourtant sur le terrain local que des actions concrètes peuvent être réalisées.  On ne saurait opposer, ou pire subordonner les réformes nécessaires dans un ordre hiérarchique qui de l’Europe ou de la France, puis en dernier lieu le terrain, où notamment les communes peuvent pourtant avoir un rôle dynamique et efficace, proche des réalités vécues par les populations » explique ainsi René Revol.

Voir aussi : René Revol, Avenir en Commun(e) : la participation citoyenne est au rendez-vous #AMFiS2018

Urgences : démocratique, sociale, environnementale

Pour le Maire de Grabels, les élus des communes font face, au niveau local, à trois exigences : une urgence « démocratique », une urgence « sociale », une urgence « environnementale ».  Oui, mais comment faire face concrètement à ces urgences. Certains participants ont pointé l’apparente indifférence ou le désintérêt des citoyens sur la vie de leur commune…  « C’est parce qu’on ne les écoute pas, » réplique René Revol, « et quand, exceptionnellement, on leur demande leur avis, on n’en tient pas compte, ou si peu... Tout cela a créé un découragement des populations vis-à-vis de la démocratie locale ». Le Maire a cité quelques exemples de démocratie participative qui peuvent réellement transformer les communes.

Face à « l’urgence démocratique », René Revol a ainsi cité le règlement adopté dans sa commune, ouvrant le principe d’une « révocation des élus ». Le principe ? Simple : à partir d’un seuil de pétitionnaires de 10 % des inscrits sur les listes électorales qui réclament l’organisation d’un référendum de révocation, une élection est organisée proposant «oui» ou «non» et l’élu en question pourra être destitué en fonction du résultat. La consultation régulière des citoyens est nécessaire, mais il faut aller solliciter leur opinion.« Ça doit être fait sérieusement, » précise le Maire et il donne un exemple : « lors d’une enquête sur les transports, sur 5000 électeurs, 1800 ont donné leurs demandes et leurs positions. C’est du travail, mais on obtient une très bonne réalité de l’état de l’opinion publique, et des attentes des citoyens ».

Sur « l’urgence sociale », les communes doivent également intervenir, au niveau de la santé notamment, avec la constitution de « Maisons de Santé » pour faire face à une désertification médicale croissante. Mais c’est le seuil de pauvreté qui inquiète le plus l’élu héraultais : « le seuil de pauvreté, c’est quand on a un revenu mensuel inférieur à 1005 euros. Cela touche 14% de la population française, 17% des jeunes. À Montpellier, pourtant réputée ville dynamique, ce seuil atteint 27%. À Grabels, grâce à un dispositif : « la Mairie du cœur » nous avons réussi en quelques années, à le réduire de 19% à 15,5%.» Parmi les dispositifs avancés, la création d’une entreprise publique d’emplois : la mairie collecte pendant cinq ans les prestations sociales des demandeurs, mais crée sur la commune des emplois concrets et durables.

Sur « l’urgence écologique », la commune ne peut pas régler à son échelle, les conséquences locales du réchauffement planétaire, mais elle peut concrètement tous les jours participer à l’effort collectif en intervenant sur l’encadrement des émissions de gaz à effet de serre,  sur tous les facteurs de pollution locale, et notamment en étant particulièrement active sur la question du traitement des déchets, dans leur collecte, leur stockage et surtout le traitement de ces importantes quantités quotidiennes de déchets, à l’échelle d’une commune. « Il faut sauver les espaces naturels », confirme René Revol qui avance une idée originale : « quand un investisseur veut créer une usine, une zone de stockage, un ensemble immobilier en urbanisant des terres non urbaines, il faut que le contrat passé avec la commune lui impose le rachat, par exemple de friches industrielles dans la commune, en finançant leur retransformation en zones naturelles ».

Voir aussi : l’Avenir en commun(e) 34, redonner le pouvoir aux communes

Le débat avec la salle fut riche, notamment dans la perspective des prochaines échéances électorales. Les Municipales bien sûr, mais les élections européennes sont importantes. «L’Union européenne décide en réalité de 80% des règlements imposés dans la vie concrète des populations de 27 de pays. De façon démocratique ? Plaisanterie. Face à des mesures antisociales, ou anti-écologiques, il faut instaurer de fait un droit à la désobéissance face à des décisions de l’UE plus que contestables,» a prôné l’élu.

La conférence s’est achevée avec un pot amical, où les échanges entre les participants et les organisateurs se sont largement poursuivis.

Voir aussi : René Revol : Avenir en commun(e), communication, pauvreté et politique de l’eau