Les Bleus sont champions du monde ! Et toute la France continue de célébrer ses champions du #Mondial2018.

« Dominés en début de chaque période, les Français ont pourtant pris l’avantage sur un coup franc de Griezmann détourné dans ses propres filets par Mandzukic (18′) avant que Perisic n’égalise pour les Vatreni (30′). Griezmann a redonné l’avantage aux Français sur penalty. Pogba puis Mbappé ont ensuite creusé l’écart avant que Mandzukic ne réduise l’écart. LA FRANCE EST CHAMPIONNE DU MONDE !!!!! » (pour reprendre le commentaire du site d’information 20 Minutes).  Concerts de klaxons toute la nuit, des festivités ont éclaté dans tout le pays pour célébrer la victoire des Bleus !

Oui, mais voilà, en plein été survient une grave crise politique qui stupéfie, puis navre les Français : l’affaire Benalla.

Au départ, pas grand-chose : un homme de main se faisant passer pour un policier, frappe deux manifestants lors d’un défilé du 1er mai se déroulant à Paris.  Le 1er mai donc, réunis via Facebook pour « un apéro militant », une centaine de jeunes boivent des bières, place de la Contrescarpe (quartier historique parisien), à l’issue de la traditionnelle manifestation du 1er mai. Les esprits s’échauffent quand arrivent plusieurs cordons de CRS. Des projectiles volent. Et deux manifestants sont violemment pris à partie par un homme porteur d’un casque de police. Un incident parmi de nombreux, émaillant les défilés du 1er mai. Ce qui aurait au mieux valu une « brève » dans les médias.

Oui, mais voilà. Comme la scène est photographiée, filmée par de nombreux témoins, c’est ça, l’évolution des téléphones portables #smartphonevideovigilancecitoyenne, le journal Le Monde réussit à identifier l’agresseur, et publie l’information le 18 juillet. Là, surprise ! C’est un homme de confiance du président Macron ! Il a été le responsable de la sécurité du candidat Macron lors de la campagne présidentielle, et reste très proche du nouveau président.

Ce qui n’aurait été qu’un banal fait-divers devient par cette proximité avec le nouveau chef d’État français, un scandale politique qui restera dans les mémoires.

Emmanuel Macron est resté silencieux pendant une bonne semaine. Alors que les révélations des médias montrent que l’ensemble de l’appareil d’État était totalement informé du dérapage de Benalla dès le 1er ou au plus tard, le 2 mai.

Oui, mais voilà. L’émotion est telle que les députés de l’Assemblée nationale décident qu’une enquête parlementaire doit être lancée. Le 22 juillet, Alexandre Benalla et Vincent Crase, l’un de ses proches, qui a aussi participé à l’altercation du 1er mai, sont mis en examen pour « violences en réunion » et « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique ». Trois policiers qui avaient (sur ordre ?) contacté Benalla pour lui faire parvenir des documents filmés connaissent le même sort pour « détournement d’images issues d’une vidéo protection ».

Jusque-là, la position du gouvernement était : « on connait peu ou mal cet individu, Benalla. Et on n’est pour rien dans ses éventuelles exactions ».

Huit Français sur dix, choqués

Survenant en plein été, en période de vacances, on pouvait penser que les Français, éventuellement sur la plage, seraient un peu indifférents à ce fait divers, sur fond politico-politicien. Oui, mais voilà. Les Français sont très attentifs, et très critiques.

Huit Français sur dix se disent choqués par l’affaire Benalla, et une très large majorité d’entre eux souhaitait qu’Emmanuel Macron s’exprime sur le sujet, face aux remous suscités par cette affaire, 75% des personnes interrogées estiment que le chef de l’État « devait s’exprimer devant les Français » sur le sujet, selon un sondage de l’institut Elabe diffusé mardi. Toujours selon cette enquête, l’affaire a un impact « négatif » sur l’image que 73% des Français ont d’Emmanuel Macron. Pour 23%, elle n’a pas d’impact et pour 4% un impact « positif ».  Une personne interrogée sur deux (49%) se dit « très choquée » par cette affaire et 31% « assez choquées », contre seulement 20% qui ne sont « pas choquées ». Parmi les seuls électeurs d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle 2017, elles sont également 71% à se dire « choquées », contre 29% d’un avis contraire, selon cette enquête pour BFMTV.

Le président est resté silencieux, jusqu’à une déclaration spectaculaire le mardi 24 juillet. Dans l’affaire Benalla, « le responsable c’est moi », a affirmé mardi Emmanuel Macron devant des députés de la majorité, fustigeant « la République des fusibles » et disant avoir ressenti les « actes du 1er-Mai » de son collaborateur comme « une trahison« , selon des propos filmés.

« La République exemplaire n’empêche pas les erreurs. S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction », a poursuivi le président, toujours selon des propos filmés, alors qu’à l’Assemblée comme au Sénat, des commissions d’enquête sont en cours. « Ça n’est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps. S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français », a déclaré le chef de l’État devant des élus et plusieurs membres du gouvernement, alors que son silence suite à l’affaire Benalla lui a été reproché par les oppositions. « Personne dans mon cabinet n’a jamais été soustrait aux lois de la République. Jamais », a aussi assuré Emmanuel Macron, qui s’est exprimé pendant « une bonne demi-heure » devant « beaucoup » de monde, selon un élu, propos rapportés par l’AFP

L’autocritique, c’est bien et c’est nouveau dans le personnel des chefs d’État. Oui, mais voilà. Au-delà de la contrition affichée, quelles conséquences concrètes pour la vie démocratique ?  Jusqu’à présent le nouveau président s’est affiché par un certain autoritarisme, prêchant une « verticalité » des responsabilités (c’est moi le chef !) au détriment d’une certaine horizontalité (le parlement, le pouvoir judiciaire…). Va-t-il changer de discours et de pratiques ?