Votre consommation de Gaz : + 7,45% d’augmentation depuis le 1er juillet. C’est la plus importante hausse depuis six ans pour les consommateurs.

Commençons par une anecdote. L’individu Lambda X., Nîmois depuis deux ans, a par précaution, fait un prélèvement pour ses dépenses gazières au bénéfice d’Engie (dans sa tête GDF). Mais il ne regarde pas souvent ses extraits de comptes bancaires. Pourtant, cela lui arrive de temps en temps. Et là surprise ! Plus de 2200 euros par an de dépenses annuelles pour le gaz ! Panique ! L’individu Lambda X. cherche partout ses relevés. Aucun. Il passe beaucoup de temps à contacter le service client d’Engie. Contacté celui-ci concède à lui envoyer un duplicata de la dernière facture. Le courrier est reçu le 28 juin. Citation : « Cher Monsieur (Lambda X.), suite à notre échange téléphonique, je vous fais parvenir le duplicata de la facture du 24/07/2017. À titre exceptionnel, ce service est gratuit. Je vous informe que toute autre demande de duplicata de facture sera facturée 14,15 euros TTC… »

engie origine

Première surprise,  le soi-disant « duplicata de facture » n’était pas joint au courrier susdit. En second, il ne s’agissait pas d’un « duplicata » puisqu’aucune facture n’a jamais été envoyée par Engie. L’individu Lambda X. s’énerve un peu et réussit à rentrer en contact avec le service client d’Engie. Réponse : « Oui, il n’y a jamais eu de factures envoyées à votre domicile. Non, vous n’avez pas dépensé 2200 euros en 2017, mais un peu plus de 900 euros en dépenses gazières (chauffage et eau chaude). Oui, nous allons dorénavant vous envoyer régulièrement vos factures ».

Bon, le consommateur s’est fait avoir. Mais, pour justifier ces pratiques douteuses pour, par exemple, sauver l’emploi, l’entreprise Engie, privatisée, est-elle en difficulté… ? Pas du tout ! Elle est en grande forme.

Comme le note Le Monde : « C’est un paradoxe : les ressources en gaz n’ont jamais été aussi abondantes et accessibles sur la planète, mais les tarifs payés par les 11,5 millions de consommateurs français vont continuer à augmenter. Après une période de très forte hausse en 2012, ceux-ci avaient fortement baissé en 2015 et 2016, avant de remonter progressivement. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) avait proposé à la mi-juin au gouvernement d’augmenter les tarifs de 6,5 %. L’exécutif (d’Engie) a donc choisi d’aller plus loin ».

Privatisation, mais monopôle sur les tarifs

Autre paradoxe, malgré la privatisation de GDF, devenue Engie,  la norme de paiement reste celle de « tarifs réglementés », sous l’autorité de l’État. Mais même si de nouveaux opérateurs gaziers sont apparus sur le marché, les prestations sont aujourd’hui presque exclusivement commercialisées par Engie (ex-GDF Suez).

La privatisation d’un service public, mais sans la concurrence ! « Près de 5 millions de ménages sont toujours clients d’Engie aux tarifs réglementés de vente (TRV), définis par l’État, alors que plus de 6 millions ont basculé sur des offres moins chères, chez Engie ou chez des concurrents, comme ENI, Total Spring ou EDF. Mais ces offres alternatives sont très souvent indexées sur les TRV. Une augmentation de ces tarifs touche donc une très grande partie des clients du gaz en France », commente Le Monde.

« On nous avait promis “ni augmentation ni privatisation du gaz”. Nous aurons les deux !», a immédiatement réagi sur Twitter l’ancien candidat souverainiste à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan.