La France vit au rythme des orages et des inondations avec plus du tiers des départements sous les eaux. Les Français sont mouillés, les Français sont humides. Et comme toujours, les Français grommellent et sont mécontents. Contre cette pluie torrentueuse, mais que fait la police ? Que fait le gouvernement ?

Tiens, d’ailleurs, Emmanuel Macron participait le week-end dernier à une réunion du G7 qui se tenait au Canada où apparemment il faisait plutôt beau. Sommet qui abordait, entre autres, les effets de l’accord international sur le climat. L’accord de Paris conclu à l’issue de la COP 21 prévoit que les 196 pays signataires limitent à 2 °C la hausse de la température d’ici à la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels. L’accord fut signé dans la capitale française en 2015.

Les objectifs de ce traité sont et restent ambitieux en matière de climat et des risques de réchauffement de notre planète : l’objectif de l’Accord de Paris est de renforcer la réponse globale à la menace du changement climatique, dans un contexte de développement durable et de lutte contre la pauvreté. Plus précisément, le texte scellait un certain nombre de positions communes (sans décisions immédiates), mais qui marquait un certain nombre de consensus à l’échelle internationale notamment sur les risques de l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C afin de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C; accord également pour renforcer les capacités d’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques et en promouvant la résilience à ces changements et un développement à faible émission de gaz à effet de serre, d’une manière qui ne menace pas la production alimentaire ; enfin l’objectif commun des 168 pays signataires, contrôler les flux financiers compatibles en faveur d’une évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques. Le traité a été  même largement ratifié par la quasi-totalité des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre. Même, cette semaine, le Pape a appelé les pétroliers à respecter l’accord de Paris sur le climat.

La Fédération de Russie, l’Iran et la Turquie, pays notamment producteurs de gaz ont hésité, mais se sont finalement ralliés à l’accord. La dernière session du G7 reste certes, sans réponses immédiates et précises sur ce dernier dossier.

Le G7 ? Le« Groupe des sept », comme on disait à une autre époque, la « bande des quatre », est un « groupe de discussion et de partenariat économique » de huit pays réputés être les plus grandes puissances économiques du monde : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Russie, Royaume-Uni, Italie, Canada, dont l’un, la Russie, est suspendu depuis 2014. Mais où sont la Chine, l’Inde ou le Brésil, et d’autres… ? On ne sait pas, mais on ne les avait pas invités. Rassurons-les : ils n’ont rien loupé.

Trump, génial tacticien ? Donald Trump a, comme à son habitude, fait son numéro de clown : il est  violemment sorti, en claquant la porte avant même la fermeture officielle cette rencontre internationale. À 17h50, samedi 9 juin, Donald Trump est le premier à partir. Un texte laborieux de compromis a pourtant été validé, y compris par les États-Unis.

Soit Donald Trump est un génie, soit c’est un « crétin »

« Change is coming » D.Trump

Ah, mais quoi ! Donald Trump, parti en avion en Corée du Nord, s’est, parait-il, senti lésé et à immédiatement désavoué sur Twitter, dimanche 10 juin le communiqué final du G7, pourtant obtenu dans la douleur. « Un revirement qui plonge ses alliés dans l’incertitude », note l’AFP. Les apparences d’un G7 apaisé auront été sauvées, peu de temps.

Donald Trump rompt très publiquement avec ses alliés traditionnels, les pays européens. Pourquoi ?  L’interrogation reste ouverte. Comme un joueur de poker, il peut parier intelligemment, sachant que ses petits alliés européens désunis, le rallieront de toute façon et en affrontant ouvertement les grandes puissances montantes avec le but affiché de les déstabiliser, elles aussi. Bon ! Soit Donald Trump est un génie de la tactique et on verra ses effets bénéfiques pour les seuls États-Unis, dans quelques mois, voire quelques années. Soit c’est un « crétin » sur le plan stratégique. Mais ses « alliés » européens se sentent aujourd’hui bien esseulés.

Le match de boxe ne fait que commencer

Alors que la réunion des puissances dites « occidentales » se tenait au Québec, avec les résultats que l’on sait, la Chine invitait les membres de « l’Organisation de coopération de Shanghai » pour un sommet dans la station balnéaire de Qingdao dans l’Est de la Chine. « Créée en 2001, pour répondre aux grands bouleversements de l’effondrement soviétique et régler notamment la question des frontières sino-russes, cette organisation intergouvernementale réunit désormais huit membres, dont bien entendu la Chine et la Russie, mais aussi quatre anciennes républiques soviétiques d’Asie-centrale, et enfin, derniers venus, l’Inde et le Pakistan », rappelle  Arjuna Andrade, de France Culture, « ainsi, face au président Trump, à la tête de la première puissance capitaliste de la planète, c’est son homologue communiste qui se targue de livrer une leçon de libre-échange. Xi Jinping a ainsi dénoncé les “guerres commerciales de court terme et d’isolement”, visant explicitement le président américain qui a récemment menacé de taxer 50 milliards de dollars d’exportations chinoises ». Le match de boxe ne fait que commencer.

Crédits photo Handout-Reuters