Montpellier, Printemps des Comédiens, « ADIEU FERDINAND ! Clémence ». Du grand art… « Même nu… chlung… chlong… Putain, ce mec est extraordinaire…» pour parler comme un personnage du spectacle de Philippe Caubère.

« On s’était dit qu’on pouvait se tromper… » Trahison sexuelle, ou l’art de mieux préserver son couple, grâce à Saloura «Hou la la !» . Baleine certes, jouissances aussi, deux fois plutôt qu’une, dans une danse endiablée avec les éléments où Moby Dick va et vient entre les vagues. Tempête de mots, bref avec Philippe : « c’était bien. » Il boudera sa conquête, le matin en la croisant au boulot, à Vincennes, à la Cartoucherie. Il aura ainsi résisté à la tentation en y cédant, merci, Oscar, bravo, Ferdinand.

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Philippe Caubère possède un talent sans faille, capable de nous faire basculer d’un personnage à un autre en quelques mimiques, en quelques codes qu’il a su nous inoculer en une poignée de secondes. Plus fin encore, il possède l’art de nous faire constamment projeter nos propres images : notre imaginaire et notre intimité se retrouvent sur scène avec lui, accompagnés de nos rires coupables.

Le décor change, une chaise en velours rouge pour une chaise en paille, on quitte Vincennes pour Montalivet, le décor des cabanons est planté, « le monde entier est à Montalivet ». La voiture n’est pas encore entrée dans le camp naturiste que l’on voit déjà, des culs nus partout. Rires. Philippe Caubère le sait, il nous a libérés et maintenant, il doit parfois nous freiner. Il se joue de nous, subtilement, il nous garde un temps en dehors du camp, avant de nous rappeler les dimensions de la voiture, nos images s’affolent de plus belle… on redoute ce qui va se passer, assis dans une Austin mini break, il est difficile de regarder quelqu’un dans les yeux… Une fois dans le camp, pour être aussi épais que son frangin Pascal, c’est à jardin que les minous sont le plus visibles… Enfin ! Ce soir-là… Et si Proust avait connu Montalivet, sa madeleine serait une douche au soleil couchant en Gironde au bord de l’océan Atlantique.

Chlung ! Crac ! Shpoïg ! Chlong, ses onomatopées sont autant d’incantations magiques pour passer d’un lieu à un autre. Un vrai bonheur de pouvoir renouer avec son premier spectacle autobiographique qui avait été créé en 1981 : la danse du diable. Dès que vous en avez l’occasion, courez voir Caubère.

À noter, qu’il ne faut pas manquer la rencontre avec Philippe Caubère, proposée par le Printemps des Comédiens, le samedi 16 juin à 18h, chapiteau pinède au Domaine d’O. Entrée libre. Au-delà d’une rencontre, elle peut se révéler être une master class. Et pour tout comédien en herbe et même confirmé, elle est incontournable.

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