Pour « maintenir la pression » sur le gouvernement, engagé dans une difficile réforme ferroviaire, les syndicats CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots ont appelé lundi,  à une « journée sans cheminots », dont l’objectif affiché était« zéro train ».

Selon la SNCF, il y a eu « des menaces d’exactions et blocages de gares » qui pourraient « se traduire par l’occupation de voies, de locaux, de gares ». « Si de telles exactions devaient avoir lieu, la SNCF fera preuve d’une grande fermeté », poursuit le communiqué. Ces menaces ne semblent pas avoir ébranlé les syndicats.

Le lundi 14 mai, l’ensemble des organisations syndicales de la SNCF ont appelé à des rassemblements des cheminots dans les principales gares de l’Occitanie, et partout dans la France. À Nîmes, ils étaient une centaine à être présent dès le matin. À onze heures, c’était l’heure du principal rassemblement, qui a été suivi d’un apéro, suivi d’un piquenique, au dépôt SNCF de la ville qui a été le moment convivial et sympathique de cette journée de grève.

Après plusieurs semaines de conflit, sur la base de deux jours de grève, suivie de trois jours d’activité, les syndicats restent donc très mobilisés : «  nous sommes nombreux ce matin, et nous ne sommes pas prêts à nous arrêter », nous explique Fabien Flandin, un des responsables régionaux de la CGT-SNCF, « les salariés sont mobilisés et confiants et nous avons localement un très fort taux de grévistes, dépassant les 80% chez les conducteurs de train et les contrôleurs ».

Référendum SNCF

De son côté,  la direction de la SNCF annonce, sur le plan national, un peu plus d’un quart de grévistes au total en milieu de matinée. La mobilisation est néanmoins donc bel et bien repartie à la hausse, même avec les chiffres « officiels » de la direction de la SNCF, puisque le 9 mai, seuls 14,46 % des cheminots s’étaient mis en grève. Dans le détail pour la journée du lundi 14 mai, 74,4 % des conducteurs (ils étaient 53 % le 9 mai) et 74,3 % des contrôleurs (contre 45,5 % cinq jours plus tôt) ont débrayé. Les cadres, eux, ne sont que 10,14 % à s’être mis en grève (mais contre 3,1 % mercredi dernier).

« Le gouvernement a voulu jouer l’usure de notre mouvement, mais c’est peut-être lui qui est en train de s’user », commente  Philippe Paris, ce responsable du syndicat FO-SNCF, nous indique également que le conflit pourrait se durcir : « Nous avons fait le choix, notamment pour ne pas pénaliser les millions de salariés qui prennent le train pour se rendre à leur travail, de faire une grève alternée. Mais devant l’intransigeance de la direction de la SNCF, et du gouvernement, nous pouvons aussi faire le choix d’une grève générale et continue de la SNCF ».

Les syndicats de la SNCF lancent une consultation pendant une semaine, auprès des 147 000 cheminots (du 14 au 21 mai) pour leur demander leur avis sur la réforme ferroviaire.