Pour faire « la fête à Macron », les organisateurs attendent des personnes issues de l’opposition politique, mais aussi syndicale. « Tous les partis de gauche (FI, PCF, NPA, Génération-s) ont, avec plus ou moins d’entrain, appelé à la manif du 5 mai », ont ainsi souligné les organisateurs dans un communiqué, se réjouissant également de la présence de syndicats, bien que certains aient refusé de soutenir la manifestation. 

Un entretien avec Karine Voinchet, militante de France insoumise à Nîmes et ancienne candidate lors des législatives sur la 6e circonscription.

Pierre Morville : Karin​​e Voinchet, vous partez à Paris, avec des militants nîmois de France Insoumise. La manifestation nationale semble attirer beaucoup de volontaires. Qu’attendez-vous de cette initiative ?

Karin​​e Voinchet : Cette manifestation est particulièrement importante, car elle intervient à un moment de cristallisation du mécontentement contre la politique de Macron. Après les grèves des cheminots et les manifestations des syndicats, il était nécessaire de fédérer au-delà des mouvements traditionnels politiques ou syndicaux pour que le citoyen lambda puisse s’exprimer. L’appel de Ruffin et Lordon pour organiser un rassemblement un samedi, avec l’image du pot-au-feu….. symbole de la diversité, répond à cet objectif. Le choix du lieu était symbolique : réinvestir le Louvre le 5 mai 2018 pour un pique-nique, à l’endroit même où le président fraichement élu s’était tenu le soir de sa victoire le 07 mai. Mais la préfecture en a décidé autrement et n’a pas validé notre rassemblement estimant qu’on allait être trop nombreux…. Le lieu de rendez-vous a donc été déplacé directement à l’Opéra  pour un « déjeuner sur l’herbe » festif en compagnie du capitaine Marleau et de l’orchestre Debout ! Puis à 14H départ en cortège jusqu’à place de la Bastille où d’autres surprises sont prévues.

Des militants nîmois dont je fais partie se sont joints à l’initiative des Montpelliérains pour partager un bus insoumis jusqu’à la capitale afin de grossir les rangs de la manifestation nationale, d’autres participeront à des comités locaux du 5 mai… Avec le même esprit.

PM : Tout le monde ne peut pas monter à Paris. Y aura-t-il des initiatives sur Nîmes, le 5 mai ?

KV : Oui, tout à fait et ça promet d’être joyeux et innovant à l’image de ce qui se passera à Paris. À la France Insoumise nous ne manquons pas d’idée et militons d’une autre façon, au-delà des défilés traditionnels nous aimons créer l’évènement avec des actions qui parlent à la population … Sans rien dévoiler de ce qui se prépare….disons que Macron aura un bel anniversaire !

Donc, rendez-vous square Antonin ou place de la Calade où des rassemblements unitaires auront lieu avec notamment les Nuit debout, Ensemble, le NPA,  … Et bien sûr des militants de la FI nîmoise.

PM : Le gouvernement multiplie ses « réformes ». Quels sont, selon vous, les secteurs les plus touchés sur l’agglomération nîmoise ?

KV : Nous n’avons que l’embarras du choix… Tellement les mesures de ce gouvernement sont en défaveur du peuple. L’agglo de Nîmes fait partie des agglomérations les plus en difficulté de France avec des taux de chômage record et des salaires moyens inférieurs à la moyenne nationale. Les mesures prises par ce pouvoir ne vont qu’aggraver la situation : hausse de la CSG qui pénalise les retraités… attaque de nos cheminots et du service public en général, bien commun du peuple …. manque de moyens alloués à nos hôpitaux déjà en si mauvais état et chasse aux chômeurs alors qu’aucune stratégie de création d’emploi n’est mise en œuvre de manière efficace!

Cette politique nationale antisociale trouve malheureusement son prolongement au niveau de la politique locale qui n’agit plus pour l’intérêt du grand nombre. Regardez ce qui vient d’être annoncé au niveau des prix du conservatoire si prohibitifs que les revenus modestes ne pourront plus y accéder… Ou encore l’expulsion du jeune Moussa, qui résonne comme une conséquence directe de la très controversée loi « asile et immigration ».

PM : Contrairement à beaucoup d’autres villes, où les cortèges étaient marqués par la désunion syndicale, on a assisté à Nîmes le 1er mai, à un cortège commun réunissant la CGT, Force ouvrière, Solidaires et la FSU. Est-ce pour vous un signal positif ?

KV : Bien sûr c’est uni que nous arriverons à faire changer ce gouvernement de paradigme ! À Nîmes les cheminots ont montré l’exemple dès le début du mouvement avec des rassemblements unitaires et une réelle coordination dans la lutte! Malheureusement ce ne fut pas le cas dans plus de 200 villes de France où le spectacle de manifestations séparées était quelque peu affligeant. Face à la multiplication des réformes et la vitesse à laquelle elles s’enchainent, l’unité syndicale la plus large possible appuyée par les mouvements politiques ainsi que la prise de conscience de la population s’impose, comme des conditions indispensables pour mettre en échec Macron et son gouvernement.

PM : Les élections européennes auront lieu dans un an, en mai 2019. « Nîmes insoumise » commence-t-elle à s’y préparer ?

KV : Effectivement les Européennes constituent le prochain temps électoral et nous commençons à réfléchir à la manière dont nous allons y participer. La France Insoumise a cette particularité de donner à ses militants la possibilité d’être partie prenante des orientations. Ainsi comme pour l’Avenir en Commun, les insoumis qui le souhaitent peuvent actuellement, sur la plateforme de la France Insoumise, apporter des contributions au programme des Européennes dont les bases ont été jetées lors de l’Assemblée représentative de la FI.