La France insoumise dans une bataille d’intérêt général et au-delà

Première assemblée représentative de La France insoumise :  « apprendre à parler pour tous […] cette assemblée est une assemblée sans enjeu de pouvoir ». Produite par une nécessité de mandat pour engager des actions et se déterminer par l’action, une philosophie chère à Jean-Luc Mélenchon, ce « parlement » LFI s’est réuni dans un contexte particulier.

Entre tempête et fête, Emmanuel Macron se retrouve au coeur d’un grondement social qui s’amplifie, l’appel au 13h de Pernaut jeudi prochain semble presque désuet, tout en étant urgent pour gagner une guerre d’influence, car si l’on en croit Jean-Luc Mélenchon : « la France en tempête vient de produire, est en train de produire d’ores et déjà, un mai 68 perlé… »

Nous sommes des révolutionnaires d’un type nouveau

Parc floral de Paris, première assemblée représentative de la France Insoumise le samedi 7 avril 2018. 250 personnes étaient présentes, 60 % avaient été tirées au sort parmi les membres de la plateforme, et les 40 % restants étaient des représentants des différents espaces de la France insoumise. Dans son discours d’ouverture le président du groupe parlementaire réaffirme son objectif de révolution citoyenne : « La démocratie est notre affaire, nous croyons que tout se règle par des élections, évidemment par des mouvements sociaux, mais à la fin quand la décision politique doit être prise, c’est par les élections qu’elle doit l’être. Nous sommes des révolutionnaires d’un type nouveau. Nous sommes pour la révolution citoyenne. » Alors que le même jour le PS avec Olivier Faure tente d’entamer une renaissance. LFI avec son assemblée est déjà dans l’action, forte de ses 580 000 Français inscrits sur sa plateforme.

Des militants qui ont fait émerger des luttes, des méthodes et des idées nouvelles. Ainsi, sans modestie encombrante Mélenchon a déclaré : « Le peuple français a une chance : nous avoir. Oui mes amis, il y a bien d’autres pays d’Europe où ce que nous sommes comme culture ou comme famille, n’existe plus, ou n’est plus organisé […] Notre peuple dispose de cet outil précieux qu’est La France insoumise … Mais nous sommes engagés dans une bataille plus grande que celle de notre pays : la vérité, c’est que Monsieur Macron n’a pas inventé une ligne de son programme, un mot de ce qu’il propose. Tout ce qu’il fait […] sont des copier-coller de la feuille de route de la Commission européenne.»

Le député de la Somme, François Ruffin initiateur de la #FêteAMacron du #5mai insistera lui en se questionnant : « …comment on sort de la léthargie ?… » Il a rappelé sa formule de campagne : « mon ennemi c’est la finance et l’indifférence. » Invitant ainsi tout le monde à  participer à la marche nationale prévue le 5 mai, mais surtout à « entrer dans la danse » c’est à dire à créer des comités du 5 mai pour organiser ce rassemblement du premier week-end du mois de mai.

La SNCF, un bien commun

Avec l’idée que les cheminots défendent un bien commun, les participants se sont engagés à les soutenir contre la réforme du gouvernement, et aussi à les aider à « amplifier les collectes de solidarité avec les grévistes, en organisant des actions d’unité entre les usagers et les salariés ». La cagnotte de soutien aux cheminots lancée le 23 mars a déjà dépassé les 540 000 €. Sur un blog de Mediapart, les fondateurs de cette cagnotte, dont les écrivains Laurent Binet, Didier Daeninckx et Annie Ernaux, les philosophes Bernard Stiegler, Étienne Balibar, et le réalisateur Robert Guédiguian souhaitaient partager leur « sympathie pour les cheminots grévistes ». Depuis, cette initiative rencontre tous les jours un réel succès, et modifie à sa façon la perception des luttes sociales.

L’assemblée représentative a approuvé l’appel : « Faisons souffler un vent d’insoumission, stoppons Macron ! ». Sont donc soutenues : l’organisation de marches et d’initiatives locales le 14 avril avec les organisations syndicales, associatives et politiques, comme cela est initié à Marseille. Avec pour objectif de se fédérer dans l’action. Soutien aussi affirmé à la journée de grève interprofessionnelle du 19 avril, et aux côtés des organisations syndicales du 1er mai. Pour la fête à Macron, les insoumis sont invités à s’impliquer pour préparer cette date « festive » du 5 mai.

Le parti médiatique

Avec ce gouvernement, Jean-Luc Mélenchon fait face selon lui à un « parti médiatique ». Et il constate que ce ne sont pas des militants LR, FN ou LaREM qui donnent des tracts et des arguments contre les grévistes, pour défendre la réforme de la SNCF, mais des médias « en marche ». Devant des manipulations d’opinion perceptibles sur les réseaux classiques de télévisions et de radios, d’autres questions se posent concernant comme en Angleterre et aux États-Unis, celle des réseaux sociaux, de leurs reventes de données, de leurs fake news et de leurs algorithmes. Le député des Bouches du Rhône rappelle que : « Bastien Lachaud a déposé une proposition d’enquête sur ce thème. Est-ce que la même chose n’a pas été faite en France ? »

L’avenir de l’Union européenne

Pour LFI ces temps de luttes sont décisifs. Ils installent l’essence même du programme des élections européennes de 2019, à savoir la transformation nécessaire de l’Europe libérale pour construire un avenir différent de l’Union européenne. Manuel Bompard, précisera : « Nous appelons l’ensemble de ceux qui veulent faire triompher l’intérêt général à s’investir. » L’agenda des prochains jours fixé par l’assemblée représentative est dense. Avec un soutien concret aux grèves et aux rassemblements des 14 et 19 avril, 1er et 5 mai.

Face à cette actualité sociale, les futures interventions présidentielles  sont prévues pour le jeudi 12 avril à 13h sur TF1 et LCI avec Jean-Pierre Pernaut. Et au lendemain de la marche « Stop Macron » proposée par La France insoumise,  le dimanche 15 avril à 20h35 sur BFMTV, RMC et Médiapart avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel.

Discours de Jean-Luc Mélenchon lors de la première assemblée représentative :