Réponse au « service public » de l’« information » sur nos comptes de campagne
Il aura fallu une semaine pour que curieusement, le « service public » de l’« information » nous mette en cause à propos de nos comptes de campagne. Le jour où l’on apprend par « Marianne » que certains versements excessifs sur le compte de campagne de Macron ont été signalés à la justice. Dès les premier mots des radios officielles, le ton est donné : « soupçons », « révélations », « étranges factures ». Tout est fait pour faire douter le lecteur de notre sincérité.
Nous le répétons, donc : nos comptes de campagne sont validés. Ils ne comportent aucune irrégularité.
Nous nous étonnons d’avoir à répéter aujourd’hui des explications déjà formulées. En effet, la semaine dernière, nous avons publié sur le sujet un communiqué, une vidéo explicative, et une note de blog détaillée répondant déjà aux insinuations faites cette semaine par Radio France. Étrangement, aucune de nos réponses n’est citée par l’« information » du service public. Pourquoi ?
Cette pratique étrange, si loin d’une volonté d’« informer » honnêtement interroge. Encore une fois, ces insinuations de propagande partisane se produisent au lendemain de la publication d’un article de « Marianne » mettant en cause des donateurs « trop zélés » de la campagne d’Emmanuel Macron. Quatre d’entre eux seraient même signalés au fisc et à la justice. Mais Radio France préfère recopier les dénonciations « anonymes » et un article du « Monde » vieux d’une semaine.
Comme son confrère, Radio France met en cause l’association « L’Ere du peuple » qui a servi de support technique à notre campagne. Pourquoi passer par une association ? Parce que nous avons commencé la campagne en février et que les comptes de campagne n’ouvrent qu’en avril (déjà dit la semaine dernière). Comment est-on censés faire autrement ?
Radio France interroge ensuite avec impertinence (une semaine après son confrère) sur les « grosses factures ». Rappelons que, quoi que nous ayons commencé tôt, notre campagne a coûté moins cher en quinze mois que celle de Macron en neuf et celle d’Hamon en trois mois.
Dans le détail, le service public de l’« information » accuse « L’Ere du peuple » de « surfacturations », donnant des chiffres faux et surévalués. Là encore, une réponse a déjà été faite. Cette association a facturé au prix du marché afin d’éviter un problème autrement plus dangereux qui est la sous-facturation (en cause, pour rappel, dans l’affaire Bygmalion). C’est précisément le rôle ensuite de la CNCCFP de décider ce qui entre ou n’entre pas dans le remboursement et nous nous conformons bien évidemment à sa décision. Nous ajoutons qu’il serait plus facile que la CNCCFP fournisse les règles avant la campagne plutôt qu’après.
Autre question ensuite sur la TVA. Pourquoi « L’Ere du peuple » n’en a pas payé ? Parce que c’est une association loi 1901 à but non lucratif et qu’au-delà d’un certain montant, il n’est pas question de cela. Là encore, nous nous sommes conformés à la législation en vigueur (déjà dit la semaine dernière).
Enfin, nous précisons une fois encore que toutes ces « informations » n’en sont pas. Elles partent toutes de la démission du rapporteur de la CNCCFP en charge de nos compte. Soumis au devoir de réserve, il s’exprime pourtant depuis largement dans les médias. Jamais, pourtant, il n’est précisé qu’il s’agit d’un ancien directeur de cabinet d’un ministre PS dont la « neutralité » pose question.
Au total, cet acharnement du « service public » contre nous interroge. Pourquoi reprendre les mêmes insinuations que « Le Monde » une semaine après lui ? Pourquoi ne faire jamais mention de nos réponses, quoi qu’elles soient publiques ? Pourquoi publier ces articles au lendemain de celui de « Marianne » sur la campagne d’Emmanuel Macron ? S’agit-il de faire une nouvelle fois diversion sur les irrégularités constatées des versements excessifs des donateurs du président de la République ? Pourquoi le » service public » n’ en dit-il pas un mot ? Qui paie commande ?
Manuel Bompard : Directeur des campagnes de la France insoumise