Tout le monde a encore en tête les deux hashtags #MeeToo et #balancetonporc. Certains et certaines l’ont même encore dans leurs corps. D’autres se souviennent de « #MeToo dans la vraie vie » qui s’est déroulé à Montpellier, le 30 octobre dernier.

Heureusement, à chaque problème, il existe une solution étasunienne… « CNCNT »

Tout part d’une interview de Nick Cannon, rappeur et producteur de musique américain, sur VladTV, rapportée par slate.fr : « C’est une idée de génie dans le contexte actuel ».

L’application, nommée « CNCNT » pour « consensual, contractual and tested », aurait pour but de protéger les femmes des rapports sexuels non consentis via la signature d’une sorte de contrat virtuel : « J’appuie sur le bouton, elle appuie sur le bouton, et paf, c’est consensuel », résume Nick Cannon en riant.

Or, et c’est là que le bât blesse, l’application est surtout pensée pour les hommes puisque, comme l’affirme son promoteur, l’application éviterait notamment qu’« une fille aille ensuite raconter [à la police ou autrequ’elle a été violée », ce qui n’a pas manqué d’indigner Bust.  Ce qui choque est simple : le consentement donné n’est pas intangible. N’importe qui peut, au cours d’un acte, retirer son consentement. Et un rapport consenti peut se transformer en viol.  Or, quid en pratique avec une telle application ? En plus d’être une fausse bonne idée, elle peut représenter un véritable danger pour la population qu’elle est censée protéger.

« Initialement, Cannon affirme que l’app a pour objectif de protéger les femmes, mais au fur et à mesure de son interview, on comprend qu’elle va en réalité protéger les agresseurs sexuels.»

Sur le même principe, une application, appelée Good2go, avait déjà été créée. Elle a été fermée par Apple.

En parallèle, un autre monde : les « Camille(s) » de Notre-Dame-des-Landes

Alors qu’a été dévoilé il y a peu le rapport sur Notre-Dame-des-Landes et que certains rêvent d’un après sur le modèle du plateau du Larzac, il nous faut revenir sur le cas des « Camille(s) ».

Ainsi, face aux journalistes, les zadistes interrogés disaient se nommer toutes et tous « Camille », indépendamment de leur genre.  Par-delà le geste d’anonymisation, Camille est un prénom neutre, sans sexe, sans âge, sans identité, utilisé contre cet extérieur qui cherche à les ranger dans une case.

Alors, peut-être que cette contre-société a un avenir – même incertain – et peut-être aussi est-elle plus à même de produire une réflexion non genrée pour l’après #MeToo.

Bref, il reste du boulot…