Isabelle Muller-Quoy n’est plus députée de la 1ère circonscription du Val d’Oise. Jeudi 16 novembre, le Conseil constitutionnel a invalidé l’élection de la députée de La République en marche, pour un motif simple : l’inéligibilité de son suppléant, Michel Alexeef. De nouvelles élections auront lieu dans les trois mois.

Alors que La France insoumise est présentée comme la première force d’opposition du pays, une question demeure : l’Assemblée nationale comptera-t-elle, en 2018, une dix-huitième députée de La France insoumise ?

Entretien avec Mme Leïla SAÏB, enseignante et ancienne candidate de La France insoumise aux législatives sur la 1ère circonscription du Val d’Oise, où elle était arrivée quatrième avec 3895 voix, derrière les Républicains et le Front national.

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Que pensez-vous de la décision du Conseil constitutionnel ?

On est contents. On s’est démenés pour obtenir cette annulation. On a travaillé avec mon équipe une bonne partie de l’été et de la rentrée de septembre. On a réussi à trouver un avocat militant qui a accepté de nous représenter à un tarif plus que raisonnable. On n’avait pas les sous, on a mis une cagnotte en ligne. Les militants ont répondu présents très rapidement. On est contents de la décision du Conseil constitutionnel, on est satisfaits et soulagés.

Serez-vous à nouveau candidate ?

Il y aura bientôt une assemblée citoyenne de la première circonscription du Val d’Oise afin de choisir le candidat. C’est comme ça que l’on fonctionne à La France insoumise. Je ne doute pas que l’assemblée m’accordera de nouveau sa confiance ! Je serai donc certainement de nouveau candidate à cette élection partielle !

Mais, si quelqu’un de plus connu que moi veut se présenter lors de cette élection, ce sont les insoumis de la circonscription qui choisiront. Mon objectif, ce n’est pas d’être députée, c’est de représenter La France insoumise. Mais si pour gagner, on a besoin de quelqu’un de plus connu médiatiquement et qu’il souhaite se présenter avec l’accord des insoumis de la circonscription, il n’y a pas de souci de mon côté.

Au vu de l’effondrement du Front National, l’absence médiatique des Républicains et l’effritement de La République en marche, est-ce que vous pensez pouvoir l’emporter ?

Remporter cette élection, c’est notre objectif. On est certes arrivés quatrième, mais l’on n’avait ni profession de foi, ni bulletins de vote. On a livré nos bulletins de vote dans les 84 communes de la circonscription les quinze derniers jours. On n’a pas pu faire campagne les quinze derniers jours. Les citoyens pensaient même qu’on ne se présentait pas à cette élection. Cette fois-ci la donne sera différente.

On est arrivés quatrième avec 10,13% des voix. Derrière nous, il y a le PS qui fait 5,48%. Aujourd’hui seulement quatre forces politiques se sont déclarées : La République en marche, les Républicains, le Front national et nous. Nous serons sûrement le seul parti de gauche à nous présenter. On espère un soutien, mais il n’est pas dans la politique de La France insoumise de marchander : notre objectif c’est de défendre notre programme, l’Avenir en commun.

L’ex-Députée Isabelle Muller-Quoy se représentera sûrement, ne pensez-vous pas qu’elle puisse être réélue ?

On n’est pas au mois de mai, on est au mois de novembre. Il s’est passé énormément de choses : les ordonnances Travail, le CETA, la réforme de la sécurité sociale.

Pour l’avoir vécu sur le terrain et pour avoir échangé avec mes concitoyens, beaucoup regrettent leurs votes macronistes.

Je pense que c’est une nouvelle chance donnée aux citoyens de s’exprimer. Il suffit de regarder ce qu’a fait Madame Muller-Quoy pendant son mandat, sa présence lors des commissions, à l’Assemblée nationale, on ne peut pas dire qu’elle a été assidue.

Alors que nous, quand on est à l’Assemblée, on y est pour travailler. Députée ce n’est pas un titre.

Propos recueillis le samedi 18 novembre 2017

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