Premiers sur le front social, les routiers ne peuvent pas s’exprimer sur leur lieu de travail : la route. Cette deuxième journée d’action mobilise difficilement. Les chauffeurs routiers poursuivent la grève reconductible lancée lundi par les syndicats CGT et FO contre la réforme du Code du travail.

Souvent par égoïsme, la forte répression policière est appréciée quand elle vise les poids lourds. Et en agitant bien l’épouvantail de la pénurie de carburant, en stigmatisant le geste des routiers comme une capacité de nuisance, à l’encontre de l’économie du pays et des gens, le gouvernement arrive à grande vitesse et à coups d’ordonnances avec une loi Travail qui inquiète.

Objectif : bloquer les blocages en arguant le respect de ceux qui veulent travailler et mettre ainsi en abîme la grève des routiers comme une attitude de nantis oisifs et profiteurs. Il est peut-être important aujourd’hui d’avoir un regard objectif : il ne s’agit plus de grogner mais de mordre à pleines dents un avenir qu’il est urgent de changer. Commencer la lutte sociale par le secteur du transport n’est pas forcément le plus judicieux. Mais fallait-il encore qu’il y eût unité et concertation pour en décider.

Alors si Emmanuel Macron ose : « la démocratie ce n’est pas la rue », mal lui en a pris, car cette fois : la démocratie, c’est la route. Les routiers sont sympas d’ouvrir la voie, il serait lâche de les abandonner sur le bas côté.

Patrice Clos – FO Transport